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Séance du 2 juillet 2021

– Communication de M. Jean-Luc Fournet, professeur au Collège de France, sous le patronage de Mme Cécile MORRISSON et M. Jean-Pierre SODINI : « Les inscriptions amphoriques protobyzantines (IVe-VIIe s.) : une source écrite méconnue »

Résumé : Parmi les documentations écrites livrées par l’archéologie, il en est une qui a souffert d’une longue indifférence : les notations apposées sur les amphores, communément appelées tituli picti ou dipinti. Contrairement aux tituli picti latins du Haut-Empire étudiés dès le XIXe siècle, ceux, écrits en grec, sur les amphores protobyzantines de la Méditerranée orientale, notamment des Late Roman Amphora 1 fabriquées principalement en Cilicie et à Chypre, étaient restés jusqu’à récemment indéchiffrés. Écrits dans des cursives stylisées au point d’en être illisibles et selon un système qui restait à être décodé, ils n’ont pas attiré l’attention des céramologues qui n’étaient pas armés pour les déchiffrer, ni celle des épigraphistes ou papyrologues, qui étaient rebutés par les difficultés de lecture qu’elles posent et par leur caractère a priori rébarbatif. L’étude du matériel issu de diverses fouilles égyptiennes (Kellia, Alexandrie, Antinoopolis, Saqqara, etc.) ou grecques (Thessalonique) m’a permis de faire avancer la question en proposant un premier déchiffrement de ces inscriptions et une interprétation globale de ces dipinti.

Si des progrès restent encore à faire, cette documentation se révèle d’ores et déjà d’un insigne intérêt non seulement pour l’histoire du commerce, mais aussi dans une multitude de domaines : la toponymie, avec les noms de lieux de production livrés par certaines de ces notations ; la lexicographie, pour autant que ces dipinti livrent des mots techniques jusqu’ici inconnus ou mal connus ; et la paléographie puisque ces notations comptent parmi les seuls témoignages de l’écriture cursive, non épigraphique, pour nombre de régions de l’Orient protobyzantin.

Mots-clés : tituli picti, dipinti, inscriptions amphoriques, Antiquité tardive, grec

Abstract : Among the written documents provided by archaeology, there is one that has suffered from a long period of indifference : the notations written on amphorae, the so-called tituli picti or dipinti. Contrary to the Latin tituli picti from the Early Empire studied since the 19th century, those written in Greek on the protobyzantine amphorae from the Eastern Mediterranean world, notably the Late Roman Amphora 1 manufactured mainly in Cilicia and Cyprus, had remained undeciphered until recently. Written in cursive script stylized to the point of being illegible and according to a system that had yet to be decoded, they did not attract the attention of ceramologists who were not equipped to decipher them, nor that of epigraphists or papyrologists, who were put off by the difficulties of reading them and by their a priori daunting character. The study of dipinti from various Egyptian (Kellia, Alexandria, Antinoopolis, Saqqara, etc.) and Greek (Thessaloniki) excavations has allowed me to advance the question by proposing a first deciphering of these inscriptions and a global interpretation of them.

If progress is still to be made, this documentation is already proving to be of great interest not only for the history of trade, but also in a multitude of fields : toponymy, with the names of production domains given by some of these notations ; lexicography, insofar as these dipinti contain technical words hitherto unknown or poorly known ; and paleography, since these notations are among the only testimonies of cursive writing, not epigraphic, for many regions of the protobyzantine East.

Keywords : tituli picti, dipinti, amphora inscriptions, Late Antiquity, Greek



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