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Séance du 31 janvier 2014

Communications dans le cadre du colloque international « Tempus et tempestas » :

M. Jean Haudry, sous le patronage de M. Pierre-Sylvain FILLIOZAT : « Les origines de la conception indienne des âges du monde ».

Héritière de la tradition indo-européenne, l’Inde établit une homologie entre les divers cycles temporels. Comme le jour et l’année, le mois comporte une phase ascendante dite quinzaine claire et une phase descendante dite quinzaine sombre ; la lune noire correspond à la nuit quotidienne. Seule s’est éliminée la notion de « nuit annuelle » dont le Rgveda conserve la trace, sinon le souvenir, avec les douze jours de sommeil des Rbhavas chez Agohya « celui qui ne doit pas rester caché ». La notion de « cycle cosmique » apparaît tardivement dans les textes, mais deux parallèles connus plaident en faveur d’un héritage : le passage des Travaux d’Hésiode consacré aux « âges du monde » et la Vision de la Voyante eddique. Dans les trois cas, le cycle se réduit à sa partie descendante. Mais faisant écho au mythe du Politique de Platon, deux autres parallèles méconnus, l’un iranien, l’autre scandinave, se fondent également sur sa partie ascendante. Enfin, un passage du Mahābhārata, XII, 69, montre que le cycle cosmique n’est pas conçu comme une fatalité.

M. Dominic Goodall, sous le patronage de M. Pierre-Sylvain FILLIOZAT : « Quelques remarques sur les saisons dans la poésie sanscrite du Cambodge et de l’Inde ».

Le raffinement et la beauté des inscriptions du Cambodge sont célèbres et on pourrait s’attendre à y retrouver toutes les conventions de la poésie indienne. Mais on constate des absences surprenantes : certains mètres populaires, par exemple, ne sont employés nulle part dans la poésie sanskrite khmère. Dans cette intervention, il s’agira d’explorer certains topoi qui sont probablement liés aux particularités du climat ou du calendrier du nord de l’Inde et de voir si et à jusqu’à quel point ces conventions ont été adoptées par les poètes khmers. La notion, par exemple, selon laquelle l’automne est la saison des campagnes militaires le fut tôt, certainement sous l’influence du quatrième chapitre du Raghuvaṃśa, mais le froid et l’hiver, pourtant assez souvent évoqués dans la poésie tamoule, n’y figurent presque jamais. L’absence de certains sujets poétiques s’explique, en partie, par les différences de climat, mais en partie aussi par le choix des genres disponibles : au Cambodge, seule la poésie royale, avec ses préoccupations religieuses et martiales, a été conservée, hélas !

M. Pierre-Sylvain FILLIOZAT, membre de l’AIBL : « Le temps des brâhmanes ».

Toute vie religieuse implique l’observance d’un calendrier de pratiques. Il y a une vie rituelle pratiquée au foyer, une autre pratiquée dans un temple extérieur à la maison en commun avec d’autres fidèles. Toutes deux sont codifiées et proposent de riches calendriers. Le brâhmane lettré, expert en jyotiṣa, a son calendrier des rites et en est l’artisan. On citera le cas du brâhmane Nambudiri du Kerala qui, à son réveil chaque matin, pour fixer avec la plus grande exactitude l’horaire de sa journée, se fait un devoir de calculer la date sous la forme du nombre de jours depuis le début de l’âge Kali, la longitude des neuf « planètes » (graha), à partir de formules numériques appelées vākya, 248 pour la Lune. On présentera le calendrier des fêtes religieuses de l’année du temple viṣṇuite de la communauté Śrīvaiṣṇava, tel qu’il est attesté au XVIe siècle à Hampi-Vijayanagar. Notant que nombre de ces fêtes et de leurs caractéristiques sont encore célébrées de nos jours, on présentera le déroulement de plusieurs d’entre elles observées dans le temple de Śvetavarāha à Mysore dans le sud de l’Inde.



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