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Séance du 4 avril

Séance publique à 15h30, en grande salle des Séances


Communication de Mme Sylvie Lefèvre (professeur à l’Université Paris-Sorbonne), sous le patronage de M. Michel ZINK : « Manu propria. Les enjeux de l’autographe ».


Chaque livre médiéval est, par la force des choses, un autographe : celui de son ou de ses copistes. Mais lorsque l’escrivain peut être identifié non à un simple scripteur, mais à l’auteur même de l’œuvre, quelle explication en donner et quelles conséquences en tirer ? S’agit-il d’un bouleversement tel qu’on puisse le mettre en parallèle avec la promotion du peintre du Quattrocento, de la reconnaissance d’une habileté manuelle et d’un style particulier ou bien doit-on y voir l’extension du principe de civilité qui veut que l’on signe soi-même une lettre copiée par un secrétaire, en signe de respect et d’amour pour le destinataire ? Est-ce plutôt un moyen de se protéger de la corruption du texte, inévitable dans le phénomène de diffusion par la copie ? Mais comment un auteur pourrait-il envisager de produire tous ses livres à lui seul ? Doit-on imaginer qu’il se contentera d’en fournir un certain nombre de modèles, des exemplars sur lesquels s’appuiera la diffusion ultérieure ? Faut-il enfin mettre en avant des conditions économiques propres à certains auteurs, qui les auraient contraints à se faire copistes ? Et en quoi la reconnaissance d’autographes d’auteurs influe-t-elle ou non sur l’édition de leurs œuvres ? A-t-on avec un volume écrit ou corrigé par un auteur la version la plus autorisée ? Ces différents enjeux de l’autographie en français seront fondés sur l’étude d’écrivains comme Christine de Pizan, Antoine de La Sale, François Villon et Charles d’Orléans et illustrés par des exemples précis tirés de divers manuscrits. Mots-clés : Manuscrit, Moyen Age, Autographe, Copiste, Edition.

Every medieval book is by nature an autograph, that of its scribe(s). But when the writer can be identified not as a mere transcriber, but as the author of the work, what is the explanation and what are the consequences ? Is it a question of the same kind of sea-change as the promotion of the Quattrocento painter and the recognition of a manual dexterity and a particular style, or ought we regard it as the extension of the principal of etiquette that requires that one put his own signature to a letter written by a secretary, as a sign of respect and affection for the recipient ? Or is it a way of protecting against the corruption of the text, which is inevitable in a diffusion through manual copying ? But how can an author envisage producing all his books himself ? Should we imagine that he will be content to furnish a certain number of models, exemplars on which the entire diffusion will depend ? To what extent must we take into account the financial situation of certain authors, which obliges them to take on the role of scribe ? And how does the recognition of autograph manuscripts influence the edition of their works ? Is the volume written or corrected by an author the most authoritative version ? French autographs will be considered from these different points of view in a study of the works of Christine de Pizan, Antoine de La Sale, François Villon and Charles d’Orléans, illustrated with examples from their manuscripts.

All medieval books are autographs, by force : that is they are the product of one copist or more. When the escrivain is identified not with a mere scriptor but with the author himself, how can we explain that fact and which are the consequences ? Is it such a revolution that we must trace a parallel with the promotion of the Italian painter’s manual abiltiy from the Quattrocento, with the new


Communication de M. Mikhaïl Piotrovski (directeur du musée de l’Ermitage) sous le patronage de M. Christian ROBIN : « La fin de la civilisation himyarite. Une archéologie coranique »



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