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Séance du 22 octobre 2021

– Note d’information de Mme Bi Bo, professeur associée à l’Université Renmin (Chine), et M. Nicholas SIMS-WILLIAMS, associé étranger de l’Académie : « L’épitaphe d’une dame bouddhiste : une nouvelle inscription sino-sogdienne ».

Résumé : L’inscription qui fait l’objet de cette présentation est la troisième épitaphe bilingue sino-sogdienne découverte, après celle de Wirkakk (Shijun) et de son épouse Wiyusi et celle de Nanai-vande et Kekan, publiées respectivement en 2005 et 2017. La nouvelle épitaphe est celle d’une dame sogdienne décédée en 736 après J.-C. En plus de présenter de nombreux points d’intérêt linguistique, cette épitaphe est importante dans la mesure où elle atteste de la conversion d’une dame sogdienne au mouvement bouddhiste « hérétique » Sanjie jiao 三階教 ou « École des Trois Niveaux », qui est resté populaire en dépit d’être officiellement supprimé sous le dynastie Tang, mais qui n’était pas connu auparavant pour avoir attiré des adhérents parmi la communauté sogdienne en Chine.

Mots-clés : langue sogdienne, épitaphe bilingue, inscription sino-sogdienne, bouddhisme, Sanjie jiao

 

Abstract : The inscription presented in this paper is the third bilingual Chinese-Sogdian epitaph to be made known, following that of Wirkakk (Shijun) and his wife Wiyusi and that of Nanai-vande and Kekan, published in 2005 and 2017 respectively. The new epitaph is that of a Sogdian lady who died in 736 C.E. In addition to many points of linguistic interest, it is important as attesting the conversion of a Sogdian lady to the ‘heretical’ Buddhist Sanjie jiao 三階教 or “Three Levels” movement, which remained popular despite being officially suppressed under the Tang, but which was not previously known to have attracted adherents amongst the Sogdian community in China.

Keywords : sodgian language, bilingual epitaph, Chinese-sodgian inscription, Buddhism, Sanjie jiao

– Communication de M. Olivier Delouis, chargé de recherche au CNRS, sous le patronage de Mme Cécile MORRISSON : « Formes et raisons d’une croissance économique en temps de crise : les quinze glorieuses du monastère serbe de Chilandar sur le Mont Athos (1320-1335) ».

Résumé : La présente communication voudrait justifier une anomalie économique que révèle une curiosité archivistique. Sur le Mont Athos de Grèce, pour la période allant de 1320 à 1335, on découvre dans le monastère serbe de Chilandar la plus dense concentration d’actes de la pratique jamais relevée pour aucun monastère byzantin, soit 82 documents rédigés en seulement 16 années. La période à Byzance est pourtant sombre : guerre civile entre les empereurs Andronic II et Andronic III, instabilité chronique et menaçante des États balkaniques, ombre ottomane déjà prête à s’étendre en Europe, autant d’éléments qui laissent augurer des difficultés auxquelles l’Empire byzantin fera face dans le dernier siècle de son histoire. Ces sources disent au contraire l’insolente santé économique d’un cloître qui multiplie de façon systématique les investissements – à l’Athos, en Macédoine, en Serbie –, qui étoffe son patrimoine à la campagne comme en ville – à Thessalonique, à Serrès, voire à Constantinople –, qui fait office de banque de prêt ou de dépôt, qui fournit des cadres à la diplomatie du royaume serbe et des dignitaires à son Église. Des figures de moines gestionnaires émergent, mobiles et ambitieux, au point que l’on peine parfois à démêler les initiatives personnelles de la bonne gestion collective. Le XIVe siècle offre un tournant majeur dans l’histoire byzantine et dans celle du Sud-Est européen au sens large. En miroir de cette histoire, la documentation si variée du monastère de Chilandar (actes d’empereurs, d’impératrice, de despote, d’évêque, des autorités centrales de l’Athos, de fonctionnaires, d’higoumènes ou de moines, et autres actes privés) jette une lumière auxiliaire sur la nature des changements en cours, sur le poids gagné par la Serbie face à Byzance, et montre comment économie et politique vont de concert sur les chemins qui mènent au Mont Athos.



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