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Séance du 9 avril 2021

– Communication de M. Dominique Poirel, directeur de recherche à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, sous le patronage d’Yves-Marie BERCÉ : « Les premiers commentaires latins au De memoria et reminiscentia d’Aristote : les leçons d’une triple édition princeps.

Résumé : Tandis qu’est sous presse l’édition critique que Julie Brumberg-Chaumont et moi préparons des trois premiers commentaires latins au De memoria et reminiscentia d’Aristote, issus d’Adam de Bockenfield et son cercle (Oxford, 2e tiers du XIIIe siècle), il a semblé utile d’exposer les problèmes de méthode apparus au cours du travail et la manière dont nous les avions résolus.

1) Partis pour éditer un commentaire bref, transmis par quelques manuscrits (celui d’Adam), nous avons peu à peu découvert qu’il fallait, pour l’éditer ou même l’identifier, mettre d’abord au jour le réseau touffu de gloses et de commentaires où il s’insère. La notion de « tradition exégétique » s’est alors imposée : chaque commentaire n’est qu’un maillon dont le sens ne se révèle qu’une fois la chaîne reconstituée. Ainsi le projet s’est-il élargi. Nous sommes passés d’une à trois éditions, chaque commentaire se réfractant par ailleurs en deux ou trois rédactions.
2) Ces trois éditions ont d’autre part soulevé des difficultés analogues : archétype corrompu ; rédaction hâtive, souvent allusive, à la limite du compréhensible ; lapsus probables de l’auteur ; négligences dans la façon de citer le texte d’Aristote ; alternance pour chaque commentaire entre des copies fidèles jusqu’à l’absurde et des remaniements intelligents mais suspects. Ces difficultés récurrentes d’une édition à l’autre éclairent le contexte scolaire, en partie oral, dans lequel les textes ont été produits, transmis, remployés, adaptés.
3) Le travail était mené par deux collègues de disciplines différentes : une philosophe et un philologue. D’emblée, nous avons voulu faire de cette collaboration une expérience scientifique et poser la question de méthode : comment se « négocie » la complémentarité des approches, comment se prend en pratique la décision ecdotique, quand chacun considère le texte à travers le prisme particulier de sa formation, de ses attentes, de ses exigences intellectuelles propres ? La réponse à cette question n’est sûrement pas celle que nous pensions au départ.



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