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Séance du 28 juin 2019

– Communication de M. Max Engammare, chercheur au FNS retraité, directeur des éditions Droz, sous le patronage de M. Marc FUMAROLI : « Les derniers vers d’un grand poète humaniste devenu pasteur calviniste. Manuscrit retrouvé des ultimes poèmes latins de Théodore de Bèze, d’Henri IV à Lucrèce (1599-1605) ».

Résumé : De la première édition de ses Poemata de 1548 (Paris, Conrad Badius chez Robert Estienne) à la dernière édition des Poemata varia de 1597-1598 (Genève, Henri II Estienne, puis Jacob Stoer), Théodore de Bèze (1519-1605), le successeur de Jean Calvin à la tête de l’Église réformée de Genève, est resté un poète néo-latin, l’un des meilleurs de ce siècle de vers et de larmes. En 1599, son ami Jacques Lect ajouta quelques pièces nouvelles à une petite édition in-octavo, mais le poète avait gardé un exemplaire personnel de l’édition in-quarto qui offrait des marges généreuses. Véritable poète, il continua de 1599 à 1605, à corriger tous ses textes, à chercher le mot approprié, l’expression adéquate, le son juste. Il ajouta aussi des pièces nouvelles, six pages de poèmes latins, deux mêmes écrits et réécrits. Les plus remarquables concernent son adversaire exégétique Juan Maldonado (Jean Maldonat), son oncle abbé auquel il repensa dans sa vieillesse, mais surtout des vers en l’honneur d’Henri IV, rencontré, quarante ans après leur première entrevue, en décembre 1600 à L’Eluiset, juste avant la Paix de Lyon (1601). Enfin, d’une manière singulière, mais non étonnante, Théodore de Bèze acheva son œuvre poétique avec un quatrain français traduit du début du Suave mari magno de Lucrèce. On peut même dater plus précisément ces derniers vers en les resituant dans le contexte genevois. Nous lirons le manuscrit difficile pour établir le texte des poèmes inconnus les plus importants et les traduire. Bèze était resté jusqu’à la fin de sa vie un poète humaniste qui mettait en vers ses conflits et ses joies, mêlant vers sacrés et vers profanes.

Abstract : From the first edition of his Poemata of 1548 (Paris, Conrad Badius by Robert Estienne) to the last edition of the Poemata varia of 1597-1598 (Geneva, Henri II Estienne, then Jacob Stoer), Théodore de Bèze (1519-1605), Jean Calvin’s successor at the head of the Reformed Church in Geneva, remained a neo-Latin poet, one of the best of this century of verses and tears. In 1599, his friend Jacques Lect added some new pieces to a small octavo edition, but the poet had kept a personal copy of the quarto edition that offered generous margins. As a true poet, Bèze continued from 1599 to 1605 to correct all his poems, searching for the appropriate word, the right expression, the proper sound. He also added new pieces, six pages of Latin poems, two of which were written and rewritten. The most remarkable concern his exegetical opponent Juan Maldonado (Jean Maldonat), his abbot uncle whom he thought about in his old age, but above all verses in honour of Henry IV, whom he met forty years after their first interview, in December 1600 at L’Eluiset, just before the Peace of Lyon (1601). Finally, in a singular but not surprising way, Theodore de Bèze finished his poetic work with a French quatrain translated from the beginning of Lucretius’s Suave mari magno. We can even date the latter more precisely by placing it in the Geneva context. We will read the difficult manuscript to establish the text of the most important unknown poems and translate them. Bèze had remained a humanist poet until the end of his life, who put his conflicts and joys into verses, mixing sacred and profane verses.



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