Accueil du site > Séances et Manifestations > Les séances du vendredi > Séances 2013 > Mai 2013

Séance du 3 mai 2013


Communication de Mme Madeleine Scopello, correspondant de l’AIBL : « Le roman grec et latin et les textes de Nag Hammadi ».

Quelques auteurs gnostiques anonymes de langue grecque du IIe et du IIIe s. – dont les écrits ont été conservés sous une traduction copte datant du IVe s. à Nag Hammadi – ont présenté le mythe gnostique de Psyché (articulé en trois étapes : origines célestes et séparation de l’Intellect son fiancé, chute dans un corps et prostitution, retour aux origines et mariage spirituel) sous la forme d’un conte romanesque allégorique dont l’âme est l’héroïne. Il s’agit des auteurs de l’Interprétation sur l’âme (codex II, 6), de l’Enseignement d’autorité (codex VI, 3) et du traité intitulé Hypsiphrone dont seulement quelques fragments ont été conservés (codex XI, 4). On étudie dans cette communication l’influence que les romans grecs et latins ont pu exercer sur la composition de ces traités qui en reprennent la structure générale (séparation des fiancés, aventures et épreuves, retrouvailles des amoureux et mariage) tout en la modifiant pour mieux l’adapter au contenu du mythe gnostique. En effet, dans les contes gnostiques, l’âme, avant son rachat par l’époux céleste, subit l’épreuve de la prostitution tandis que les diverses héroïnes des romans grecs et latins conservent leur virginité en toute situation. L’on s’attachera également à montrer l’approche originale des auteurs de ces traités de Nag Hammadi qui ont eu recours à la culture littéraire de leur temps, dans un but de diffusion de la doctrine de la gnose en dehors des cercles des adeptes.
Mots clefs : gnose, Nag Hammadi, roman grec et latin, mythe de l’âme

Latin and Greek Novels and the Nag Hammadi Texts
Some anonymous Gnostic authors of the 2nd and 3rd centuries – whose original Greek writings, now lost, have been kept in a Coptic translation made in the 4th century, in the Nag Hammadi Library – have counted the Gnostic myth of the Soul in a romanesque mode. This myth recounts the story of Psyche, from her heavenly origin and her fall into the world, to her return to heaven and her marriage with her fiancé, the Intellect. Three texts presenting the features of this myth are taken here into account : the Exegesis on the Soul (Codex II,6), the Authoritative Teaching (Codex VI,3) and the fragmentary tractate of Hypsiphrone (XI,4). The aim of this paper is to appreciate the influence exerted by Latin and Greek novels on these Nag Hammadi tractates. It is well known that the chief ingredients of these novels were love and adventures, and that they were governed by a single motif : the tragic separation of two lovers and their final reunion after many misadventures. Nevertheless, in the Greek novels the heroine preserves her virginity at any cost ; the heroine of the Gnostic tractates has led, for a time, a life of prostitution. We will focus as well on the original approach of these Gnostic authors and their rich relation to the literary contemporary culture, with the purpose of communicating the doctrine of Gnosticism to a wider, cultivated public.




Communication de M. Nicolas Vatin, sous le patronage de M. François DÉROCHE : « Les instruments de la diplomatie de Bayezid II (1481-1512) ».

Les relations avec l’Occident s’intensifièrent sous Bayezid II. Aussi une documentation abondante permet-elle d’étudier les outils de la diplomatie ottomane : son système de renseignement, sa pratique, ses hommes. Le renseignement était organisé à plusieurs niveaux. Dans la capitale, les vizirs s’entretenaient avec les représentants étrangers, mais des contacts discrets, à un niveau inférieur, donnaient lieu à des rapports. À l’étranger, la Porte avait des correspondants locaux et envoyait des agents secrets, ou semi-officiels. On repère de véritables réseaux. Bayezid II était assez bien informé. La diplomatie aussi fonctionnait à plusieurs niveaux. Dans la capitale, elle était l’affaire des vizirs, le sultan décidant en dernier recours. Mais Bayezid II mena sa propre diplomatie, à l’insu des pachas. Cependant, des fonctionnaires spécialisés entretenaient des rapports avec les diplomates étrangers ou les marchands italiens de Péra, utiles intermédiaires. À l’étranger, la Porte envoyait des agents officieux et des ambassadeurs accrédités. Leur sûreté reposait sur l’efficacité du réseau d’amis italiens du sultan. Enfin, dans un temps où émergeaient en Europe les ambassades permanentes, les Ottomans pratiquaient une diplomatie aux frontières, confiée aux gouverneurs des marches de l’Empire. Les hommes servant à différents niveaux la diplomatie de Bayezid II étaient eux-mêmes d’origines diverses. Mais ils avaient en commun la pratique du grec ou de l’italien et souvent des liens directs avec l’Occident. On voit du reste les mêmes individus réapparaître dans la documentation. Il n’y avait pas de personnel diplomatique ottoman à la fin du XVe siècle, mais la diplomatie de la Porte était confiée à des spécialistes qui, par leurs origines, leurs formations et leurs expériences, paraissaient compétents en matière de relations avec les Occidentaux. Il ne faut donc pas s’arrêter à une première impression de fouillis : une certaine logique régnait et la diplomatie de Bayezid II, servie par des hommes de qualité, fut plutôt efficace.
Mots clés : Empire ottoman, XVe siècle, Diplomatie, Bayazid II, Renseignement

The Tools of Beyazid II’s Diplomacy (1481-1512)
Due to the growing relations with the West under Beyazid II, we have enough data to get an idea about the tools of the Ottoman diplomacy : its intelligence system, its methods, and its men. The collection of intelligence was organized at different levels. In the capital, the veziers spoke with foreign diplomats, but at a lower level, discreet contacts took place, of which accounts were given to the governement. The Porte had local correspondents in foreign countries, where it sent as well secret or semi-official agents ; effective nets existed. Beyazid was quite well informed. The diplomacy as well worked at different levels. In the capital, it was the veziers’ task, the last decisions being the Sultan’s. But Beyazid II run a diplomacy of his self, without the knowledge of his veziers. At the same time, specialized agents remained in touch with foreign diplomats or Italian merchants in Pera (who were very useful go-between). To foreign lands, the Porte sent non official agents and ambassadors.Their safety relied on the efficiency of the Sultan’s Italian friends’ net. Lastly, in a time when permanent embassies were emerging in Europe, the Ottomans practiced a border diplomacy, which was entrusted to the governors of border regions. The men working at different levels for Bayezid II’s diplomacy were of different origins, but they had in common the knowledge of Greek or Italian and quite often direct links with the West. One can see the same men appearing more than once in the documentation. Obviously there was no Ottoman diplomatic staff at the end of the XVth century, but the Porte’s foreign relations were entrusted to specialists who, by their origin, formation and experience, appeared to be competent to deal with the West. At first glance, one can have a feeling of confusion, but actually some kind of coherence existed : Beyazid II’s diplomacy, for which worked efficient men, was rather a success.
Key Words : Ottoman Empire, XVth century, Diplomacy, Beyazid II, Intelligence



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC