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Séance du 1er juillet


Note d’information de Mme Frédérique Brunet, sous le patronage de Mme Véronique SCHILTZ : « Du Néolithique au Bronze en Asie centrale (VIIe-IIIe millénaires) : émergence de sociétés complexes et interactions oasis/steppe, dans un contexte de « mondialisation » ».


Résumé
La « Mission Archéologique Française en Asie Centrale » (MAFAC, MAEDI-CNRS) mène un programme de recherche pluridisciplinaire sur la période dite de néolithisation (VIIe-IIIe millénaires), qui voit l’émergence de sociétés nomades et sédentaires, dans un contexte de « mondialisation ». Cette transformation de communautés de chasseurs-cueilleurs se traduit par plusieurs innovations : domestication des ressources, art monumental, urbanisation, spécialisation artisanale, relations à grande distance… La vallée du Zeravshan, depuis sa source dans les piémonts au Tadjikistan jusqu’à ses méandres anciens, dans les sables actuels du Kyzyl-Koum en Ouzbékistan, permet d’étudier dans la longue durée la genèse de sociétés pastorales ou agricoles majeures, selon des processus originaux, loin des grands foyers (Proche-Orient, Chine, Indus) : depuis le Néolithique de Kel’teminar (VIIe-IVe millénaires) jusqu’aux civilisations du Bronze (oasis/steppes, IVe-IIIe millénaires) via une période charnière et encore mal connue, le Chalcolithique. Il s’agit de comprendre l’évolution de ces premières sociétés complexes, au sein d’écosystèmes fragiles, et les variations climatiques (optimum climatique, aridification) associées, mais également la fonction d’établissements « multiculturels » qui apparaissent à cette époque dans la vallée du Zeravshan. La mission, en collaboration avec l’Académie des Sciences d’Ouzbékistan et du Tadjikistan, conduit des prospections systématiques, qui ont déjà permis la découverte de plusieurs centaines de sites, ainsi que la fouille et l’étude de deux sites-clés : Ajakagytma en Ouzbékistan, un campement néolithique de longue durée et exceptionnellement préservé dans le désert (VIIe–Ve millénaires), et Sarazm au Tadjikistan, un centre proto-urbain chalcolithique (Ve–IIIe millénaires), intégré dans des relations « internationales » de large envergure à l’aube de la civilisation de l’Oxus, au Bronze. En 2016, un nouveau programme quadriennal de recherche sur la caractérisation du Chalcolithique sera élaboré, tout en poursuivant les études et publications, la restauration des sites et des antiquités, et la formation de jeunes chercheurs locaux.

Mots-clés
Asie centrale ; Chalcolithique ;Kel’teminar ; Sarazm ; Nomades/sédentaires



Communication de M. Thomas Corsten, sous le patronage de M. Denis KNOEPFLER : « Inscriptions de Daskyleion dans les carnets de Louis Robert ».




Résumé
La petite ville de Daskyleion en Mysie (Turquie) était presque inconnue jusqu’au milieu du siècle précédente, quand Ekrem Akurgal, éminent archéologue turc, y commença des fouilles. Lors de ces travaux plusieurs inscriptions grecques furent trouvées dont une est d’un intérêt particulier. Elle fut copiée par Louis Robert à qui était confié la publication des trouvailles épigraphiques, mais jamais publiée. Sa transcription ainsi que des estampages se trouvent aujourd’hui au Fonds Louis Robert à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, où j’ai eu l’occasion de les étudier. L’inscription consiste en un intitulé et une longue liste de noms des hommes qui probablement devenaient des citoyens de la grande ville voisine de Cyzique quand Daskyleion y fut incorporée. Cette liste de noms est d’un grand intérêt onomastique, car elle contient bon nombre de noms inconnus jusqu’à maintenant ou assez rares. En plus, quelques-uns d’eux portent témoignage des relations qui la ville de Daskyleion entretenait avec d’autres villes grecques, mais aussi avec des regions comme la Thrace ou la Bithynie. En vue de la date de l’absorption de Daskyleion par Cyzique, qui est toujours inconnue, l’inscription peut probablement donner quelques renseignements. Car la liste de noms contient quelques anthroponymes romains ce qui n’est pas envisageable avant le 1er siècle av. J.-C., auquel correspond aussi l’écriture du texte. Pourtant, la partie qui contient ces noms romains est apparemment une “tardive addition”, comme L. Robert l’a déjà observé. Et comme on a l’impression que la partie principale ne puisse pas être beaucoup plus ancienne, on peut suggérer une date au 2ème siècle av. J.-C. pour l’incorporation de Daskyleion dans Cyzique.

Mots-clés
Daskyleion, Cyzique, Romains, onomastique, épigraphie.



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