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Séances 2017

SOCIÉTÉ ASIATIQUE : séances tenues en 2017

Elles ont lieu les vendredis à l’Institut de France, 23 quai de Conti, salle Hugot (exception faite de l’Assemblée générale).

Rouleau en soies peintes et brodées, avec textes en chinois & mandchou et sceau impérial, du règne de Qianlong (XVIII<sup>e</sup> s.) - © Société Asiatique
Rouleau en soies peintes et brodées, avec textes en chinois & mandchou et sceau impérial, du règne de Qianlong (XVIIIe s.) - © Société Asiatique

 Séance du 15 décembre 2017

ORDRE DU JOUR

1 - Notice :

  • La vie et l’œuvre de Jean Calmard par Maria Szuppe

2- Communications :

  • Jean-Pierre MAHÉ
    Les Gaures et la naissance d’Ibrahim Zer-Ateucht, selon le Capucin Gabriel de Chinon
    Surtout connu par le plagiat qu’en fit Tavernier en 1679, le rapport du Père Gabriel de Chinon sur les Gaures, c’est-à-dire les zoroastriens, publié à Lyon en 1671, remonte à ses observations personnelles, de 1652 à 1654, à Ispahan et à Kerman.
    Depuis 1608, beaucoup de Gaures logés dans la périphérie d’Ispahan travaillaient à des tâches pénibles. L’attention du P. Gabriel fut d’abord attirée sur eux par des dames arméniennes qui les avaient vu pratiquer un enterrement de chien. Intrigué, le Capucin dissimule son identité, recueille des bribes d’informations, puis se rend à Kerman pour essayer de voir leur Feu sacré.
    Ses renseignements sur les livres zoroastriens et sur leur mode d’emploi sont exacts et précis. Le « prophète » dont se réclament les Gaures se nomme Ibrahim Zer-Ateucht, ce qui lui donne une légitimité abrahamique. Ce n’est pas un « conducteur de chameaux », venu d’Asie Centrale, mais le fils d’un Franc. Le récit de sa naissance ressemble à une nativité un peu décalée, puisée aux mêmes sources que les apocryphes sur Abraham et les récits de Matthieu et de Luc sur Jésus. D’autres épisodes du mythe zoroastrien sont nettement reconnaissables, notamment sur l’eschatologie.
    Les rites et usages de purification des Gaures choquent le P. Gabriel. Néanmoins, il ne cache pas sa sympathie pour une communauté qui supporte patiemment la pauvreté dans l’espoir d’un paradis autrement plus sublime que celui des autres Iraniens. S’il renonce à leur prêcher l’Évangile, c’est parce qu’ils attendent le début imminent du « Millénaire d’Ormuzd ». Il consigne ses observations à l’intention d’éventuels successeurs.
  • Olivier de BERNON
    À propos des tatouages khmers d’Angelina Jolie », Courriel
    L’attachement bien connu de la star américaine Angelina Jolie pour le Cambodge l’a conduite à effectuer de nombreux séjours dans le royaume qu’elle a découvert en 2001 lors du tournage du film Lara Croft : Tomb Raider, et qu’elle a visité à nouveau en 2016 pour diriger le tournage de First They Killed My Father, consacré à la funeste période des Khmers Rouges. Mademoiselle Jolie a reçu la nationalité khmère de la part du Gouvernement royal et l’adhésion qui est la sienne à sa nouvelle nationalité es telle qu’elle s’est livrée, corps et âme, à l’une des pratiques traditionnelles les plus originales du pays khmer en se faisant inscrire sur une épaule d’abord, puis sur l’ensemble du dos, des tatouages rituels en forme de yantra et de mantra. Ce qui fait l’originalité des tatouages khmers, c’est qu’il s’agit de « textes » composés e lettres ou de syllabes isolées constituant des « paņtūl » (/bandaul/), littéralement des « aubiers », c’est-à-dire des formules mnémotechniques qui permettent d’évoquer un texte entier en ne prononçant que quelques syllabes. On se propose ici, après avoir retracé l’histoire de ces tatouages rituels du Cambodge et d’en avoir exposé les règles générales de composition, d’étudier et de comprendre ceux qui ornent le dos de Mademoiselle Jolie.

Séance du 15 Décembre 2017

 Séance du 17 novembre 2017

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • Myriam CHOLVY
  • Eleonora TOLA MENDOLA

2 - Décès  :

  • La vie et l’œuvre d’André PADOUX par Pierre-Sylvain Filliozat

3 - Communications :

  • Prof. Dr. Nurlan NAMATOV (Moscow)<
    « The Armeno-Kypchaks and Nestorianism »
    The peoples of inner Asia were characterized by absolute religious tolerance. Here it has played a huge role Shamanism, Shintoism and Zen Buddhism which allows a different way to reach the Absolute.
    The peoples of Inner Asia have been centuries of influence Tengrism (the philosophy of Shan-De), Buddhism, Mazdaism (the name of a number of ancient Iranian religions previous to Zoroastrianism) Manichaeism (religious and philosophical doctrine, syncretized Eastern religious teachings and Christianity) of Greco-Buddhism and finally Nestorianism which played the final formation of the worldview of the peoples of Inner Asia . Armenian monks preached Nestorianism through the Kipchak language. Armenians assimilated with the Kypchaks but at the same time preserved their religion, culture and worldview.
    Through the efforts of the missionaries Nestorianism was widespread among the Iranian, Turkic and Mongolian peoples of Central Asia, the Great Steppe and the Caucasus, including Ossetians, Khorezmians, Sogdians, Turcuts, Khazars, Polovtsian Karakitais, Kerayit, Markit, Naiman, Uighurs, Karluk аnd Kirghiz.
    Nestorianism became the center of Ctesiphon (in Iraq), located in the episcopal chair of Nishapur (Iran), Herat (Afghanistan), Merv (Turkmenistan) and Samarkand (Uzbekistan). There was also a united diocese Nevakent and Kashgar (Kyrgyz and Uighurs). Of particular interest is the spread of Nestorianism in Central Asia. Metropolia was Merv (Turkmenistan) and the second largest center of Sogd became Nestorians, whose capital - Samarkand - for a while becomes an arena of struggle between Christianity and Islam.
    Thus, Nestorian Christianity in ancient times was the most common (as in the territory, and the number of practicing) form of Christianity. It was Nestorianism that became the forerunner to the appearance of the Sufi orders in Islam which are completely copied by the Christian Orders of the Missionaries
    *Note : N.Namatov „Sufism between Islam, Buddhism and Christianity“ 2015
    Otto Von Feigenblatt, N.Namatov „The Eurasian Shamanism “ 2014
  • Caroline RIBERAIGUA, Courriel
    ingénieur de recherche au CNRS, UMS 2409 Centre de documentation de l’Institut de civilisations du Collège de France, études indiennes
    « Les temples aux yoginī de l’Inde médiévale : unité et diversité d’une manifestation tantrique hindoue »
    Cette communication sera dédiée à un type très particulier de temples médiévaux de l’Inde : les sanctuaires hypèthres abritant de 42 à 81 déesses désignées communément comme des yoginī. Ces temples abritent généralement en leur centre une manifestation de Śiva. À une exception près, tous les sanctuaires de ce type parvenus jusqu’à nous ont été édifiés entre le Xe et le XIIe siècle et se situent au Madhya Pradesh et Orissa. Bien que plusieurs études leur aient déjà été dédiées depuis l’œuvre pionnière de Vidya Dehejia (Yogini Cult and Temple, 1986), ils soulèvent toujours plusieurs questions. La première difficulté réside dans la définition de la nature même de ces déesses.
    Le terme yoginī, qui leur est attribué, en référence aux traditions populaires entourant ces temples et aux corpus tantriques évoquant ces déesses, est extrêmement polysémique et il conviendra de préciser sa signification dans ce cadre particulier, et sa proximité avec le concept de Mères (Mātṛkā) dans certaines œuvres sanskrites (notamment le Skanda Purana).
    Après avoir évoqué brièvement les différentes formes cultuelles associées à ces déesses dans la littérature tantrique, nous nous baserons sur l’étude des vestiges matériels (la configuration des temples et leurs caractéristiques iconographiques) pour définir, d’une part, les principes communs à ces édifices, mais aussi les variations manifestes d’un sanctuaire à l’autre, qui soulignent la diversité des traditions tantriques ayant conduit à l’édification de ces temples.

Séance du 17 Novembre 2017

 Séance du 12 Mai 2017

ORDRE DU JOUR

3 - Communications :

  • Frédéric GIRARD, Courriel
    « Les Dialogues de Dōgen (1200-1253) en Chine »
    À la suite d’un parcours au Japon qui l’a convaincu que les enseignements bouddhiques avaient été dévoyés, Dōgen (1200-1253) s’est rendu dans sa jeunesse en Chine entre 1223 et 1227 où il a revivifié ses sources et a imprimé de nouveaux cadres aux pratiques bouddhiques, sous les espèces du Zen (Chan, Dhyāna). De retour au Japon, il a instauré un nouveau mode de vie monastique qui se reflète dans des règles disciplinaires strictes mais simplifiées, une architecture des temples réduite à des minima, une prédication qui se veut directe et anti-scholastique en japonais ainsi qu’une rhétorique langagière synthétisant plusieurs modes d’expression en usage en Chine et au Japon. Dōgen a-t-il participé au mouvement de réforme du bouddhisme japonais ? On s’accorde à voir dans ses doctrines une japonisation du bouddhisme bien qu’il ait introduit presque telles quelles des formes chinoises de pratiques qui se sont mal adaptées dans les milieux de cour imprégnés de tantrisme ésotérique. On s’attachera ici à dégager quelle est la part effective des innovations de ce moine qui se signale décidément par sa singularité hors norme. On s’aidera dans cette tâche d’un échange de questions et de réponses qu’il a eu avec son maître chinois, les Dialogues de l’ère Baojing (Hōkyōki). Ce texte permet en effet de se faire une idée des problèmes qu’il se posait dans sa jeunesse. Ces Dialogues se présentent comme un aide-mémoire de 42 questions et réponses qui n’étaient aucunement destinés à prendre la forme d’un ouvrage pour la communauté monastique et permettent d’esquisser en bonne partie la genèse des œuvres ultérieures de Dōgen qui expriment pleinement ses conceptions. Nous avons étudié ces Dialogues dans une publication récente dont nous présenterons les principales conclusions.
  • Gilles BÉGUIN, Courriel
    « À propos du sculpteur newar Anige »
    Aucune sculpture ne peut être attribuée avec certitude au newari Anige (1243-1306), artiste mandé à la cour des Yuan. Les rares œuvres exécutées en Chine et considérées comme perpétuant son style présentent une géométrisation accentuée des formes, particularité apparemment absente des sculptures népalaises contemporaines.
    Une stèle conservée au Nepal National Museum tranche avec l’esthétique qui prévalait dans la production de la vallée de Kāthmāndu aux XIIIe-XIVe siècles et évoque le « cubisme » d’Anige, sans que l’on puisse autour de cet apax rassembler un corpus formel cohérent.

Séance du 12 Mai 2017

 Séance du 21 Avril 2017

ORDRE DU JOUR

1 - Nouveaux membres :

  • Mme Okyang Chae-Duporge, études coréennes
    (sous le parrainage de M. Marc Orange et Mme NO Mi-Sug)
  • M. Bruno della Riccia, arts de la Chine et de l’Asie Centrale
    (sous le parrainage de M. Alain Thote et M. H.-P. Francfort)
  • M. Alain Genet, historiographie syriaque
    (sous le parrainage de Mme Muriel Debié et M. J.-P. Mahé)
  • M. Romanic Jannel, japonologue
    (sous le parrainage de M. J.-N. Robert et M. Frédéric Girard)
  • Mme Marie Mol, études sémitiques
    (sous le parrainage de M. J.-M. Mouton et M. J.-L. Bacqué-Grammont)
  • Mme Amandine Bricout, études indiennes
    (sous le parrainage de Mme Isabelle Ratié et M. Pierre-Sylvain Filliozat)

2 - Ouvrages offerts à la bibliothèque

  • François Grimal, V. Venkataraja Sarma, S. Lakshminarasimham, La grammaire pâninéenne par ses exemples, Pondichéry EFEO, 2015, vol. IV/1-2
  • Emmanuelle Vagnon, Eric Vallet, La fabrique de l’Océan indien, cartes d’Orient et d’Occident (Antiquité-XVIe s.)
  • J.-P. Mahé, Z. Aleksidzé, Deux frères caucasiens de Prométhée, Amiran et Abrsk’il, Paris (Belles-Lettres), 2016

3 - Communications

  • b>Vasundhara FILLIOZAT, Courriel
    « Vṛkṣāyurveda, Cāvuṇḍarya. « La médecine des arbres du ministre Cāvuṇḍarāya, 1025 CE » Autrefois, chaque agglomération avait au moins un bassin bordé d’arbres et un temple. Hélas ! Avec la modernisation on est en train de perdre cette tradition. Au XVIe siècle le ministre, musicologue et architecte, Rāmayamātya, a fait construire à Timmalāpura, non loin de Hampi, quatre temples et y a fait creuser seize bassins, planter des arbres, puis a administré un upanayana « consécration brahmanique » à ces arbres, pour qu’on ne les coupe pas. Comment doit-on planter les arbres, en prendre soin ? Il faut lire le chapitre sur le Vṛkṣāyurveda dans le Lokopakāra du ministre Cāvuṃḍarāya, ministre du roi Jayasiṃha de la deuxième dynastie Cālukya. L’auteur donne la date à laquelle il a achevé son ouvrage. Les données qu’il indique correspondent à 1025 ap. J.-C.
    Le Lokopakāra « La bienfaisance du monde » est un ouvrage encyclopédique en Kannaḍa. Il ne faut pas confondre ce Cāvuṃḍarāya avec l’auteur de l’installation d’une statue gigantesque de Gommaṭeśvara à Shravanabelagola vers 985 ap. J.-C., au Karnataka. Tous les deux étaient des ministres de différents rois de dynasties et d’époques différentes.
    Le Vṛkṣāyurveda est le sixième des douze chapitres du Lokopakāra. Ce que l’auteur dit est vrai, parce que le soin des arbres est très bénéfique aux êtres vivants sur terre. Il commence le chapitre avec la préparation de la terre, les différents engrais à mettre et les plus propices avant de planter, les soins des jeunes pousses etc. Bien que les arbres soient des végétaux l’auteur préconise un engrais fait de la viande et de sang d’animaux et de poissons. On peut obtenir des fruits toute l’année en nourrissant les arbres aves ce genre d’engrais et différentes sortes de viande, excréments, urines d’animaux, dont des invertébrés. Il dit encore comment on peut obtenir deux sortes de fruits sur le même arbre en greffant la graine dès le moment de la semence.
  • Vanessa CHOLEZ, Courriel
    « Perceptions, pratiques et usages rituels liés à des arbres bienfaisants et malfaisants en pays bugun (Himalaya indien oriental) »
    La présence de l’arbre en Arunachal Pradesh (nord-est de l’Inde) interpelle tant par sa multiplicité que par sa diversité. Ils forment des forêts denses sempervirentes et caducifoliées, dans lesquelles vivent une centaine de groupes ethniques différents dont la société bugun. À l’aide d’outils ethno-scientifiques (dessins d’enfants et free-listing), couplés à des données issues d’entretiens ouverts, je présenterai dans un premier temps les perceptions de l’arbre par les jeunes et les adultes bugun afin de mettre en évidence les catégories liées à ces derniers. En pays bugun, la majorité des arbres sont pensés comme bienfaisants. Cependant certains d’entre eux appartiennent à la catégorie complexe sko, qui peut se définir comme étant dangereuse et incertaine, dans le sens où les êtres vivants (dont certains arbres) classés dans cette catégorie ont une capacité d’agir malfaisante sur la vie humaine.
    Dans un second temps, ma communication traitera de trois arbres pensés comme bienfaisants et d’un arbre appartenant à la catégorie sko. J’aborderai les usages du pin (Pinus wallichiana), de la viorne (Viburnum cylindricum) et du genévrier (Juniperus recurva) dans le cadre de rituels de longévité et de guérison, et les pratiques liées au rhododendron (Rhododendron arboreum) dans le cadre d’une fête collective hivernale dédiée à la renaissance cyclique du vivant et à la fertilité.
    Ici, l’arbre en tant qu’entité ne constitue pas un objet de culte, cependant il est utilisé comme support de communication avec les ancêtres, comme objet purificateur ou protecteur pour les humains.

Séance du 21 Avril 2017

 Séance du 24 Mars 2017

ORDRE DU JOUR

Communications :

  • Élise FRANSSEN,
    « De Paris au Caire et retour… Le fabuleux destin d’une recension importante des Mille et Une Nuits »
    La recension égyptienne des Mille et Une Nuits est importante à plusieurs égards. Elle rassemble des manuscrits comprenant effectivement mille et une nuits, soit quatre volumes manuscrits copiés en Égypte à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle. La distribution du texte en nuits y est identique et ils présentent par ailleurs de nombreuses caractéristiques codicologiques communes. Plusieurs indices portent à croire que cette recension n’est pas née par hasard, ni vraiment dans la continuité de ses cousines plus anciennes. L’étude des manuscrits qui la représentent est instructive à bien des égards et nous emmène en un voyage varié d’une rive à l’autre de la Méditerranée, impliquant des copistes zélés et des orientalistes passionnés.
  • Pierre-Sylvain FILLIOZAT
    « Le śālmali (Bombax malabaricum) selon Bāṇa Bhaṭṭa » Le śālmali peut être identifié comme Bombax malabaricum DC ou Bombax ceiba L, aussi Salmalia malabarica de la famille des Bombacaceæ ou Malvaceæ. Répandu dans les régions tropicales, il n’est pas rare dans le paysage indien où il se signale par sa taille, en hauteur et en largeur, sa floraison rouge, son fruit qui libère un duvet végétal, bien connu sous le nom malais de kapok. C’est le śālmali de la littérature sanscrite. L’āyurveda reconnaît à ses feuilles un effet vermifuge et autres propriétés médicinales. La cosmologie purāṇique a donné des noms d’arbre aux sept continents concentriques constituant la terre : le śālmali-dvīpa est le troisième. La religion fait usage de son bois dans certains rites. La culture de l’Inde fait de l’arbre un être conscient, humain ou divin. La poésie sanscrite ne pouvait qu’être sensible à la beauté, à l’humanité, à la divinité du śālmali. La communication présentera l’arbre, comment le poète sanscrit Bāṇa Bhaṭṭa du VIIe siècle le voyait et le transfigurait, comment il l’a décrit dans une phrase de prose de Kādambarī, son chef d’œuvre.

Séance du 24 Mars 2017

 Séance du 24 Février 2017

ORDRE DU JOUR

1- Nouveaux membres :

  • Madame Véronique Schiltz, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
    Spécialiste du monde slave et des arts d’Asie Centrale
    Sous le parrainage de Jean-Louis Bacqué-Grammont et de Jean-Pierre Mahé
  • Madame Anna Caiozzo-Roussel Maître de conférences habilitée d’études arabes et de civilisation islamique à l’Université Paris-Diderot
    Sous le parrainage de Jean-Louis Bacqué-Grammont et de Jean-Michel Mouton

2- Communications :

  • de Madame Anna Caiozzo-Roussel (Maître de conférences habilitée à l’Université Paris-Diderot,
    Une singularité de l’art seldjoukide : la beauté de la Lune
    À partir du XIIe siècle, la période des Seldjoukides a été particulièrement florissante pour les arts mineurs, de la Haute Mésopotamie à l’Iran, où se multiplient sur tous supports des sujets dont l’identité est parfois difficile a établir. On y voit des jeunes gens dotés de la « face de lune » ou « mâhrû ».
    Quelle était l’origine de ce trait ? Pourquoi était-il si répandu notamment dans la représentation des jeunes hommes ? Quel rôle l’astre lunaire jouait-il dans ce canon de beauté ?
  • 2) de Jean-Claude C. Chabrier (CNRS, docteur en médecine, orientaliste et musicologue)
    La communauté chrétienne assyrienne orthodoxe d’Ormia/Urumîyè (Azerbaidjan de l’Ouest, Iran)
    L’Église d’Orient (de Perse, de Saint-Thomas, syrienne orientale, nestorienne), constituée de populations locales converties à partir de la mission de Saint-Thomas, a rompu avec Antioche en 424 avant d’adopter la théologie de Nestorius. (Une hypothèse selon laquelle des populations dites assyro-chaldéennes auraient migré de Palestine vers la Mésopotamie est actuellement avancée). En 1340, les nestoriens de Chypre, et, en 1553, des nestoriens dissidents se sont ralliés à Rome en se déclarant chaldéens, tandis qu’au XIXe siècle, les nestoriens fidèles à l’Église d’Orient se sont déclarés assyriens. Il s’agit donc de deux Églises distinctes, l’assyrienne directe autocéphale et la chaldéenne ralliée. Dans les Mémoires de Littérature tirés des registres de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres (Paris, 1768, Imprimerie royale, pp 559-572), M. d’Anville ne mentionne pas la présence de chrétiens à Ormia. A partir de 1915, fuyant le génocide, assyriens et chaldéens se retrouvent autour d’Ormia et sont massacrés par les Kurdes, Turcs et Azéris, aidés par l’armée ottomane. Lors de la première visite de l’auteur en 1961, il restait, outre près de 100.000 chrétiens, des missionnaires et des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, mais les villages chrétiens se faisaient investir par les Kurdes. En dix missions, de 2002 à 2012, l’auteur a visité systématiquement les chrétiens des quatre communautés d’Ormia, à savoir les 350 assyriens-protestants (Pasteur Ilyo), les 350 arméniens apostoliques (Père Nersès), les 1.000 assyriens-catholiques (« chaldéens », Père Jean-Louis, Evêque Toma), et les 3.500 assyriens-orthodoxes (Père Daryawush, Evêque Giwargis). Sauf lors des danses populaires de l’Assomption-Dormition ou des mariages mixtes, ces quatre communautés ne se mêlent pas. Il n’y a ni église, ni communauté assyro-chaldéenne en Iran.

Séance du 24 février 2017

 Séance du 13 janvier 2017

ORDRE DU JOUR

Communications

  • Monsieur Olivier Rouault et Madame Maria Grazia Masetti-Rouault,,
    « La région de Qasr Shemamok (Kurdistan d’Irak) à l’âge du Bronze. Première évaluation »
    Le site de Qasr Shemamok, dans la province d’Erbil, est fouillé depuis 2011 par une mission archéologique française, dirigée par O. Rouault et, depuis 2015, par M.G. Masetti-Rouault. Depuis longtemps identifié avec la cité de Kilizu, capitale d’une province de l’empire néo-assyrien, Qasr Shemamok a évidemment connu une histoire beaucoup plus ancienne, toutefois encore difficile à évaluer. Les fouilles effectuées depuis 2011 ont mis en évidence l’importance de la ville à l’époque médio-assyrienne (fin 14ème-11ème s. av. J.-C.), correspondant à celle de la formation du premier empire. Des découvertes archéologiques et épigraphiques récentes fournissent désormais quelques informations aussi sur la place de la cité dans la région avant l’expansion assyrienne, nous permettant de proposer quelques hypothèses quant à la culture locale et à l’organisation politique de cette partie de la Mésopotamie du nord à la fin de l’âge du Bronze. On tentera aussi d’évaluer, à la lumière des résultats des autres fouilles et prospections dans la région, quel a pu être le rôle de cette cité aux époques plus anciennes.
    • Olivier Rouault
      Professeur émérite, Université Lyon2, Archéologie du Proche-Orient ancien
      Directeur-adjoint de la Mission Archéologique Française à Qasr-Shemamok (Kurdistan d’Irak)
    • Maria Grazia Masetti-Rouault,
      Directeur d’Études, Religions du monde syro-mésopotamien : Archéologie et Histoire, EPHE-Sorbonne
      Directrice de la Mission Archéologique Française à Qasr-Shemamok (Kurdistan d’Irak)
      Directrice de la Mission Archéologique Française à Tell Masaïkh (Syrie)
  • Madame Aline Tenu,
    « Kunara, une ville de l’âge du Bronze dans les contreforts du Zagros »
    Kunara se trouve dans la région de Souleymaniyeh au Kurdistan d’Iraq et couvre environ 10 ha. Cinq chantiers y ont été ouverts qui ont livré des niveaux datés du dernier tiers du IIIe millénaire. Les bâtiments publics qui y furent découverts présentent des techniques de construction variées et élaborées qui montrent le soin apporté à leur édification. Un abondant matériel céramique y a été mis au jour ainsi qu’un sceau-cylindre, un scellement et une trentaine de tablettes cunéiformes. Ces dernières ont considérablement souffert d’un incendie, mais les premières lectures indiquent qu’elles enregistraient des entrées et des sorties de différents types de farine. Tout indique que Kunara était à la fin du IIIe millénaire un centre local, voire régional, d’un petit État appelé le Lullubum. Le Lullubum entretenait alors de très nombreuses relations avec ses voisins mésopotamiens et iraniens ainsi qu’en témoigne le matériel épigraphique, céramique, sigillographique et lithique. L’un des principaux enjeux de nos recherches débutées en 2012 est de comprendre un site majeur du Lullubum, entre traditions locales et contacts culturels, politiques et militaires.

<- séances de l’année 2018

Les comptes rendus des séances de la Société Asiatique sont publiés dans le fasc. 2 du Journal asiatique de chaque volume annuel.


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