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Séances 2018

SOCIÉTÉ ASIATIQUE : séances tenues en 2018

Elles ont lieu les vendredis à l’Institut de France, 23 quai de Conti, salle Hugot (exception faite de l’Assemblée générale).

Rouleau en soies peintes et brodées, avec textes en chinois & mandchou et sceau impérial, du règne de Qianlong (XVIII<sup>e</sup> s.) - © Société Asiatique
Rouleau en soies peintes et brodées, avec textes en chinois & mandchou et sceau impérial, du règne de Qianlong (XVIIIe s.) - © Société Asiatique

 Séance du 14 Décembre 2018

SA - Séance du 14/12/2018
SA - Séance du 14/12/2018

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • M. Nicolas MORELLE, Archéologie et Histoire du monde médiéval Musulman et Indien, parrainé par M. Jean-Pierre Mahé et M. Filliozat

2 - Communications :

  • M. Victor Gysembergh, Chargé de recherche au CNRS
    « La théorie « chaldéenne » des comètes » Depuis la fin des années 1980, des observations de comètes (notamment celle de Halley) ont été identifiées dans les textes cunéiformes. Cette avancée nous invite à reprendre le dossier des sources grecques et romaines attribuant aux « Chaldéens de Babylone » une théorie analogue à la conception moderne des comètes. Les sources en question allèguent en effet que l’astronomie babylonienne tardive concevait les comètes comme des astres en orbite pourvus de périodes constantes, et qu’elle était en mesure de prédire leur retour périodique. On évaluera la fiabilité de cette attribution, en tendant à montrer que le développement de la théorie « chaldéenne » des comètes a probablement eu lieu en Babylonie, peu de temps avant le début de l’ère chrétienne. Sur la base de parallèles méconnus, on mettra enfin en évidence la diffusion de cette théorie parmi le clergé égyptien et rabbinique.
  • Mr Didier Marcotte (Sorbonne Université)
    « Les routes du malabathron. Ptolémée et le Périple sur les confins de l’Inde et de la Chine »
    La description de l’Inde transgangétique dans la Géographie de Ptolémée (VII, 2) est exemplaire des problèmes posés par l’établissement du texte de cet ouvrage, qui a fait l’objet, dans l’Antiquité tardive, de deux recensions promises l’une et l’autre à une certaine postérité et entre lesquelles hésitent en permanence les éditeurs. Mais elle comporte également des informations à caractère ethnographique et paradoxographique, qui regardent l’histoire économique de la région et les échanges maritimes avec l’espace méditerranéen. En apparence étrangères au projet même de la Géographie, elles témoignent en réalité de l’étroite relation de celle-ci aux rapports des marins gréco-romains engagés dans le commerce avec l’Asie du Sud-Est, et notamment avec le Périple de la mer Érythrée. On donnera une illustration de ce lien avec les développements consacrés aux populations tibéto-birmanes et à leur rôle dans le trafic d’une des épices les plus recherchées au début du Principat, la feuille de cannellier appelée malabathron.

  Séance du vendredi 16 Novembre 2018

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • M. Jannel ROMARIC, doctorant EPHE en études japonaises, sous le parrainage de MM. Frédéric GIRARD et Jean-Noël ROBERT

2 - Communications :

  • Mme Anna CAIOZZO, Professeur à l’Université de Bordeaux « Luxe chez les Mongols d’après la culture visuelle des XIVème et XVème siècles »
    Lorsque les Mongols Ilkhān-s s’installent au XIIIème siècle dans les territoires orientaux de l’ancien califat abbasside, ils ont encore un mode de vie issu des steppes, à la fois fruste mais aussi marqué par la présence d’objets précieux souvent chinois. Les albums Diez de Berlin nous en donnent une vision assez exacte au début du XIVème siècle. Puis, l’acculturation s’observe dans les pratiques aristocratiques comme dans les modes de vie que les témoignages matériels et les arts visuels nous restituent, montrant la progressive islamisation des Mongols tout en mettant en exergue des spécificités culturelles indéniables.
  • Mme Anaïs LAMESA, ancienne pensionnaire de l’IFEA d’Istanbul, docteur en histoire et archéologie
    « La chapelle des Donateurs de Soğanlı : Une nouvelle fondation des Sképidis ? »
    Situé au cœur de la région de Cappadoce, le site de Soğanlı est classé patrimoine mondial de l’UNESCO et possède actuellement le statut de musée en plein-air. Il s’étend de part et d’autre d’une vallée large et compte une vingtaine d’églises d’époque médiévale, pour la plupart peintes. Le site est bien connu des chercheurs depuis le début du XXème siècle.
    C’est au cours de prospections menées en 2010 qu’une nouvelle chapelle a été découverte. Malgré son utilisation comme dépôt à blé, son décor peint est en bon état de conservation. Il se développe dans la nef et devait se déployer dans l’abside, maintenant détruite.
    L’intérêt de ce monument est double. Il réside, d’une part, dans une grande scène de dévotion qui orne la partie sud de la nef. Cinq personnages sont mis en scène et identifiés à l’aide d’inscription. Bien qu’en partie détruit, ce panneau peint représente la plus importante scène de dévotion jamais découverte dans la région. D’autre part, cette chapelle, de par son contexte de réalisation, peut être rattachée à un groupement d’églises dont les décors peints auraient été commandés par une famille aristocratique locale, les Sképidès.

 Séance du 4 Mai 2018

SA - Séance du 4/05/2018
SA - Séance du 4/05/2018

ORDRE DU JOUR

1 - Décès  :

  • Fernando TOLA MENDOZA
  • Jacques MAY

2 - Nouveaux membres :

    sous le parrainage de Messieurs Mohammad Ali AMIR MOEZZI et Mathieu TERRIER
  • Mme Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND, médecin et iranisante, spécialiste de la mystique iranienne médiévale
  • Mme Monique OZOUX, spécialiste de la pensée musulmane médiévale (surtout le hanbalisme et Ibn Taymiyya)
  • Mme Sepideh PARSAPAJOUH, chargée de recherche au CNRS (Centre d’Etudes en Sciences Sociales du Religieux), spécialiste de l’anthropologie religieuse de l’Iran contemporain
  • Pasteur Karim AREZKI, islamologue
  • Mr Denis HERMANN, chargé de recherche au CNRS (Mondes iranien et indien), spécialiste de l’histoire sociale et religieuse de l’Iran (XVIIIéme- XXéme siècles)
  • M. Iqbal Surani, docteur de l’EPHE, chercheur post-doctoral à Florida International University (histoire moderne des sociétés ismaéliennes en Asie et en Afrique)

3 - Communications :

  • M. Gobal GOBALAKICHENANE
    «  Le retour à Pondichéry des ambassadeurs envoyés par Tipû Sultân en France, raconté par le chroniqueur tamoul Vîrânaicker II »
    La France ’perd le Canada et l’Inde’, à la fin de la Guerre de Sept ans, selon le Traité de Paris de 1763 et croit avoir pris sa revanche vingt ans plus tard, avec le Traité de Versailles de 1783 consacrant l’indépendance des Etats d’Amérique arrachée aux Anglais avec son aide massive. Cependant, du côté de l’Océan Indien, elle ne connaît que des déboires dans la deuxième moitié du XVIIIème s., malgré l’alliance fidèle de Haïder Aly (1722-1782) et de son fils Tipû Sultân (1750-1799).
    Lors de la Guerre de Sept ans et de la Guerre d’Indépendance des Etats d’Amérique, les amiraux d’Aché en 1758 et 1759, de Tronjoly en 1778 qui reviennent vite à l’Ile de France -Maurice-, abandonnant respectivement les armées de terre de Lally et de Bellecombe, ne laissent de bon souvenir ni aux princes locaux du Sud de l’Inde ni à la population de Pondichéry, alors chef-lieu de tous les Etablissements français au-delà du Cap de Bonne-Espérance. Seuls les exploits de Suffren au large de Trincomalé (Ceylan) et de la côte de Coromandel en 1782 et 1783 (’Amiral Satan’ comme le surnommeront plus tard les Anglais) donnent quelque espoir à Tipû Sultân. Ce dernier, malgré les conséquences locales du Traité de Versailles, le retour de Suffren en France en 1784, le transfert du chef-lieu de Pondichéry à Port-Louis (Ile de France) en 1785 et le remplacement rapide des gouverneurs successifs (Coutenceau -Souillac de passage-, Charpentier de Cossigny, Conway, de Fresne, Chermont), continue à espérer obtenir le secours de la marine française. Tout en sollicitant également l’aide de la Turquie et de l’Afghanistan, il envoie à cet effet, à la Cour de Versailles, trois ambassadeurs dont l’arrivée suscite une grande curiosité et fait grande sensation, de par leur apparat, leur conduite et leurs présents.
    Le chroniqueur tamoul Vîrânaicker II note dans son Journal (1779-1792) l’arrivée de Seringapattanam, capitale de Tipû Sultân, de ces trois ambassadeurs à Pondichéry, en janvier 1787 avec beaucoup de cadeaux pour le Roi Louis XVI, leur séjour jusqu’à leur embarquement pour la France en juillet 1787 et leur retour à Pondichéry en mai 1789. Ils sont accueillis de façon un peu rude par le gouverneur de Conway et repartent à Seringapattanam, avec une partie des cadeaux du Roi Louis XVI à Tipû Sultân, mais sans résultat d’aide de la marine française attendue impatiemment par le prince.
    De nombreuses sources françaises relatent la visite des ambassadeurs en France et l’audience accordée par Louis XVI. Mais, nous n’avons pas trouvé à ce jour des traces de leur retour à Pondichéry, d’où l’intérêt de ce Journal tamoul évoquant cet événement ainsi que d’autres tout aussi importants, relatifs au Sud de l’Inde.
  • Mme Monique H. OZOUX
    Diplômitive à l’EPHE (Sciences Religieuses)
    « Construction de la figure d’Ibn Taymīya : la normalisation du langage de la violence »
    Ibn Taymīya (1263-1328) est un juriste hanbalite de Damas autorisé à émettre une décision (fatwa) en réponse à une question juridique ou théologique. Ibn Taymīya nous intéresse pour les décisions qu’il livre sous forme de textes polémiques chargés d’un contenu idéologique où s’entend, sur fond d’une rhétorique bien rôdée, le langage de la violence. Des écrits d’Ibn Taymīya sont utilisés pour justifier la violente conquête de la péninsule arabique par la dynastie saoudienne et les massacres perpétrés dans les villes shīʿites voisines. Au XXe siècle, les réformistes musulmans du Caire publient l’œuvre entière d’Ibn Taymīya, devenue la base de l’islam saoudien. En 1939, Henri Laoust publie un ouvrage fondateur sur les doctrines sociales et politiques du juriste hanbalite. L’un de ses étudiants, George Makdisi, fait connaître le travail du maître aux États-Unis et, avec des collègues, entreprend une réhabilitation du hanbalisme malmené selon lui par la tradition orientaliste. Ibn Taymīya serait un soufi qui s’attaque au célèbre Ibn ʿArabī pour censurer une pensée de nature panthéiste, hérétique et antinomienne.
    L’association du nom d’Ibn Taymīya aux partisans du jihād global et les assassinats de personnalités soufies jettent une ombre. On invoque alors l’ignorance des groupes jihadistes et une lecture sauvage de l’œuvre du juriste hanbalite. Mais ceux qui citent Ibn Taymīya s’appuient sur des textes précis qu’ils n’ont pas découverts par hasard dans une œuvre peu abordable par le néophyte. De nombreux chercheurs ont considéré normale la violence du discours anti-soufi et anti-shīʿite d’Ibn Taymīya, que ses contemporains ont pourtant refusé de suivre. Il convient d’éclairer ce positionnement islamologue avant de relire de façon critique les textes polémiques qui le fondent.

 Séance du 6 Avril 2018

SA - Séance du 06/04/2018
SA - Séance du 06/04/2018

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • M. Jacques Gernet (3 mars)
  • M. Claude Jacques (20 février)

2 - Communications :

  • Jean-Pascal BASSINO, Professeur d’économie à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, chercheur à l’Institut d’Asie Orientale (UMR CNRS 5062).
    « Une première sortie de la pauvreté dans le Japon pré-moderne : l’évolution des salaires urbains de 1390 à 1897 »
    Dans quelle mesure le Japon était-il pauvre avant la période Tokugawa (1603-1868) ? Les missionnaires jésuites, qui furent parmi les premiers visiteurs européens au milieu du XVIéme siècle, ont décrit le pays comme l’un des plus pauvres d’Asie, ce qui suggère que le niveau de vie était plus faible au Japon que dans les zones côtières de Chine, d’Asie du Sud-Est, d’Inde ou du Levant. Partant de cette observation, nous nous proposons d’étudier l’évolution de long terme du niveau de vie japonais, de la fin du XIVéme à la fin du XIXéme siècle, pour les travailleurs urbains qualifiés et non qualifiés. Nous construisons de nouvelles séries salariales pour 1390-1740, les relions avec des séries disponibles à partir du milieu du XVIIéme siècle, et calculons le prix de deux types de paniers de biens pour les années de référence 1550, 1620, 1850 et 1890. Il apparaît que les salaires des travailleurs non qualifiés ont connu une hausse régulière entre le milieu du XVéme et le milieu du XVIéme siècle, à partir d’un niveau extrêmement bas. L’explication la plus plausible est que cela a résulté de l’augmentation de la productivité du travail dans l’agriculture. Une réduction drastique de la prime de qualification est ensuite observée entre le milieu du XVIéme et la fin du XIXéme siècle, mais la baisse des salaires des travailleurs qualifiés, mesurée en kilogrammes de riz, a été largement compensée par les changements dans les prix relatifs. Les salaires réels non qualifiés sont restés stables au cours de la même période. Notre interprétation est que la diffusion des compétences a conduit à un processus de croissance smithienne associée à une contraction des inégalités de revenus qui s’est accélérée dans la seconde moitié de la période Tokugawa. Cette communication trouve son origine dans des travaux réalisés en collaboration avec Kyoji Fukao, Institute of Economic Research, Hitotsubashi University et Masanori Takashima, Institute of Social Science, University of Tokyo.
  • Jacques de GUERNY, Docteur ès sciences économiques, Professeur honoraire à HEC, membre de la Société Asiatique.« Les tambours de bronze de l’Asie du Sud-Est »
    L’âge du Bronze engendra des innovations révolutionnaires. Parmi elles, les tambours de bronze, plus solides et plus sonores que leurs prédécesseurs en bois et en peaux, furent gravés de décorations assurant à leurs possesseurs un prestige jusque dans leurs tombes, voire au-delà. Ces gravures sur le sommet (dit tympan) ou sur la base cylindrique des tambours, restent sujettes à interprétations, mais leur beauté est toujours indiscutable.
    L’odyssée des tambours de bronze a duré deux mille cinq cents ans, jusqu’à nos jours, et leurs rites ont concerné des territoires immenses, de la Chine et du Vietnam actuels aux îles de l’Indonésie, incluant toute l’Indochine. Sans nul doute, ils font partie des trésors de l’humanité, comme l’attestent leur présence dans les plus grands musées du monde et le nombre croissant de leurs collectionneurs.
    Cette communication est issue d’un livre de Jacques de Guerny, Les tambours de bronze de l’Asie du Sud-Est, paru en octobre 2017 aux éditions Maisonneuve et Larose/ Hémisphères, Paris, 220 pages (en anglais, en Asie)

 Séance du 9 mars 2018

SA - Séance du 09/03/2018
SA - Séance du 09/03/2018

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • M. Pascal Tavardon, études bibliques, professeur invité à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.
    Présenté par MM. Jean-Louis Bacqué-Grammont et Christian Lochon
  • M. Motia Zouihal, études islamiques, post-doctorant au Collège de France.
    par MM. Jean-Michel Mouton et Jean-Charles Ducène
  • Complément
    Agréée par le Conseil, l’adhésion de M. Michel Detalle, devenu membre en 2015, n’avait été, en son temps, signalée sur aucune convocation. Nous rectifions ici, avec nos excuses, cet oubli regrettable.

2 - Communications :

  • Mme Muriel DEBIÉ,EPHE-Section des Sciences religieuses
    « Des sages nus aux mathématiques : Les contacts avec l’Inde dans les textes syriaques »
    Les contacts réels entre monde indien et grec depuis l’époque d’Alexandre le Grand ont nourri l’imagination des Anciens et donné naissance à un certain nombre de textes qui ont circulé et se sont transformés au fil du temps et des traductions. Plusieurs strates peuvent être mises en évidence dans la tradition syriaque qui, se trouvant à la confluence des routes de commerce est-ouest, a traduit des textes grecs sur l’Inde et fut à l’origine de l’implantation de communautés chrétiennes toujours vivantes aujourd’hui en Inde. C’est cette stratigraphie textuelle sur l’Inde, dont certaines couches sont mieux connues que d’autres, que voudrait mettre au jour cette présentation.
  • Mme Samra AZARNOUCHE,EPHE-Section des Sciences religieuses
    « Énumérer pour (re)créer. Autour d’une nouvelle traduction du traité de cosmogonie zoroastrienne du Bundahišn »
    En 1929 et 1931, le Journal Asiatique (Nos 214 et 215) publiait la traduction française et l’analyse que le suédois H. S. Nyberg donnait de deux grands chapitres d’un texte moyen- perse (ou pehlevi) portant sur la cosmogonie et la cosmologie zoroastrienne. Intitulé Bundahišn « Création originelle » ou Zand-āgāhīh « Savoirs (basés sur) l’exégèse de l’Avesta », ce texte demeure l’un des plus célèbres et des plus étudiés de toute la littérature iranienne ancienne, bien qu’il n’ait pas encore fait l’objet d’une traduction intégrale tenant compte du progrès de nos connaissances.
    Si la tendance générale est d’y voir une compilation de fragments exégétiques ou un compendium de mythes et de doctrines du zoroastrisme tardif, une étude récente basée sur une nouvelle traduction en cours propose d’y voir au contraire un texte unitaire et cohérent dont le schème narratif est celui de l’énumération des entités bonnes et mauvaises, depuis la création originelle jusqu’à la Rénovation finale. Ce texte n’est autre que l’histoire du monde, présentée sous la forme d’une liste des êtres qui le peuplent, liste dont le déploiement progressif reviendrait pour son auteur, son copiste ou son lecteur à reproduire en pensées l’acte démiurgique des débuts. Cette énumération donne également à son auteur l’occasion d’insérer des digressions de nature scientifique (astrologie, botanique, biologie animale…) témoignant de l’étendue des savoirs profanes qu’un « mage » de l’Antiquité tardive se devait de maîtriser.

 Séance du 9 février 2018

SA - Séance du 09/02/2018
SA - Séance du 09/02/2018

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • Mme Diane Wen Zhang-Goldberg, archéologue, CRCAO, présentée par M. Alain Thote et M. Pierre Marsone
  • M. Olivier Tessier, anthropologue, EFEO, présenté par M. Philippe Papin et M. Pierre-Sylvain Filliozat
  • M. Didier Giard, membre de l’Académie des sciences d’Outre-mer (ASOM),
    présenté par M. Christian Lochon et M. Jean-Louis Bacqué-Grammont
  • Mme Anaïs Lamesa, , histoire et archéologie antique et médiévale en Asie,
    présentée par M. Jean-Louis Bacqué-Grammont et M. Jean-Pierre Mahé
  • Mme Anaïs Dornier-Viavant, indianiste,
    présentée par Mme Isabelle Ratié et M. Vincent Eltschinger

2 - Décès  :

  • Madame Anne-Marie Quillet

3 - Communications :

  • Anaïs LAMESA, « La chapelle des Donateurs de Soğanlı, nouvelle fondation des Sképidis ? »
    Situé au cœur de la région de Cappadoce, le site de Soğanlı est classé patrimoine mondial de l’UNESCO et possède actuellement le statut de musée en plein-air. Il s’étend de part et d’autre d’une vallée large et compte une vingtaine d’églises d’époque médiévale, pour la plupart peintes. Le site est bien connu des chercheurs depuis le début du XXe siècle.
    C’est au cours de prospections menées en 2010 qu’une nouvelle chapelle a été découverte. Malgré son utilisation comme dépôt à blé, son décor peint est en bon état de conservation. Il se développe dans la nef et devait se déployer dans l’abside, maintenant détruite.
    L’intérêt de ce monument est double. Il réside, d’une part, dans une grande scène de dévotion qui orne la partie sud de la nef. Cinq personnages sont mis en scène et identifiés à l’aide d’inscription. Bien qu’en partie détruit, ce panneau peint représente la plus importante scène de dévotion jamais découverte dans la région. D’autre part, cette chapelle, de par son contexte de réalisation, peut être rattachée à un groupement d’églises dont les décors peints auraient été commandés par une famille aristocratique locale, les Sképidès.
  • Frédéric GIRARD« Les Dialogues de Dōgen (1200-1253) en Chine »
    À la suite d’un parcours au Japon qui l’a convaincu que les enseignements bouddhiques avaient été dévoyés, Dōgen (1200-1253) s’est rendu dans sa jeunesse en Chine entre 1223 et 1227 où il a revivifié ses sources et a imprimé de nouveaux cadres aux pratiques bouddhiques, sous les espèces du Zen (Chan, Dhyāna). De retour au Japon, il a instauré un nouveau mode de vie monastique qui se reflète dans des règles disciplinaires strictes mais simplifiées, une architecture des temples réduite à des minima, une prédication qui se veut directe et anti-scholastique en japonais ainsi qu’une rhétorique langagière synthétisant plusieurs modes d’expression en usage en Chine et au Japon. Dōgen a-t-il participé au mouvement de réforme du bouddhisme japonais ? On s’accorde à voir dans ses doctrines une japonisation du bouddhisme bien qu’il ait introduit presque telles quelles des formes chinoises de pratiques qui se sont mal adaptées dans les milieux de cour imprégnés de tantrisme ésotérique. On s’attachera ici à dégager quelle est la part effective des innovations de ce moine qui se signale décidément par sa singularité hors norme. On s’aidera dans cette tâche d’un échange de questions et de réponses qu’il a eu avec son maître chinois, les Dialogues de l’ère Baojing (Hōkyōki). Ce texte permet en effet de se faire une idée des problèmes qu’il se posait dans sa jeunesse. Ces Dialogues se présentent comme un aide-mémoire de 42 questions et réponses qui n’étaient aucunement destinés à prendre la forme d’un ouvrage pour la communauté monastique et permettent d’esquisser en bonne partie la genèse des œuvres ultérieures de Dōgen qui expriment pleinement ses conceptions. Nous avons étudié ces Dialogues dans une publication récente dont nous présenterons les principales conclusions.

 Séance du 19 Janvier 2018

SA - Séance du 19/01/2018
SA - Séance du 19/01/2018

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • Madame Coline LEFRANCQDocteure de l’Université libre de Bruxelles, indianiste, céramologue.
    Présentée par Mesdames Suzanne Chamoret et Chantal Duhuy
  • Madame Anne CHOUX Spécialiste de photographies anciennes de la Chine (XIXéme - XXéme), master 2 à l’EPHE. Présentée par MM. Jean-Michel Mouton et Jean-Pierre Mahé

2 - Communications :

  • Diane Zhang-GoldbergLes sépultures des empereurs tangoutes, XIéme-XIIIéme siècles : de la recherche d’un modèle à l’expression d’un nouvel art funéraire.
    Peuple nomade sédentarisé dans le nord-ouest de la Chine actuelle pendant la dynastie Tang (618-907), les Tangoutes créèrent l’empire Xixia en 1038. Celui-ci n’eut qu’une brève existence, car les armées de Genghis Khan le détruisirent en 1227, plongeant rapidement cette civilisation dans l’oubli. Parmi les rares vestiges funéraires qui nous sont parvenus figure le cimetière des empereurs Xixia, construit à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Yinchuan (province du Ningxia), dans une plaine située au pied des monts Helan. Le site comprend neuf sépultures impériales selon le décompte actuel et plus de 200 tombes annexes, réparties sur une surface d’environ 50 km2.
    Bien que sévèrement endommagé par l’armée de Genghis Khan, puis par les pillages, ce cimetière offre de précieuses informations sur l’architecture funéraire des Tangoutes. La comparaison de ces sépultures avec celles des empereurs chinois et des souverains de plusieurs peuples périphériques, ainsi qu’avec d’autres tombes tangoutes permet, au contraire de l’opinion générale des chercheurs chinois, de faire apparaître l’originalité et la créativité de ce peuple, qui ne s’est pas contenté d’imiter les réalisations de son puissant voisin. Cet esprit créatif semble même se manifester jusqu’au plan personnel, par l’élaboration de motifs décoratifs spécifiques aux tombes impériales et par une individuation des sépultures. Au-delà du seul intérêt archéologique, les sépultures impériales tangoutes révèlent ainsi la richesse de la culture Xixia, tout en faisant ressortir les aspirations d’un jeune empire face à la Chine, son souci de concilier croyances anciennes et bouddhisme, et enfin son étonnante créativité artistique et architecturale.
  • Alain Desreumaux Directeur de recherche au CNRS Nouvelles découvertes épigraphiques à Urfa et Harran en Turquie. La présentation proposera une information sur de récentes découvertes archéologiques et épigraphiques.
    Depuis plusieurs mois, des fouilles de sauvetage accompagnant de grands travaux d’aménagements ont mis au jour deux grandes nécropoles d’époque romaine à Urfa, en Turquie du Sud-Est.
    D’importantes inscriptions funéraires syriaques augmentent considérablement le corpus araméen d’Édesse et apportent du nouveau sur le christianisme ancien dans cette ville. Des inscriptions grecques contribuent à la connaissance de ce milieu. A Harran, centre religieux d’un très vieux culte mésopotamien, une inscription araméenne découverte au cours d’une fouille programmée apporte un témoignage archéologique décisif.
    À Édesse et aux alentours, des pavements de mosaïques inscrits en syriaque sont des vestiges de la période proto-byzantine.
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<- séances de l’année 2019

Les comptes rendus des séances de la Société Asiatique sont publiés dans le fasc. 2 du Journal asiatique de chaque volume annuel.


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