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Séance du 15 avril



Note d’information de Emanuele Arioli : « Ségurant ou le Chevalier au Dragon : un roman arthurien retrouvé ».




« Ségurant ou le Chevalier au Dragon : un roman arthurien retrouvé » from Académie des Inscriptions on Vimeo.

Résumé
Ségurant ou le Chevalier au Dragon est le titre que nous attribuons à un grand ensemble romanesque médiéval qui est demeuré jusqu’à nos jours inédit. Dispersé sous forme de tronçons isolés dans une tradition manuscrite abondante, il était inconnu en tant que texte autonome et unifié. Ces tronçons, qui foisonnent dans des compilations et des sommes romanesques, racontent essentiellement les aventures de Ségurant le Brun, nouveau héros de la lignée des Brun, qui brille par ses exploits chevaleresques à la cour du roi Arthur puis se lance à la poursuite d’un dragon. En remarquant leur cohérence et leur continuité, nous en avons déduit qu’ils faisaient partie d’une œuvre enfouie, centrée sur l’histoire de ce personnage, que nous avons cherché à exhumer. Nous avons formé l’hypothèse que ces textes dérivent d’un roman arthurien en langue française, écrit sans doute en Italie du Nord, peut-être dans les environs de Venise. Cette œuvre, datant probablement entre 1240 et 1279, serait postérieure aux premiers grands romans arthuriens en prose qui virent le jour entre 1190 et 1240 : le Petit Cycle de Robert de Boron, le Cycle Vulgate, le Tristan en prose, le Cycle Post-Vulgate, le Perlesvaus, Guiron le Courtois. L’œuvre primitive ne subsiste aujourd’hui qu’à l’état lacunaire dans des manuscrits postérieurs. Du XIIIe siècle au XVIe siècle, plusieurs copistes en ont réécrit ou complété les intrigues à partir des bribes dont ils disposaient. La dispersion du roman primitif et la stratification de ses réécritures nous ont légué une multitude d’épisodes et de fragments que nous avons essayé de réunir en parcourant les bibliothèques de toute l’Europe pour faire exister à nouveau cet ensemble romanesque éclaté et lui restituer la place qui a été la sienne dans l’histoire littéraire.

Mots-clefs
littérature arthurienne, Chevalier au Dragon, roman perdu, reconstitution, fragments


Communication de M. François Fossier, sous le patronage de MM. Marc FUMAROLI et Michel ZINK : « Leibnitz et l’Académie. La querelle de l’origine des Francs ».

Résumé
La découverte du « pilier des Nautes » (aujourd’hui au musée de Cluny) dans des fouilles pratiquées dans le chœur de Notre-Dame de Paris ne fut pas seulement celle d’un des plus vieux monuments lapidaires de la Gaule, mais son interprétation par Baudelot de Dairval, membre de l’Académie des inscriptions depuis 1705, suscita de nombreuses critiques dans sa thèse de l’origine celte des Gaulois. Les deux principales vinrent de son confrère Moreau de Mautour et surtout de Leibniz qui défendait celle d’une origine germanique dans une lettre demeurée inédite et conservée à la BNF. Le débat qui resurgit cinq ans plus tard avec Fréret, futur secrétaire perpétuel de l’Académie, inquiéta beaucoup la monarchie qui se voulait héritière de Rome et qui embastilla d’ailleurs Fréret.
Il s’agit donc ici de retracer la première étape de cette querelle qui agita les esprits pendant tout le Siècle des Lumières.



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