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Séance du 4 novembre 2016



Note d’information de Mme Giulia Boetto, sous le patronage de M. Pierre GROS : « Recherches d’archéologie navale en Croatie ».



Résumé : Depuis 2007, l’équipe d’archéologie navale du Centre Camille Jullian-UMR 7299 est engagée dans des recherches archéologiques sous-marines et subaquatiques en Croatie pour l’étude des traditions de construction navale d’époque antique en Adriatique orientale et en Europe Sud-orientale.
Les nombreuses missions de terrain réalisées jusqu’à maintenant ont reçu le soutien du Ministère des affaires étrangères et du développement international, mais aussi de l’Institut national des Sciences Humaines et Sociales du CNRS et du Centre Camille Jullian. Toutes ces recherches sont réalisées au sein de programmes locaux appuyés par le Ministère de la Culture de la république de Croatie, en étroite collaboration avec nos collègues croates de l’Université de Zadar, du Musée archéologique d’Istrie et de l’Institut de conservation croate. Dans cette note d’information nous présenterons les principales données issues de l’étude des épaves fouillées dans le cadre de ces programmes de recherche. Ces études permettent d’ores et déjà de renouveler nos connaissances sur les traditions de construction navale d’époque préromaine et, notamment, romaine de cet espace géographique.
C’est grâce à l’épave de Zambratija (Istrie), que nous avons pu étudier le plus ancien exemple connu en Méditerranée d’un bateau entièrement cousu (dernier quart du XIIe - dernier quart du Xe siècle av. J.-C.) apportant la preuve archéologique du développement local d’une tradition de bateaux assemblés par ligatures. A Caska (île de Pag) et à Pula nous avons pu suivre les développements à l’époque romaine impériale de cette tradition de construction navale locale et observer la coexistence des deux techniques d’assemblage du bordé, par ligatures et par « tenons et mortaises ». Par ailleurs, cette dernière technique est à cette époque largement employée en Adriatique orientale et le sera jusqu’à l’Antiquité tardive (épave de Pakoštane).
Enfin, à côté des embarcations maritimes, nos recherches nous ont amenés à nous intéresser aux traditions de construction navale en milieu fluviale en Croatie continentale (épave de Kamensko). Cette zone géographique, sous exploitée du point de vue de la recherche, est particulièrement intéressante en raison de sa position à la croisée de plusieurs traditions navales maritimes et continentales. Aussi l’étude des épaves fluviales est-elle très importante pour comprendre le développement de la tradition autochtone de bateaux cousus et sa relation avec d’autres techniques comme celle qui utilise des agrafes métalliques pour garantir l’étanchéité de la coque.

Mots-clés : Adriatique, Archéologie navale, Croatie, Navire, Navigation



Communication de M. John Rogister, correspondant étranger de l’Académie des Sciences morales et politiques, : « Le sacre de Louis XIV. A propos d’une nouvelle image »

Résumé : Lorsque les préparatifs furent mis en train pour le sacre à Reims du jeune Louis XV en 1722, ceux qui organisaient la cérémonie prirent naturellement comme point de départ le sacre de son prédécesseur Louis XIV, qui avait eu lieu soixante-huit-ans auparavant. Mais le seul témoignage visuel de ce sacre se réduisait a trois belles gravures de Jean Le Pautre représentant trois moments importants de la cérémonie dans le chœur de la cathédrale : les personnages a leurs places, attendant l’arrivée de la Sainte-Ampoule, dont l’ huile servirait à faire du roi l’oint du Seigneur, le couronnement , et sa proclamation, au milieu des acclamations, du haut du jubé. Le chevalier d’Avice , maître a dessin de Louis XIV avait fourni les dessins pour deux des scènes représentées, et surtout une clé des personnages présents, reproduite sur chacune des gravures. C’était peu de chose, mais alors le sacre de 1654 avait eu lieu dans des circonstances dramatiques de la fin précaire d’une révolte, de querelles au sein même de la famille royale, et d’une invasion étrangère. La découverte récente, dans un château du Yorkshire, d’un grand portrait du sacre de Louis XIV (mesurant 92 pouces sur 82, donc 2m44 sur 2m08) complète notre connaissance du sacre en y ajoutant de la couleur et en nous permettant de mieux discerner les détails de la scène du couronnement de Louis XIV. Malheureusement, dans l’état de nos connaissances actuelles, nous ne pouvons que nous livrer à des hypothèses concernant l’identité du peintre qui a fait cette toile, ainsi que le nom de celui, ou de ceux pour qui l’artiste avait entrepris ce travail. Cette découverte nous donne l’occasion de revenir sur la question du symbolisme du sacre, ainsi que sur la disposition et la décoration de la cathédrale pour cette cérémonie.

Mots clés : Sacre ; Louis XIV (1638-1715) ; Cathédrale ; Couronnement ; Peinture



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