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Séance du 7 juin 2019

– Communication de M. Hervé Duchêne, Professeur d’histoire ancienne à l’Université de Bourgogne, sous le patronage de M. Henri LAVAGNE : « Une autre éducation sentimentale. A propos d’une correspondance inédite entre Salomon Reinach et Blanche Lee Childe ».

Résumé : Tout en réservant à la bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence les courriers reçus au cours de sa carrière de savant, Salomon REINACH (1858-AIBL 1896-1932) a distingué ceux qu’il a échangés avec Blanche Lee Childe (1837-1886). Cette correspondance croisée, qui compte près de cinq cents pièces, a été léguée par le conservateur du musée de Saint-Germain-en-Laye à la bibliothèque Nationale. Frappées d’une interdiction de communication avant l’an 2000, ces archives n’ont été mises à la disposition des lecteurs que depuis peu.
Le début de cette relation épistolaire commence à la fin du mois de novembre 1883, alors que Reinach entreprend des fouilles à Carthage et que le couple Lee Childe voyage en Tunisie. Elle est interrompue en février 1886 par la mort de Blanche, frappée par la tuberculose. Ces lettres inédites offrent un témoignage original sur une aventure archéologique conduite au début du protectorat français. Elles offrent surtout le récit d’une passion impossible entre un jeune homme de 25 ans et une femme de 47, fille du sculpteur Henry de Triqueti, épouse d’Edward Lee Childe, parent du général sudiste.
Blanche tient salon à Paris dans son hôtel de la rue François Ier, ou reçoit dans son château du Perthuis, dans le Loiret. Elle a pour amies Adèle de Rotshchild ou Alice Heine, duchesse de Richelieu. Elle inspire des intellectuels, de Gustave SCHLUMBERGER (1844-AIBL 1884-1929) à Pierre Loti. C’est tout un milieu littéraire et artistique qui revit.
Cette correspondance, sur laquelle flotte parfois un air de vaudeville, ne marque ni le triomphe ni la défaite du libertinage. Cette passion donne l’occasion à Reinach de développer une métaphysique du cœur, qui ne cesse de le hanter depuis son entrée à l’École normale et à laquelle sa « chère amie d’Afrique » fit bon accueil. Il s’agit de célébrer — et de vivre — un idéal amoureux de beauté et de pureté.

Mots-clés  : Blanche Lee Childe, Tunisie antique, correspondance amoureuse, salons parisiens.

Abstract : While reserving to the « Bibliothèque Méjanes » (Aix-en-Provence) the letters received during his career, Salomon REINACH (1858-AIBL 1896-1932) distinguished those he exchanged with Blanche Lee Childe (1837-1886). This cross-correspondence, which counts nearly five hundred pieces, was bequeathed by the curator of the Museum of Saint-Germain-en-Laye to the « Bibliothèque Nationale de France ». Struck by a ban on communication before the year 2000, these archives have only recently been made available to readers.
The beginning of this epistolary relationship began at the end of November 1883, when Reinach undertook excavations in Carthage and The Lee Childe traveled to Tunisia. She was interrupted in February 1886 by the death of Blanche. These unpublished letters offer an original testimony on an archaeological adventure conducted at the beginning of the French protectorate. They offer the story of an impossible passion between a young man of 25 years and a woman of 47, daughter of the sculptor Henry de Triqueti, wife of Edward Lee Childe, parent of the southern general.
Blanche holds a salon in Paris in her hotel in the rue François-I, or receives in her castle of Perthuis, in the Loiret. Her friends are Adèle de Rotshchild or Alice Heine, Duchess of Richelieu. She inspires intellectuals, from Gustave SCHLUMBERGER (1844-AIBL 1884-1929) to Pierre Loti. It’s a whole literary and artistic milieu that lives again.
This correspondence, on which sometimes floats an air of vaudeville, marks neither the triumph nor the defeat of libertinage. This passion gives Reinach the opportunity to develop a metaphysics of the heart, which has not ceased to haunt him since his entry into the École normale and which his « dear friend of Africa » welcomed. It is about celebrating - and living - an ideal lover of beauty and purity.



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