Accueil du site > SOCIÉTÉ ASIATIQUE > Séances, Colloques & Conférences > Séances > Séances 2012
Séances 2012

SOCIÉTÉ ASIATIQUE : séances tenues en 2012

Elles ont lieu les vendredis à l’Institut de France, 23 quai de Conti, salle Hugot (exception faite de l’Assemblée générale).

Rouleau en soies peintes et brodées, avec textes en chinois & mandchou et sceau impérial, du règne de Qianlong (XVIII<sup>e</sup> s.) - © Société Asiatique
Rouleau en soies peintes et brodées, avec textes en chinois & mandchou et sceau impérial, du règne de Qianlong (XVIIIe s.) - © Société Asiatique

 Séance du 14 décembre 2012

1-Lecture du procès-verbal de la séance précédente.

2-Nouveaux membres :

  • Monsieur Alain Porte, Indianiste, traducteur, présenté par Mesdames Colette Poggi et Chantal Duhuy.
  • Monsieur Cheng Pei, Conservateur à la BNF, présenté par Madame Nathalie Monnet et Monsieur Pierre Marsone.
  • Monsieur Haitao Xie, Doctorant à l’Université de Fudan (Chine) présenté par Mesdames Caroline Gyss et Nathalie Monnet.
  • Monsieur Brice Vincent, Docteur en archéologie khmère, présenté par Madame Hélène Supya Nut et Monsieur Michel Antelme.
  • Réintégration de Monsieur Joseph Thach, Maître de Conférences en linguistique khmère à l’INALCO (parrains Monsieur Drège et Madame Saveros Pou)

3- Décès : Monsieur Olivier Pelon, entré à la Société Asiatique en 1987 sous le parrainage de Messieurs Jean-Louis Bacqué-Grammont et Daniel Gimaret.

4- Communications :

  • Monsieur Victor Gysembergh, allocataire moniteur à l’Université de Reims, rattaché à l’équipe de recherche CRIMEL- EA 3311, présente une communication intitulée Culte des morts et magie à Assur : les données nouvelles d’un rituel inédit néo-assyrien.

Résumé : Suite à une courte présentation des rituels mésopotamiens dirigés contre les revenants, une tablette cunéiforme inédite provenant d’Assur sera étudiée. Ce document sera replacé dans son contexte archéologique, la « maison de Kitsir-Assur ». Son déchiffrement permet de connaître presque intégralement deux rituels jusqu’à présent lacunaires et mal compris (n°13 et 14 chez J. Scurlock, Magico-Medical Means of Treating Ghost-Induced Illnesses in Ancient Mesopotamia). Le commentaire portera entre autres sur la religion et la vision du monde qu’exprime le texte, ainsi que sur la canonisation des textes savants en Mésopotamie et les rapports entre les pratiques magiques et leur théorisation.

  • Monsieur Süleymanoglu Valy, chercheur, traducteur et poète en langue et civilisation turques anciennes, présente une communication intitulée : Autour de Qutadgu Bilig, une présentation.

Résumé : Reconnue comme la première oeuvre turco-musulmane, Qutadğu Bilig (106-1070) est une source encyclopédique du savoir et de de la réflexion écrite à l’époque de la dynastie Qarakhanide par le penseur et l’homme d’Etat Yusuf de Balasagun, une oeuvre charnière qui a joué un rôle capital dans le développement de la langue turque et dans l’évolution de tous les pans de la société turque ancienne. En principe, le contenu majeur de l’oeuvre s’articule autour de la description de la mission du souverain et de son chancelier, discutant deux à deux de l’administration de l’Etat, du gouvernement, de la société, la justice sociale et la vertu des être humains, du rôle de la science, de la raison, et du törü, (considéré comme l’institution juridique et la constitution des Turcs anciens) et le qut (considéré comme imperium et fortune) dans l’administration de l’Etat. En outre, ces éléments, sujets de discussion, sont mis en scène de façon théâtrale : les quatre personnages essentiels dialoguant deux à deux. Malgré tout cela, on y découvre à la fois la langue, la grammaire, la poésie, des aphorismes, des proverbes, des citation d’épopées turques anciennes, et Yusuf de Balasagun nous parle également de l’éducation, de la famille, du mariage, de la chasse, des échecs, des sports ; on y côtoie des ambassadeurs, des chamanes (qam) et des poètes. Et de la même façon il nous révèle la pensée traditionnelle, religieuse, philosophique, sociale, éthique des Turcs anciens. De plus Qutadğu Bilig nous expose à la fois l’influence linguistique et culturelle des religions qui se sont succédées dans le monde turc avant l’arrivée de l’Islam : le chamanisme, le manichéisme, le nestorianisme, le bouddhisme, et celle de la philosophie grecque classique. Parallèlement à l’évolution linguistique, cette œuvre, qui est en principe une sorte de « Science du gouvernement », nous expose les cultures et civilisations des Turcs anciens dans les domaines de la politique, de la diplomatie, de l’éthique et du fonctionnement de l’Etat ainsi que de la société : palais, armées, commerçants et paysans ; évolution qu’on ne trouve dans aucun autre ouvrage contemporain. Et il nous révèle aussi un point important de la connaissance de la société médiévale : les Turcs que Qutadğu Bilig nous décrit étaient sédentaires ; ce qui pour la plupart des chercheurs occidentaux demeure un point peu étudié. Autre caractéristique mal connue, pour la première fois dans le monde musulman, le Qutadğu Bilig nous livre une vision qui traite les affaires de l’Etat en les séparant des préceptes religieux.

Séance du 14 Décembre 2012

 Séance du 16 novembre 2012

1-Lecture du procès-verbal de la séance précédente.

2-Nouveaux membres :

  • Monsieur Rocco Rante, archéologue au Musée du Louvre, Département des Arts de l’Islam, présenté par Messieurs Chahryar Adle et Jean-Louis Bacqué-Grammont.
  • Monsieur Chen Zhenghong, professeur à l’Université de Fudan, présenté par Mesdames Amina Abudureheman et Jeanne-Marie Allier.

3- Décès : Madame Sophie Kessler-Mesguich, spécialiste de linguistique hébreu, entrée à la Société Asiatique en 2007 sous le parrainage de Messieurs Christian Robin et Arnaud Serandour.

4- Communications :

Monsieur Marc Ballanfat, professeur de philosophie en classes préparatoires, traducteur de textes sanscrits, présente une communication intitulée : Le végétarisme de Porphyre et l’évocation de l’Inde au IIIè siècle.

Résumé : Au IIIe siècle de notre ère, le philosophe Porphyre compose un plaidoyer philosophique en faveur du végétarisme et de la non-violence, intitulé « De l’abstinence ». Bien qu’il se situe très largement dan la tradition pythagoricienne, où il puise la plus grande partie de son argumentation, Porphyre recense, dans le livre IV, tous les témoignages qui viennent à l’appui de son propos. C’est dans ce contexte qu’il mentionne, à l’image de ses prédécesseurs grecs, les gymnosophistes indiens, dans un chapitre court mais dense, que l’on se propose ici d’évoquer.

Monsieur Thomas Lorain, docteur en archéologie islamique de l’EPHE, Chargé de cours à l’Université de Paris Sorbonne et à l’Institut Catholique de Paris, présente une communication intitulée : Topographie de l’ostentation dans les remparts de Diyarbakir (Xè -XIIIè siècle).

Résumé Parce qu’elle a su su préserver les traces de plus de seize siècles de constructions, d’adaptations et de restaurations de ses remparts, et parce qu’elle présente l’un des plus grands nombre d’inscriptions dédicatoires du monde musulman médiéval, l’enceinte de Diyarbakır (Sud-Est anatolien) mérite de figurer parmi les plus remarquables du Proche-Orient. Ainsi, sur une période courant du Xe au XIIIe siècle, plus de 40 inscriptions ont été répertoriées et ont fait l’objet de l’attention particulière d’éminents épigraphes, tels que Max van Berchem, Jean Sauvaget ou plus récemment Sheila Blair. Véritables témoignages de la propagande véhiculée par leurs commanditaires, ces inscriptions n’ont pourtant que rarement été mises en relation avec leur support, c’est-à-dire avec les éléments architecturaux dont ils commémoraient l’érection ou la restauration. En présentant les édifices qui portaient ces inscriptions et leur position sur l’enceinte de Diyarbakır, il s’agira de mettre en lumière les motivations qui ont présidé au choix de ces emplacements, et leur évolution au fil des siècles.

Séance du 16 Novembre 2012

 Séance du 11 mai 2012

1-Lecture du procès-verbal de la séance précédente.

2-Nouveaux membres :

  • Monsieur Jean Claude Muller linguiste et indianiste, parrainé par Messieurs Pierre Sylvain Filliozat et Jan Houben.
  • Madame Léonie Allard, étudiante spécialisée de coréen et d’arabe, parrainée par Messieurs Pierre Sylvain Filliozat et Jean-Pierre Mahé.

3-Communications :

Monsieur Damien CHAUSSENDE, Chargé de recherches CNRS (UMR 8155-CRCAO), présente une communication intitulée : Le Bureau de l’histoire en Chine sous la dynastie des Tang (618-907)

Résumé : L’histoire est, dans la Chine classique, une discipline reine ; elle y est conçue comme un miroir pour le prince et un guide pour le fonctionnaire. Depuis le deuxième siècle avant notre ère, la tradition historiographique chinoise est continue, chaque dynastie s’étant en effet donné pour tâche de rédiger l’histoire du ou des pouvoirs politiques l’ayant précédée. L’élaboration de cette historiographie officielle connut un tournant décisif au début de la dynastie des Tang (618-907) lorsque l’empereur Taizong (r. 626-649) créa le Bureau de l’histoire (shiguan), une institution qui, installée à l’intérieur même du palais impérial, avait pour mission de contrôler et d’encadrer étroitement l’écriture de l’histoire. La communication portera sur les conditions dans lesquelles le bureau fut institué, son fonctionnement, quelques unes des œuvres qu’il produisit et les critiques qu’il suscita.

Monsieur Eric LEFEBVRE, Conservateur du patrimoine, Musée Cernuschi-Creops, présente une communication intitulée : Les influences des études épigraphiques sur la peinture des maîtres de l’école de Shanghai

Résumé : Au cours de la dynastie Qing, l’école des vérifications et des preuves (kaozheng xue) a eu des effets remarquables sur le champ de l’épigraphie. La méthode empirique prônée par ce courant de pensée a suscité en particulier la recherche de témoignages matériels de l’antiquité. Les découvertes de bronzes et de stèles dont les inscriptions sont diffusées au moyen de l’estampage et de la publication font l’objet d’une réception enthousiaste. Elles vont donner lieu à un profond renouvellement de la calligraphie dès la fin du XVIIIème siècle. Au XIXème siècle, les maîtres de l’école de Shanghai en associant l’art du trait calligraphique et l’incision sigillaire de manière inédite transposent ces découvertes dans le domaine de la peinture.

Séance du 11 mai 2012

 Séance du 13 Avril 2012

ORDRE DU JOUR

1 - Lecture du procès-verbal de la séance précédente

2 - Nouveaux membres :

  • Madame Christine CORNET, sinologue, présentée par Messieurs Pierre Etienne Will et Pierre- Sylvain Filliozat.
  • Madame Kazuko YOSHIDA, archéologue spécialiste de la préhistoire de la Chine retraitée, parrainée par Messieurs Damien Chaussende et Guy Robert.
  • Monsieur Victor GYSEMBERG, assyriologue, présenté par Messieurs Dominique Charpin et Jean-Marie Durand.
  • Monsieur Christopher BECKWITH, tibétologue, présenté par Madame Cristina Scherrer et Monsieur Jean-Pierre Mahé.
  • Monsieur Matthieu RICHELLE, spécialiste de l’Ancien Testament, présenté par Messieurs Thomas Römer et Pierre Bordreuil.

3 - Décès  :

  • Monsieur Gherardo GNOLI, membre d’honneur de la Société Asiatique depuis 1989.

4 - Communications :

  • Madame Lakshmi KAPANI, Professeur émérite de Philosophie indienne et comparée à l’Université de Paris X-Nanterre, présente une communication intitulée : « A propos de Schopenhauer et la pensée indienne (…). »
    La fondation de la Asiatic Society à Calcutta en 1784, puis de la Société Asiatique à Paris (1821) et à Londres (1823), ainsi que la publication de sa revue, les Asiatic Researches pour commencer, puis leJournal Asiatique (à partir de 1823), furent des événements décisifs pour la réception de la penséeindienne en Occident. C’est donc un très grand honneur pour moi d’être invitée à vous présenter mon ouvrage qui s’inscrit dans cet axe de recherche. En effet, depuis quelques trentaines d’années, je me suis consacrée à étudier des modalités de la rencontre entre l’Orient et l’Occident, entre l’Inde et l’Europe, plus précisément entre Schopenhauer et la pensée indienne, afin de dévoiler les enjeux d’une telle entreprise. L’occasion m’est également donnée d’entamer une discussion avec mes auditeurs et mes lecteurs afin de m’instruire davantage. Je vous en remercie. Soit dit au passage que Schopenhauer a eu accès à l’édition des Asiatic Researches publiée à Londres entre 1806 et 1812, puis en 1815-1816 (à la bibliothèque de Dresde). Il possédait plusieurs numéros du Journal asiatique qu’il consultait régulièrement. C’est ainsi qu’il a pris connaissance destravaux effectués par d’illustres savants et sanskritistes de l’époque : W. Jones, H.T. Colebrooke, etd’autres.
    Dans l’héritage intellectuel d’Arthur Schopenhauer (1788-1860) il faut surtout compter Kant, Platon, etles Upanishads, comme le philosophe nous le dit lui-même. Quant au Bouddhisme, (découvert bien plus tard que les textes des Upanishads, du Vedânta et du Sâmkhya), Schopenhauer ne cesse de constater une « admirable concordance » (Ubereinstimmung) de sa pensée avec celle de Siddhârtha Gautama le Buddha (qu’il considère comme l’un des « philosophes puissants » avec Platon et Kant). Par ailleurs, il s’inspire des grands mystiques de l’Orient et de l’Occident, ainsi que des poètes et des moralistes de ces « deux mondes ».Cela dit, sa propre contribution originale dans l’histoire des idées en général et dans l’histoire de laphilosophie en particulière reste indéniable. C’est sa fameuse découverte : la prééminence de la Volonté (l’Unité transcendante en soi, une force inconsciente et indestructible) sur l’intellect (c’est-à diresur la raison et sur la conscience réfléchie). En cela Schopenhauer renverse le courant : c’est une véritable « révolution ».C’est à titre de confirmation et de justification de ses propres thèses philosophiques que Schopenhauer se réfère fréquemment aux données indiennes tant brahmaniques que bouddhiques. Seulement, sa tentative de les intégrer dans sa propre pensée n’a pas toujours réussi, comme je l’ai démontré. Pourquoi ? – Parce que les affinités ou les similitudes de surface (entre les concepts schopenhaueriens et indiens) cachent bien de disparités ou de différences. Tout en soulignant lessimilitudes, j’ai plutôt insisté sur les différences. C’est, me semble-t-il, la seule manière derespecter l’autre dans son altérité. Chaque civilisation a sa singularité. La culture est le domaine des différences.
    Pour cette raison, au lieu d’interpréter les écrits de Schopenhauer, j’ai plutôt étudié (la justesse) des interprétations relatives aux textes et concepts indiens en restant aussi objective et neutre que possible. Suis-je parvenue à atteindre mon but ? – Ce sera à vous de me le dire
  • Madame Odile MOREAU
    , maître de conférences habilité à l’Université de Montpellier III, présente une communication intitulée : « Institutionnalisation de réseaux de solidarité musulmane en Méditerranée avant la Première Guerre mondiale »
    Cette intervention mettra en lumière des dynamiques complexes d’échanges, d’interactions et de transformations entre l’Empire ottoman et le Maghreb au début du XXème siècle. À travers cette étude de cas, seront présentés des réseaux de solidarité musulmanes tissés au Sud de la Méditerranée avant la Première Guerre mondiale et particulièrement un réseau qui comprenait un groupe d’officiers ottomans exilés en Egypte participant à une mission miliaire ottomane officieuse au Maroc en 1909/1910.
    Nous verrons que, dans un premier temps, ce réseau basé sur des réseaux informels de solidarité, travaillant de manière clandestine, évolua dans un second temps, après 1913, vers une structure beaucoup plus officielle et organisée au sein de l’Empire ottoman.

Séance du 13 Avril 2012

 Séance du 16 mars 2012

1. Lecture du procès-verbal de la séance précédente.

2. Nouveaux membres

  • Madame Danielle LE GALL, présentée par Mesdames Lyne Bansat-Boudon et Silvia d’Intino.
  • Monsieur Lei YIN, présenté par Mme Kuo Li Ying et Monsieur Pierre Marsone.
  • Monsieur Grégory CHAMBON, présenté par Messieurs Michael Guichard et Jean Marie Durand.
  • Monsieur Pierre VUONG, présenté par Mme Caroline Gyss et Monsieur Jean-Louis Bacqué-Grammont.
  • Monsieur Nicolas SCHLUMBERGER, présenté par Messieurs Jean Esmein et Gilles Béguin.
  • Monsieur Sébastien GARNIER, présenté par Messieurs Ali Amir Moezzi et Abdallah Cheikh Moussa.

3. Communications

  • Madame Claudine Salmon, directeur de recherches émérite au CNRS : _nbsp ;Epigraphie chinoise en Asie du Sud-Est – Etat des lieux »
    Résumé : En Chine les inscriptions constituent une source importante pour toutes les périodes historiques, et leur pertinence y a été appréciée beaucoup plus tôt qu’en Occident. De semblables inscriptions se trouvent aussi hors des frontières. Les chefs de campagnes militaires, voire d’expéditions maritimes, ont parfois laissé derrière eux des inscriptions célébrant leurs visites à l’étranger, notamment au Vietnam, en Birmanie, en Inde et à Sri Lanka. Les pèlerins bouddhiques ont également composé des inscriptions commémoratives ainsi que des ex-voto, tels ceux de Bodh-Gayâ. Occasionnellement, on trouve aussi les épitaphes de personnages officiels chinois morts en mission, telles celles trouvées à Brunei et à Hội An 會安 (Vietnam). Toutefois la plupart des inscriptions chinoises d’Asie du Sud-Est dont les plus anciennes connues remontent aux dynasties des Sui et des Tang furent érigées par des émigrants et leurs descendants en tant qu’individus ou en tant qu’organisations privées et semi-privées tels que sanctuaires, temples ancestraux (citang祠堂), associations funéraires, guildes (hanghui 行會), associations régionales (huiguan 會館, littéralement hall d’assemblée ou Landsmannschaft), sociétés secrètes, et écoles. La structure de ces inscriptions suit plus ou moins le modèle de celles composées officiellement et semi-officiellement en Chine même. De fait, la plupart de celles trouvées à l’étranger furent rédigées par des lettrés résidant dans la mère-patrie. Bien que ce matériel épigraphique constitue une source précieuse pour maints aspects de l’histoire des communautés chinoises d’Asie du Sud-Est, elles ont été longtemps négligées et depuis la Seconde guerre mondiale, leur destruction a été accélérée par les processus d’urbanisation et le développement économique et, dans certains pays, par des mouvements antichinois. Ce n’est réellement qu’à partir des années 1960 que l’attention des chercheurs s’est portée sur ces corpus virtuels en particulier en Malaysia, à Singapour, en Indonésie, et en Thaïlande.
  • Madame Muriel Debiéchargée de recherches au CNRS : Alexandre le Grand en syriaque : une figure identitaire du christianisme d’Asie occidentale »
    RésuméIl existe en syriaque comme dans les autres traditions de l’Orient chrétien toute une littérature tournant autour de la figure d’Alexandre le Grand, à commencer par une traduction du Roman du Pseudo-Kallisthènes. A côté de cette littérature qui tend à christianiser Alexandre en situant son périple vers l’Orient dans une histoire et une géographie du monde lues à la lumière de la Bible, Alexandre occupe une place particulière dans la mémoire identitaire des chrétientés de langue syriaque.
    C’est à ce rôle historique, religieux et politique que joue la figure d’Alexandre le Grand dans les chrétientés syriaques que s’intéressera cette séance.

Séance du 16 Mars 2012

 Séance du 10 Février 2012

ORDRE DU JOUR

1 - Lecture du procès-verbal de la séance précédente. :

2 - Nouveaux membres :

  • Madame Alice Travers, Chargée de recherché au CNRS en histoire du Tibet, parrainée par Madame Katia Buffetrille et Monsieur Damien Chaussende.
  • Monsieur Eric Lefebvre, Conservateur du Musée Cernuschi chargé des collections chinoises, parrainé par Monsieur Gilles Béguin et Madame Caroline Gyss.
  • Monsieur David Taylor, lecteur en araméen et syriaque à l’Université d’Oxford, parrainé par Mesdames Muriel Debié et Françoise Briquel-Chatonnet.

3 - Communications :

  • Monsieur Jean-Charles DUCÈNE, Maître de conférences, Université libre de Bruxelles, présente une communication intitulée
    « La France dans le Uns al-muhaj d’al-Idrîsî »
    Si le principal ouvrage de géographie d’al-Idrîsî est connu et étudié depuis longtemps, le Uns al-muhaj ou « Petit-Idrîsî » ne l’est que depuis peu. Or, s’il est bien moins descriptif que le premier, il s’avère en être une mise à jour pour ce qui est des itinéraires. En prenant l’exemple du territoire de la France actuelle et des régions avoisinantes, nous ne trouvons pas d’informations économiques ou géographiques mais une série d’itinéraires, parfois repris du « Livre de Roger » mais parfois aussi tout à fait originaux. En outre, ces derniers sont confirmés par des sources occidentales, de telle sorte que cet ouvrage apparaît comme une source pour connaître les grands axes routiers du XIIe siècle.
    Conférence accompagnée de projections.
  • Monsieur Jean-Louis BACQUĖ-GRAMMONT, Directeur de recherche émérite au CNRS, présente une communication intitulée :
    « L’autre, l’ennemi, le diabolique. Quelques exemples ottomans. »
    Un passage d’une chronique persane avait récemment attiré notre attention sur la facilité avec laquelle, à l’occasion d’un affrontement mineur, des adversaires présentant des caractéristiques physiques inhabituelles – des Abyssins en l’occurrence – pouvaient laisser quelques décennies plus tard le souvenir de véritables monstres, voire de créatures sorties de l’enfer. On trouverait sans peine nombre de cas analogues de « diabolisation » de l’adversaire, aussi bien dans des chroniques latines évoquant les Huns que dans celles de l’Iran où il est question des Mongols. La curiosité nous a poussé à entreprendre quelques recherches pour voir s’il en va de même dans la littérature ottomane, pourtant moins marquée par la mémoire d’événements d’une violence comparable. Nous souhaitons faire partager la moisson d’informations ainsi obtenues aussi bien qu’un étonnement fort naturel devant la convergence des attitudes auxquelles elles donnent lieu en Orient et en Occident.
  • Etaient présents :
    esdames Yvonne André, Annie Berthier, Marie-Thérèse Delaunay, Laure Feugère, Salwa Hajjar, Blandine Legrand-Rousseau, Anne Vergati.
    Messieurs Jean-Louis Bacqué-Grammont, Augustin de Benoist, Michel Bozdemir, Jean-Claude Chabrier, Gérard Dupuy, Jean-Marie Durand, Sébastien Garnier, Jacques Lagarce, Pierre Lebigre, Jean-Claude Ligneul, Jean-Pierre Mahé, Ali Amir Moezzi, Suleymanoglu Valy.
  • Etaient invités  : Messieurs Rémy Dor, Francis Simon.
  • Etaient excusés :
    Mesdames Caroline Gyss, Marie de Réals, Cristina Scherrer-Schaub.
    Messieurs Gilles Béguin, Olivier de Bernon, Pierre Bordreuil, Henri de Contensson.

Séance du 10 Février 2012

 Séance du 13 Janvier 2012

Séance Archéologique - ORDRE DU JOUR

1-Lecture du procès-verbal de la séance précédente. :

2 - Nouveaux membres :

  • Madame Agnès AUGER, professeur de chinois, parrainée par Mme Sylvie Hureau et Monsieur François Martin.

3 - Décès  :

  • Madame Francine TISSOT, entrée à la Société Asiatique en 1974.

4 - Communications :

  • Mme ZHAO Bing, Chargée de recherche, CNRS UMR 8155, présente une communication intitulée :
    « Les potiers faussaires de Longquan (Zhejiang, Chine) de la période républicaine (1911-1949) » L’exposé sera accompagné d’une série de projections.
    Lors des enquêtes ethnoarchéologiques auprès des potiers faussaires actuels du district de Longquan au Zhejiang, la conférencière s’était intéressée à un manuscrit. Chaque page de ce dernier est composée d’un ou deux dessins de céramique, chaque dessin étant complété à son tour d’une courte légende. Cet ouvrage était jusqu’alors considéré par l’élite locale comme un catalogue de pièces majeures de céramiques anciennes de Longquan (connues en occident sous le nom de céladon de Longquan). Or, après l’examen attentif du manuscrit en vue d’une publication, la conférencière y a relevé des représentations d’objets falsifiés. En fait, Chen Zuohan (1907-1952), l’auteur du catalogue, était à la fois chef du canton, collectionneur, dessinateur, potier faussaire, et marchand d’art. Dans le canton de Baoxi que Chen Zuohan supervisait entre 1938 et 1950, des ateliers de faussaires étaient actifs dès les années 1920. Le manuscrit est le seul des deux ouvrages de Chen qui ait été conservé en dépit des bouleversements tragiques de l’histoire. Il permet aujourd’hui d’aborder des questions clés de l’étude des faux : classification de faux, rapport entre modèles et objets falsifiés, techniques de simulation des dommages accidentels, etc. La conférencière analysera par ailleurs divers phénomènes culturels qui seraient en rapport avec la recrudescence de faux pendant la période républicaine (1911-1949) dans le contexte local de Longquan.
  • Mme Bertille LYONNET, Directrice de Recherche au CNRS, UMR 7192, présente une communication intitulée :
    « Les pays du Caucase aux marges du monde mésopotamien, 6è-3è millénaires » L’exposé sera accompagné d’une série de projections.
    Région longtemps restée méconnue des Occidentaux, le Caucase, au moins dans sa partie méridionale, présente pourtant de nombreux liens avec le monde mésopotamien qui interpellent le chercheur. Les travaux archéologiques que nous menons dans cette région depuis une dizaine d’années ont porté tant sur des établissements à l’architecture de briques ou de pisé, que sur des cabanes en structures légères, ou encore des kourganes. Ils ont permis de mettre en évidence une succession de cultures datant du Néolithique au début de l’Age du Bronze, certaines étant jusqu’alors totalement inconnues. Toutes présentent, à des degrés divers, des preuves de relations avec celles que l’on connaît plus au sud. Toutefois, elles n’ont jamais connu l’écriture et, de ce fait, les fondements de leurs contacts avec la Mésopotamie ne sont pas clairs. On présentera un certain nombre de nos découvertes et on discutera des possibles raisons sous-jacentes.
  • Etaient présents :
    Mesdames Yvonne André, Agnès Auger, Marie-Thérèse Delaunay, Laure Feugère, Caroline Gyss, Simone Keromnes, Bertille Lyonnet, Nathalie Monnet, Marie-Claude Mouchet, Béatrice Muller, Marie de Réals, Valérie Zaleski, Bing Zhao, Messieurs Jean-Louis Bacqué-Grammont, Gilles Béguin, Frédéric Burguière, Dominique Charpin, Henri de Contensson, Jean-Marie Durand, Jean Esmein, Jacques Lagarce, Jean-Pierre Mahé, Christophe Nicolle, Guy Robert, Christian Robin, Thomas Römer, Habib Tawa, Raphaël Tawa, Sulaymanoglu Valy.
  • Etaient invités  :
    Madame Kazuko Yoshida, Monsieur Michaël Guichard.
  • Etaient excusés  :
    Mesdames Annie Berthier, Cristina Scherrer-Schaub, Messieurs Pierre Bordreuil, Gérard Colas, François Delpech, Mohammad Ali Amir Moezzi.

Séance du 13 Janvier 2012

<- séances de l’année 2013

Les comptes rendus des séances de la Société Asiatique sont publiés dans le fasc. 2 du Journal asiatique de chaque volume annuel.


© 2011/2020 - Textes et conception des pages Société Asiatique : Pierre-Sylvain Filliozat et Georges-Marie CHATELAIN– tous droits réservés.


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC