Accueil du site > Séances et Manifestations > Les séances du vendredi > Séances 2012 > Septembre 2012

Séance du 28 septembre 2012

Note d’information de Pierre Bordreuil, sous le patronage de Christian Robin : « Un nouveau mot punique chez saint Augustin ».

Dialoguant avec son fils Adéodat, Augustin fait allusion sans le nommer à un mot punique désignant la miséricorde divine ou la piété humaine. Le seul mot sémitique susceptible de cette double acception est l’hébreu “esed dont le sens fondamental « loyauté » inclut aussi l’idée de miséricorde ou de grâce. À Isaïe 55, 3b, le syntagme “asd´-˚dåwid a été généralement analysé par les traductions modernes comme l’expression d’un génitif objectif : « les grâces (promises) à David », mais les anciennes versions de la Bible ont plutôt privilégié l’idée d’un génitif subjectif : « les grâces de David ». Dans « l’Éloge des Pères » de I Maccabées 2, 52 à 60, le rappel de leurs actions mémorables précède l’évocation de ce qu’a reçu David « pour sa piété ». Le débat entre Saint Augustin et son fils s’enracine ainsi dans le terreau de l’Ancien Testament hébreu, d’autant plus aisément que l’héritier du mot hébreu “esed faisait certainement encore partie du vocabulaire de la langue punique à la fin du IVe siècle. En même temps, les deux interprétations proposées s’inscrivent dans une problématique, amorcée dans les épîtres du Nouveau Testament, qui connaîtra plusieurs développements dans l’histoire ultérieure de l’église chrétienne.

Communication de M. Carlos Levy, correspondant de l’Académie : « Scepticisme et rhétorique. De la Nouvelle Académie (Cicéron) au néopyrrhonisme (Sextus Empiricus) ».



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC