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Claudine Salmon

Communications :

Madame Claudine Salmon , directeur de recherches émérite au CNRS
a présenté les communications suivantes lors des séances du Vendredi :

Séance du 16 mars 2012

« Epigraphie chinoise en Asie du Sud-Est – Etat des lieux »

En Chine les inscriptions constituent une source importante pour toutes les périodes historiques, et leur pertinence y a été appréciée beaucoup plus tôt qu’en Occident. De semblables inscriptions se trouvent aussi hors des frontières. Les chefs de campagnes militaires, voire d’expéditions maritimes, ont parfois laissé derrière eux des inscriptions célébrant leurs visites à l’étranger, notamment au Vietnam, en Birmanie, en Inde et à Sri Lanka. Les pèlerins bouddhiques ont également composé des inscriptions commémoratives ainsi que des ex-voto, tels ceux de Bodh-Gayâ. Occasionnellement, on trouve aussi les épitaphes de personnages officiels chinois morts en mission, telles celles trouvées à Brunei et à Hội An 會安 (Vietnam).
Toutefois la plupart des inscriptions chinoises d’Asie du Sud-Est dont les plus anciennes connues remontent aux dynasties des Sui et des Tang furent érigées par des émigrants et leurs descendants en tant qu’individus ou en tant qu’organisations privées et semi-privées tels que sanctuaires, temples ancestraux (citang祠堂), associations funéraires, guildes (hanghui 行會), associations régionales (huiguan 會館, littéralement hall d’assemblée ou Landsmannschaft), sociétés secrètes, et écoles. La structure de ces inscriptions suit plus ou moins le modèle de celles composées officiellement et semi-officiellement en Chine même. De fait, la plupart de celles trouvées à l’étranger furent rédigées par des lettrés résidant dans la mère-patrie.
Bien que ce matériel épigraphique constitue une source précieuse pour maints aspects de l’histoire des communautés chinoises d’Asie du Sud-Est, elles ont été longtemps négligées et depuis la Seconde guerre mondiale, leur destruction a été accélérée par les processus d’urbanisation et le développement économique et, dans certains pays, par des mouvements antichinois. Ce n’est réellement qu’à partir des années 1960 que l’attention des chercheurs s’est portée sur ces corpus virtuels en particulier en Malaysia, à Singapour, en Indonésie, et en Thaïlande.


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