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Épées d’académiciens (3ème partie)

E-exposition Février 2014




Troisième volet de l’exposition virtuelle sur les épées d’Académiciens.

Cette épée, qui s’inspire du sabre d’apparat des officiers ottomans dans sa version courte, est celle d’un historien de la civilisation de l’Arabie antique et des premiers siècles de l’islam. Elle a été conçue par une artiste libanaise, Mlle Rana Bisât, avec l’aide de Mme Maria Gorea qui en a proposé les motifs, puis réalisée par un artisan d’Amchit (Liban), M. Rafîq Kallâ, réputé notamment pour ses talents d’ébéniste. L’atelier se trouve à proximité de la maison où Ernest Renan a séjourné pendant sa fameuse Mission de Phénicie, en 1859 et 1860. C’est pendant l’été 2006 que le projet est entré dans sa phase active, précisément au moment où le Liban était quotidiennement bombardé. Rafîq Kallâb n’a pas pu fondre l’ibex qui sert de garde à Amchit car, à cause de la guerre, la forge avait fermé. Il s’est donc adressé à une entreprise de Tripoli où il s’est rendu la veille du jour où un pont — passage obligatoire sur l’unique route côtière — était détruit. Pour la gravure des inscriptions dans l’acier, il a procédé à la main, ne pouvant pas trouver de machines à laser. Dernière difficulté : quand l’épée fut terminée, il fut impossible de trouver un transitaire acceptant d’acheminer une arme du Liban vers la France. Finalement, l’épée fut confiée à l’Ambassade de France, fin novembre 2006. Il était temps : le lendemain, Beyrouth était bloquée par les manifestants.

Les éléments rappelant l’Arabie méridionale :

  • Le bouquetin bondissant. C’est un motif que l’on trouve sur les lampes à huile en bronze provenant d’Arabie méridionale.
  • L’inscription : c’est un vers tiré d’un hymne rimé à la déesse solaire. Cet hymne, qui date de 100 è. chr. environ, est apparemment la plus ancienne pièce poétique de ce type dans la littérature universelle. Le vers signifie : « À la chasse de Khinwan, par centaines nous avons massacré ».
  • Les assemblages de caractères : ce sont les trois emblèmes de la monarchie ḥimyarite du Yémen préislamique avec les monogrammes personnels du récipiendaire (horizontalement), et les monogrammes ou le nom de trois souverains himyarites (Shammar Yuhar‘ish, Yûsuf et Abraha) (verticalement).

Cette épée, aujourd’hui possession d’un égyptologue, a sans doute appartenu à un membre du premier Institut d’Égypte, Jean-Baptiste Lepère, nommé membre de l’Institut en 1798.

  • La lame triangulaire est dorée et bleuie au tiers d’attributs militaires ;
  • la fusée est ornée de plaquettes de nacre, gravée d’un buste d’Isis Pharia, protectrice du navigateur ;
  • sa monture est en bronze doré, que le précédent propriétaire, Jean-Baptiste Lepère, a rehaussé de six brillants, un rubis orne le plastron ;
  • le pommeau rond est décoré de palmettes ;
  • la garde comporte une branche à quilles en tête léonesque ;
  • l’ensemble est orné d’un semis de brillants ;
  • le clavier est ajouré à motif de toiles d’araignée et de plumes et reçoit également des brillants, sur les bords.

Épée d’un historien de l’antiquité romaine. Si l’épée d’un général d’Empire où figure la scène du serment des Horaces fut choisie, c’est parce qu’elle symbolise le travail collectif — l’échec des Curiaces pouvant être imputé à un excès d’individualisme.

Cette épée de dignitaire, datant de la fin du premier Empire, début de la Restauration, a été remise à un médiéviste, spécialiste de l’histoire de la pensée au Moyen Âge. D’une longuer de 98,5 cm, la garde est en laiton, ciselée et dorée, le clavier est orné d’une toile d’araignée (comme les modèles de l’Institut d’Égypte ou de l’Institut). Le pommeau est en forme d’écu orné, sur le devant, d’un buste de Jupiter et, sur l’arrière, d’une tête de Minerve casquée. Sur le fourreau, personnalisé, se trouve un bouton en forme de livre ouvert, monogrammé « J V » - initiales du récipiendaire - en lettres gothiques.

Voir les première et deuxième parties de l’E-exposition sur les épées d’Académiciens

Pour en savoir plus sur les épées d’Académiciens :
  • Sur Canal Académie, Les épées d’Académiciens, par Mireille Pastoureau.
  • Sur le site de l’Institut de France, un court article, L’épée : la règle et l’usage
  • Sur le site de la Bibliothèque de l’Institut de France, un article sur les épées d’académiciens (format Word).


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