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Séance du 29 janvier 2021

– Note d’information de M. Jean-Michel Mouton, correspondant de l’AIBL : « Nouveau témoignage sur l’expédition de Renaud de Châtillon en mer Rouge en 1183 ».

– Communication de M. Miroslavo Salvini, chercheur à l’Istituto di Studi sul Mediterraneo antico (CNR), sous le patronage de M. Jean-Pierre MAHÉ et Jean-Marie DURAND : « Découvertes épigraphiques en Turquie, en Iran et en Arménie, pour la constitution du corpus des inscriptions du royaume d’Ourartou (IXe-VIIe s. av. J.-C.) ».

Résumé : Le plateau arménien, divisé entre la Turquie, l’Arménie et l’Iran, entre dans l’histoire au IXe siècle av. J.-C. grâce aux sources cunéiformes assyriennes, sous le nom de Pays d’Urartu, la Terre d’Ararat de la Bible. Ses souverains l’appelaient Pays de Biainili.
L’écriture cunéiforme, empruntée à l’Assyrie, fut utilisée pour la langue locale pendant près de deux siècles. Le premier recueil de textes est dû au pionnier Friedrich Eduard Schulz. Envoyé en Turquie Asiatique par le Ministère des Affaires étrangères en 1827 sur les traces de Moïse de Chorène , il découvrit et copia quarante-deux inscriptions sur pierre, à Van, qui constituent le plus grand lot de textes cunéiformes connu en Europe, avant les découvertes de Botta à Khorsabad.
Le résultat de ses recherches fut publié posthume dans le Journal Asiatique en 1840. L’écriture et la langue des textes de Van resta longtemps inconnue et l’interprétation en est encore inachevée.
Dépuis lors, les découvertes ont progressé et plusieurs recueils ont été publiés avec des essais de traduction en anglais (Sayce 1882), en allemand (Lehmann-Haupt 1928-35, König 1955-57 ), en russe (Melikišvili 1960, Harutjunjan 2000) et en italien (Salvini 2008-2018).
Ce nouveau corpus, publié en cinq volumes, est fondé sur une reconnaissance de toutes les inscriptions dispersées dans les trois nations qui se partagent l’ancien territoire de l’Urartu. Cette étude, menée sur des terrains de montagne et dans les musées locaux a donné lieu à de nouvelles découvertes qui contribuent à la reconstrution de l’étendue géographique et de l’histoire de ce puissant état, rival de l’Assyrie. Un premier dictionnaire et un abrégé de grammaire sont destinés à faire avancer l’interprétation de la langue.
La documentation est constituée essentiellement d’inscriptions royales rupestres, de stèles commémoratives et de pierres de fondation. L’archéologie a livré des objets inscrits en bronze, ainsi que des documents administratifs en argile (tablettes, bulles, pithoi), incrits parfois en une écriture linéaire originale.


Mots-clés : Urartu, cunéiforme, Arménie, Iran, Turquie.

Abstract : The Armenian plateau, divided between Turkey, Armenia and Iran, enters history in the ninth century BC thanks to Assyrian cuneiform sources, under the name of « land of Urartu », the Biblical « Land of Ararat ». Its rulers called it « Biainili ».

The cuneiform script, borrowed from Assyria, was used for the local language during almost two centuries. The first collection of texts is due to the pioneer Friedrich Eduard Schulz. Sent to Eastern Turkey by the french Ministry of Foreign Affairs in 1827 in the footsteps of Moses of Chorene, he discovered and copied forty-two inscriptions on stone, at Van.
The results of his research were published in the Journal Asiatique in 1840. It was the largest amount of cuneiform texts known in Europe before the Botta’s discoveries in Khorsabad. The writing and the language of Van’s texts remained unknown for a long time and their interpretation is still incomplete.
Since then the discoveries have progressed and several collections have been published with attempts of translation in English (Sayce 1882), in German (Lehmann-Haupt 1928-35, König 1955-57), in Russian (Melikišvili 1960, Harutjunjan 2000) and in Italian (Salvini 2008-2018).
This new corpus, published in five volumes, is based on a systematic recognition of all known inscriptions scattered across the three nations that share the former territory of Urartu. These studies, carried out in mountainous terrain and in local museums, have provided a number of new discoveries which help to reconstruct the geographical extent and the history of this former powerful rival to Assyria. A dictionary and a grammar are intended to improve the interpretation of the language.
The documentation consists mainly of royal rock inscriptions, commemorative stelae and foundation stones. Archaeological excavations have yielded official bronze weaponry as well as administrative clay documents (tablets, bullae, pithoi) with sometimes brief inscriptions in linear writing.

Keywords : Urartu, Cuneiform, Armenia, Iran, Turkey



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