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Séance du 15 novembre 2013

Communication de M. Jacques Paviot, sous le patronage de MM. Jean RICHARD et Philippe CONTAMINE : « Une histoire des croisades inédite du XIVe siècle. Le rouleau d’Arenberg ».






Communication de M. Pierre Gonneau, sous le patronage de M. Jean-Pierre MAHÉ : « La chronique enluminée (licevoj letopisnyj svod), somme historiographique et iconographique du temps d’Ivan le Terrible ».

Entre 1568 et 1576, Ivan le Terrible commande la copie de la Chronique enluminée (Licevoj letopisnyj svod). Combinant la tradition des histoires universelles et des annales russes, elle narre et illustre l’histoire du monde depuis la Création jusqu’au règne du premier tsar russe. Au total, le corpus conservé (incomplet) compte plus de 10.000 feuillets manuscrits, riches de 17.000 miniatures. Il est actuellement réparti en dix volumes, dans trois bibliothèques distinctes. Sept tomes évoquent l’histoire russe, depuis 1114 jusqu’en 1567. La partie la plus passionnante est celle, inachevée, qui décrit le règne d’Ivan le Terrible. Elle se retrouve dans le Tome Synodal qui couvre les années 1533-1567 et dans le Livre impérial qui se limite aux années 1533-1553. Les deux volumes se recoupent, mais seulement en partie. Le Tome Synodal reprenait fidèlement la narration de la Chronique de Nikon où les aléas de la vie de cour pendant la jeunesse d’Ivan étaient évoqués avec une certaine retenue. Mais de nombreux ajouts en cursive modifient le texte et l’on peut penser qu’ils ont été dictés par le tsar. Ces corrections sont prises en compte dans le Livre impérial, mais on observe des rajouts supplémentaires et les images n’ont pas été peintes. Le travail s’interrompt au deuxième semestre 1576. Les compilateurs ne sont pas parvenus à donner un récit satisfaisant du passé proche et leur stock de papier est épuisé. La Chronique enluminée constituait un fonds iconographique unique qui a servi pendant quelque temps de source d’inspiration aux copistes et aux enlumineurs de la Cour. Mais on cesse de l’utiliser après les années 1590, sans doute par une pudeur traditionnelle vis-à-vis des représentations du vivant. Pendant plus d’un siècle, l’imagerie officielle moscovite continuera de privilégier les peintures rétrospectives.

Ivan the Terrible’s illuminated Chronicle (1568-1576) : Studies and perspectives.
Between 1568 and 1576, Ivan the Terrible ordered a copy of the Illuminated Chronicle (Litsevoi letopisny svod). Combining the two traditions of so-called “universal” histories and the Russian annals, it offers a richly illustrated story of the world from Creation to the reign of the first Russian Tsar. The preserved (incomplete) texts comprise some 10.000 manuscript folios, with 17.000 miniatures. Ten volumes are kept in three different archival repositories. Seven volumes deal with Russian history, from 1114 to 1567. The most interesting part is the unfinished account of Ivan the Terrible’s reign in the Synodal Tom, which chronicles the period from 1533 through 1567, and in the Imperial Book, which chronicles the period from 1533 through 1553. Both volumes cover the same ground, but their texts differ. The Synodal Tom, which is based on the Nikonian Chronicle, offers a discrete account of the first turbulent years of Ivan’s reign, which is harshly corrected by a cursive hand in its margins. Some scholars think that Tsar Ivan himself dictated these corrections. The corrections are integrated into the text of the Imperial Book. One can see scribal notes on the pages and the outlines of the miniatures have not yet been colored. Work on the Illuminated Chronicle stopped during the second half of 1576. Evidently, the compilers could not compose a fully satisfying tale of the recent past and were running short of paper. The Illuminated Chronicle was a unique iconographic resource, which served for some time as a model, inspiring the copyists and the miniature-painters of the Russian Court. But after the 1590s, it was set aside, probably because Orthodox tradition forbids the representation of living subjects. For almost a century thereafter, Muscovite official iconography privileges archaic iconographic models.



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