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Séance du 28 février 2020

– Communication de M. Nicolas Michel, Professeur à Aix-Marseille Universitém sous le patronage de MM. Nicolas VATIN et François DÉROCHE : « Les oasis de l’Égypte pré-moderne. Une exception documentaire ».

Résumé : Les oasis égyptiennes du désert libyque ont été pendant une quarantaine d’années, jusqu’en 2015, un paradis pour les archéologues de la Préhistoire et de l’Antiquité. En revanche, la période islamique en est très mal connue, du fait de l’absence ou la rareté des sources ordinairement utilisées pour tracer l’histoire du dernier millénaire en Égypte : chroniques, récits de voyages et, pour l’époque ottomane, registres de tribunaux islamiques. Or, exceptionnelles par leur environnement naturel, ces oasis le sont aussi par la documentation écrite qu’elles abritent. A la différence de la vallée du Nil, où les archives privées sont quasiment inexistantes avant le XIXe siècle, les oasis de Dakhla et Kharga ont en effet livré récemment plusieurs ensembles d’archives familiales, dont les plus anciens documents remontent au XVe ou au XVIe siècle. Cette relative abondance de l’écrit dans des sociétés isolées du reste du pays fait penser aux désormais célèbres bibliothèques manuscrites du Sahara et du Sahel. Mais les oasis d’Égypte n’ont pas été un centre de production intellectuelle. L’examen de ces papiers incite plutôt à rechercher les causes de cette exception documentaire dans certaines spécificités essentielles du milieu oasien, notamment le régime de la propriété de l’eau et de la terre, ainsi, paradoxalement, que dans son intégration administrative et judiciaire au reste du pays.

Mots-clés : Oasis, Égypte, époque ottomane, archives privées, propriété de la terre et de l’eau.


Abstract : Until 2015 and for forty years, the Western Desert Oases of Egypt have been a paradise for archaeologists specialized in Prehistory and Antiquity. Yet the Islamic period remains poorly studied for lack or scarcity of sources commonly used to study Mediaeval and Early Modern Egypt, such as chronicles, travelogues, or Ottoman Islamic court records. Nevertheless, the Oases are as remarkable for their environment as for the written documentation they shelter. In contrast to the Nile Valley, where private archives prior to the 19th century are almost nonexistent, the Oases of Dakhla and Kharga have recently provided a few sets of family archives which oldest documents date back to the 15th or 16th century. These relatively abundant written documents amidst an isolated society remind us of the famous Saharan and Sahelian manuscript libraries. However, Dakhla and Kharga were not a centre of intellectual production. By scrutinising the content of these papers, my communication aims at explaining this documentary exception by some key features of the oasian milieu, such as the land and water ownership regime as well as, paradoxically, by the administrative and judicial integration of the Oases to Egypt as a whole.

Keywords :Oases, Egypt, Ottoman period, private archives, land and water status.




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