Accueil du site > Séances et Manifestations > Les séances du vendredi > Séances 2012 > Octobre 2012

Séance du 19 octobre 2012


Note d’information de M. Jérémie Schiettecatte, sous le patronage de M. Christian ROBIN : « A la redécouverte de la Yamâma : les travaux de la mission archéologique franco-saoudienne dans l’oasis d’al-Kharj (Arabie Saoudite) ».

Les vestiges archéologiques de l’Arabie centrale ne sont que peu documentés. Cette région, connue sous le nom de Najd, ou autrefois de Yamāma, est pourtant ponctuée de points d’eau importants qui y ont favorisé le développement de vastes oasis. À ce titre, elle a joué un rôle significatif dans l’histoire politique, économique et religieuse de la péninsule Arabique. En 2011, une mission archéologique franco-saoudienne a débuté des opérations de fouille et de prospection dans l’oasis d’al-Kharj, 80 km au sud de Riyad, dans le but d’apporter un éclairage nouveau sur cette région. Des sites du paléolithique moyen, de l’âge du bronze, de la période préislamique tardive et du début de l’islam ont été identifiés. Certains d’entre eux ont fait l’objet d’une étude plus avancée, en particulier le site d’al-Yamāma, où des sondages ont été entrepris. Cette note d’information a pour objet la présentation des principaux résultats de cette prospection initiale et porte plus spécifiquement sur la présentation du site d’al-Yamāma, qui est apparu comme l’un des principaux établissements d’Arabie centrale du Ve au XIIe siècle. La ville y était entourée de vastes palmeraies mises en eau par un réseau de canalisations souterraines elles-mêmes alimentées par des sources artésiennes et des dolines. Le relevé topographique, la prospection géomagnétique et l’étude archéologique du site permettent d’appréhender les rythmes de son expansion et les formes de son urbanisme. En son cœur, enfin, a été entrepris le dégagement d’une grande mosquée dont témoigne le voyageur persan Nasir-i Khusraw au XIe siècle.

Mots clés : Arabie centrale ; al-Yamāma ; archéologie ; âge du bronze ; période préislamique tardive ; période islamique.




Communication de M. Patrick Gilli, sous le patronage de M. Philippe CONTAMINE : « La conjuration des Pazzi : répression d’une rébellion et communication politique ».

Le 26 avril 1478, une puissance conjuration associant la grande famille florentine des Pazzi, l’archevêque de Pise, le pape Sixte IV et le roi de Naples passe à l’action et tente de se débarrasser des Médicis. L’assassinat est programmé le jour de Pâques, en pleine cathédrale de Florence. Si Julien de Médicis tombe sous les coups de ses assassins, Laurent, le chef de la famille et premier dirigeant de la ville, en réchappe. Aussitôt l’archevêque est fait prisonnier et pendu à la grande fenêtre du palais de la Seigneurie, pendant que les Florentins se déchaînent dans les rues contre les Pazzi et leurs alliés. Le pape lance une bulle d’excommunication contre les principaux dirigeants coupables de crime de lèse majesté ; la ville de Florence est placée sous interdit et le clergé local prié de quitter les lieux. Face à la violence de la réaction juridique (parallèle aux bruits des armes qui montait de la campagne environnante où se rassemblaient les armées ennemies de Florence), le Reggimento médicéen organisa une riposte à la fois idéologique, politique et juridique. Il s’agissait à la fois d’éliminer radicalement la menace intérieure et de mobiliser les meilleures plumes pour montrer l’illégitimité des sanctions. A côté d’humanistes célèbres invités à réécrire les événements (comme le Politien dans sa Conjuration des Pazzi), une série de juristes fut sollicitée pour rédiger des consilia démontant l’argumentaire pontifical. Nourris à la doctrine du jus commune, ils purent établir les vices de procédure et les problèmes de fond que posaient les censures ecclésiastiques (mauvaise définition du crime notoire, abandon du statut de clercs dès lors que ceux-ci portaient des armes, etc.). Paradoxalement, au moment même où les juristes pro-florentins établissaient ces éléments, les juges de la ville condamnaient avec la même légèreté procédurale les Pazzi ; à la chute des Médicis en 1494, d’autres juges viendront invalider la procédure contre la famille diffamée et la rétablir dans ses droits.



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC