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Séance du 16 février 2018

Communication de Mme Valérie Matoïan, directeur de la mission syro-française de Ras Shamra-Ougarit (Syrie), sous le patronage de M. Nicolas GRIMAL : « Nouvelles données sur les monuments de l’Acropole de Ras Shamra-Ougarit (Syrie) ».

Résumé : Créée en 1929 sous les auspices de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, avec le soutien du conseil des Musées nationaux et du ministère de l’Instruction publique, la mission archéologique de Ras Shamra-Ougarit poursuit ses activités dans un contexte fortement modifié depuis le printemps 2011. Le travail continue, grâce au soutien constant du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et à celui d’autres institutions, au travers de financements et de partenariats.
Réorienter les activités de l’équipe française, sans accès au terrain, a été une priorité. Les opérations scientifiques alternatives développées en France concernent pour l’essentiel les études scientifiques du matériel et portent, d’une part, sur la documentation issue des fouilles récentes, et, d’autre part, sur les résultats de l’exploration ancienne des sites de Ras Shamra et de Minet el-Beida, conduite sous la direction de Claude Schaeffer. Ce second volet vise à pallier le manque de publication détaillée pour nombre de secteurs anciennement dégagés. Il repose sur l’exploitation des archives de fouille qui sont conservées au Collège de France et sur les résultats d’étude de terrain, réalisées à partir des années 1980.
Les objectifs sont, in fine, la publication de l’ensemble de la documentation inédite corrélée à la contextualisation des découvertes, afin d’essayer de répondre au mieux aux enjeux de la recherche dans le domaine des études ougaritiques. Des opérations de longue haleine, souvent collectives sont en cours, parmi lesquelles deux programmes d’envergure portant 1/ sur l’étude du fait religieux à Ougarit et, 2/ sur l’analyse de la géographie sociale et urbaine de l’agglomération du Bronze récent.
La présente communication portera sur les résultats et les perspectives d’une recherche portant sur la région nord-est du tell connue sous le nom d’Acropole, secteur dégagé au cours des premières campagnes de fouille. Dans cette partie la plus élevée de l’antique Ougarit étaient implantés les deux grands temples de la cité et des quartiers d’habitations. C’est là que furent retrouvés les vestiges du bâtiment bien connu sous le nom de « maison du Grand-Prêtre », célèbre pour les découvertes épigraphiques exceptionnelles qui y furent faites et qui révélèrent la littérature ougaritique dès le début des années 1930.
Cette recherche s’inscrit dans la prolongation de deux opérations. La première est la publication, il y a 7 ans, de l’ouvrage d’Olivier Callot sur Les sanctuaires de l’Acropole de Ras Shamra (RSO XIX, 2011). Près de 80 ans après le dégagement de ces deux monuments, il en fournit, enfin, une étude architecturale détaillée accompagnée de propositions de restitutions très stimulantes. La seconde est une opération de terrain réalisée en 2010 dans le secteur du Temple de Dagan, qui a conduit à l’identification des vestiges d’un monument antérieur à ce dernier , possiblement de la fin du IIIe millénaire av. J.-C.
Le « terrain de l’enquête » est celui de fouilles anciennes, pour lesquelles la documentation archivistique disponible se révèle partielle mais aussi incomplète. L’analyse critique de cette documentation est aujourd’hui nécessaire dans la mesure où le secteur de l’Acropole n’a fait l’objet que de brèves descriptions dans les rapports préliminaires de fouille et dans les synthèses publiées ultérieurement, à l’exception de l’ouvrage d’O. Callot susmentionné et de plusieurs trouvailles exceptionnelles qui semblent avoir « monopolisé » l’attention des savants, au détriment d’autres découvertes et d’une étude approfondie des contextes. Ces trouvailles remarquables sont les tablettes et les monuments inscrits retrouvés dans la maison du Grand-Prêtre, ainsi que dans les sanctuaires et à leurs abords.
Le manque d’une publication d’ensemble détaillée par les fouilleurs a été souvent souligné. L’exposé a donc pour objectif de présenter les principaux résultats nouveaux acquis à ce jour, résultats qui concernent pour l’essentiel les objets, inscrits et anépigraphes. Trois contextes seront plus spécifiquement étudiés : celui des deux demeures implantées à l’est du Temple de Dagan (dont la « Maison du Grand-Prêtre »), celui du Temple de Baal et, enfin, celui localisé au sud du Temple de Dagan d’où proviennent plusieurs monuments égyptiens datés de la première moitié du IIe millénaire av. J.-C.



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