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Séance du 28 mars


Communication de Mme Geneviève Bresc-Bautier (directrice du département des Sculptures du musée du Louvre), sous le patronage de M. Jean-Pierre BABELON : « La constitution des collections de sculptures de la Renaissance au musée du Louvre, 1824-1972 ».






Communication de M. Jean-Louis Quantin (directeur d’études à l’EPHE IVe section) sous le patronage de M. Yves Marie BERCÉ : « Érudition gallicane et censure romaine : Le Traité des études de Mabillon devant le Saint-Office »


Jean Mabillon incarne les rapports complexes entre l’érudition gallicane et la censure romaine, puisqu’il fut à la fois censeur, censuré, autocensuré. Publié pour la première fois en 1691, son Traité des études monastiques eut un grand succès en Italie, où il contribua à diffuser le « modèle mauriste ». La seconde partie fut traduite en 1701 par l’augustin Nicola Girolamo Ceppi, sous le titre révélateur de La Scuola Mabillona […] ora aperta à tutti li Religiosi d’Italia. En octobre 1734, cette version italienne fut examinée par le Saint-Office qui, sur la base d’un rapport erroné, la condamna comme « mal et infidèlement traduite, et tronquée ». Un second censeur représenta ensuite que toutes les accusations portées contre la traduction s’appliquaient a fortiori à l’original : en janvier 1735, après en avoir référé directement au pape Clément XII, les cardinaux du Saint-Office lancèrent donc une censure contre le Traité des études monastiques lui-même. La procédure fut pourtant immédiatement interrompue, sans que les archives en donnent aucune explication. Des considérations politiques jouèrent certainement, au moment précis où la congrégation de Saint-Maur, sous l’étroit contrôle de la cour de France, négociait sa réconciliation avec la papauté pour sortir de la crise janséniste. Mais il faut aussi prendre en compte les fractures internes du milieu romain, où, contre les zelanti, certains défendaient une attitude plus ouverte vis-à-vis de la critique historique et, en général, de la culture d’au-delà des monts. Le futur cardinal Fortunato Tamburini – dans un mémoire mal daté jusqu’ici mais qui est certainement à rattacher à la censure de 1735 –, prit ainsi la défense du Traité des études monastiques, en justifiant en particulier Mabillon d’avoir cité, sur des questions d’érudition, des auteurs hérétiques.
Mots-clés : Mabillon, érudition gallicane, censure, Saint-Office, jansénisme
Keywords : Mabillon, Gallican scholarship, censorship, Holy Office, Jansenism



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