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Angkor. Paysage de l’archéologie, archéologie du paysage

Dimanche 21 septembre 2014, l’Institut de France ouvrira ses portes à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, de 9h à 17h. Après la visite de la célèbre Coupole, vous pourrez découvrir en Salon Vuillard une présentation de chaque Académie.

« Angkor-Thom […] est envahi par une végétation formidable ; le temple lui-même (Baïon) est couvert de banians énormes, dont les racines monstrueuses crèvent les murs les plus épais, effondrent les tours de 25 mètres, éventrent les galeries… tels des poulpes géants, dévorant ces ruines grandioses. C’est la réalisation des dessins les plus fantastiques de Gustave Doré. » Charles Carpeaux, Les ruines d’Angkor, Paris, 1908, p. 50.

Télécharger le livret Journées du Patrimoine 2014
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Dans le cadre de cet événement dont le thème choisi pour cette année est « patrimoine culturel, patrimoine naturel », l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres a choisi de consacrer la vitrine qui lui est dévolue à la mise en lumière de son engagement séculaire auprès du site d’Angkor au Cambodge. Parmi les nombreux sites archéologiques mis au jour à travers le monde entier auxquels l’Académie attache son nom – que ce soit par le biais de missions menées sous son patronage ou bien via les travaux de ses membres et correspondants – l’immense site d’Angkor, qui s’étend sur plus de 40 000 hectares couverts en partie par la forêt, se distingue par les multiples pistes de réflexion qu’il suscite sur le thème de cette année, notamment du fait la dialectique singulière qui y associe nature et ruines. L’ancienne capitale de l’empire khmer tient en effet place privilégiée dans l’imaginaire commun en raison de l’étonnant entrelacs des monuments et de la végétation centenaire qui forment des sculptures hybrides, fruit d’une insolite collaboration entre l’homme et la nature. Celle-ci a un rôle ambivalent dans la conservation des vestiges situés au cœur d’une forêt luxuriante qui tout à la fois les dégrade et crée un paysage unique en son genre. Elle a sans doute également permis de préserver et de recouvrir jusqu’à nos jours un paysage antique auquel les archéologues portent désormais une attention croissante en tant que témoignage privilégié de la relation des hommes à leur environnement dans le Cambodge ancien.

L’intérêt de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres pour ce site et pour le patrimoine d’art, d’archéologie et d’histoire du Cambodge avec lequel elle a noué des liens étroits, est plus que séculaire. Les Comptes rendus des séances de l’Académie reflètent l’intérêt constant de la Compagnie pour Angkor dès le XIXe siècle, comme en témoigne la publication régulière de nouvelles relatives aux différentes missions archéologiques actives à Angkor comme celle d’Henri Dufour et de Charles Carpeaux en 1903-1904, financée par la fondation Benoît Garnier de l’AIBL, dont la commission fut longtemps un des fers de lance de la politique archéologique de l’Académie. Parmi les grandes figures de l’EFEO au XXe siècle qui bénéficièrent de l’appui sans faille de l’AIBL dans l’étude et la conservation du patrimoine angkorien, il convient certainement de mentionner ses directeurs Louis FINOT (1864-AIBL 1933-1935), qui en fut aussi l’un des fondateurs, ou Georges CŒDÈS (1886-AIBL 1958-1969). Le rôle de l’Académie en faveur de l’étude et de la conservation du patrimoine angkorien s’est trouvée récemment réaffirmé, et même renforcé, à l’occasion de la récente journée d’étude organisée le 9 mai 2014, à la mémoire de Pascal Royère (1965-2014) - membre de l’EFEO et architecte ayant conduit la restauration du temple du Baphuon - pour célébrer les « deux décennies de coopération archéologique franco-cambodgienne à Angkor », en présence et sous le haut patronage de Sa Majesté NORODOM Sihamoni, Roi du Cambodge et associé étranger de l’Académie.

Les communications présentées lors de cette journée ont permis de dresser un bilan utile des recherches archéologiques les plus récentes sur le site sur le site d’Angkor, inscrit depuis 1992 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco – organisme qui y coordonne l’action internationale par le truchement du CIC (Comité International de Coordination pour la Sauvegarde et le Développement de la Région d’Angkor) co-présidé par la France et le Japon, de conserve avec l’entité nationale APSARA (Autorité pour la Protection du Site et l’Aménagement de la Région d’Angkor / Siem Reap). On peut encore souligner l’engagement particulier pour la sauvegarde des monuments d’Angkor de M. Azedine BESCHAOUCH, associé étranger de l’Académie, auprès de l’Unesco et du sinologue et académicien M. Franciscus VERELLEN, ancien directeur de l’EFEO.

Légende de l’image : portrait de Charles Carpeaux tiré de Les ruines d’Angkor, de Duong-Duong et de My-Son (Cambodge, Annam), Lettres, journal de route et clichés photographiques, Paris, 1908 (Bibliothèque de l’Institut 8° NS7883).

Ce projet n’aurait pu être mené à bien sans le concours de la Bibliothèque de l’Institut de France et de l’École Française d’Extrême-Orient (EFEO). Nous remercions particulièrement Mme Isabelle Poujol, responsable de la photothèque de l’EFEO, pour son aide et sa relecture du livret.



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