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Séance du 10 janvier 2020

– Note d’information deM. Philippe CONTAMINE, membre de l’AIBL : « Présentation de la collection L’homme et la guerre, fondée et dirigée par M. Jean BAECHLER, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, 15 vol., 2014-2019 ».

Résumé : Entre 2013 et 2018, sous l’impulsion et le contrôle de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques dans la section « Morale et sociologie », se sont déroulées des rencontres sur le thème de la guerre, à travers toutes les périodes, tous les espaces, toutes les dimensions. Ces rencontres ont débouché sur la publication, entre 2014 et 2019, de quinze ouvrages collectifs (environ 4500 pages) auxquels s’est ajouté un volume dû maître d’œuvre du projet. A vocation encyclopédique, cette impressionnante entreprise éditoriale réunit quelque 300 contributions dont près de la moitié relève de la compétence de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Sans surprise, on constate que seize de ses membres et correspondants ont apporté leur concours, parfois avec plusieurs textes.
 Dans le prolongement de la pensée de Carl von Clausewitz, pour lequel Jean Baechler ne cache pas son admiration, la guerre, différente de la violence, doit être comprise comme un phénomène politique. Il convient de partir de l’existence, à partir des temps néolithiques, de communautés organisées qualifiées – un emprunt au vocabulaire aristotélicien - de polities. Dès lors, depuis quelque 10 000 ans, ces communautés, implantées dans des territoires définis, ont cherché d’une part à faire régner à l’intérieur l’ordre et la justice, d’autre part, vis-à-vis de l’extérieur, à se protéger des polities rivales ou à les agresser. C’est à cause de cette seconde finalité que la guerre s’est déployée, même s’il a pu survenir aussi des guerres civiles. Un terme est ici proposé : celui de transpolitie. En Europe, après les temps féodaux marqués par la multiplicité des polities, la confrontation pendant six ou sept siècles d’États-nations beaucoup moins nombreux en est la manifestation exemplaire. En l’absence de procédure d’arbitrage supranational, seule la volonté d’équilibre entre les puissances pouvait, imparfaitement, limiter les conflits. Dans ce contexte concurrentiel, ce qu’on appelle la modernité a pu voir le jour, ce qu’elle n’aurait pu faire si le continent européen était devenu un empire.
 De même que la guerre a une date de naissance, de même il est loisible d’imaginer qu’elle aura une date de mort, dès lors que se mettra en place une politie planétaire, apte à imposer la négociation aux inévitables intérêts divergents qui surgiront en son sein. Des indices suggèrent qu’il ne s’agit pas là d’une pure utopie.

– Communication de M. Éric Bourdonneau, enseignant-chercher à l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), sous le patronage de M. Pierre-Sylvain FILLIOZAT : « De la fouille à la restauration. L’étude et la restauration de la statue du Nataraja de Koh Ker (Xe s.) ».

Résumé : Il est des images qui paraissent condenser davantage d’histoire que les autres. Ce ne sont pas toujours les plus connues, ni forcément celles qui traversent les siècles sans encombre, indifférentes au fracas de la vie des hommes. Ce sont souvent au contraire celles dont les stigmates disent le lourd tribut qu’elles ont dû payer à l’histoire.

La statue monumentale du Śiva Naṭarāja de Koh Ker est de ces images exceptionnelles. Haute de près de cinq mètres, elle fut érigée lors de la première moitié du Xe siècle, dans le grand temple royal du Prasat Thom fondé par le souverain Jayavarman IV (r. 921-941). Véritable image palladium de la royauté angkorienne, elle fut à la fin du siècle dernier la proie du pillage systématique qui s’est abattu sur le site de Koh Ker et qui explique aujourd’hui l’extrême fragmentation de la statue. La présente communication présentera les travaux menés depuis 2012 sur ce chef-d’œuvre de l’art angkorien, ainsi que les premières étapes d’un programme de restauration qui vise à ne pas laisser le « dernier mot » aux pilleurs.



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