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1663 : Naissance de la « Petite Académie »

E-exposition Janvier 2013




Les institutions, contrairement aux êtres vivants, peuvent connaître plusieurs formes de naissances ; ces dernières composent une sorte de nébuleuse de laquelle elles paraissent émerger à maturité, telle la Minerve casquée tirée de la cuisse de Jupiter, dont l’effigie est familière à ceux qui fréquentent le quai de Conti. L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui portera son nom définitif à partir de 1716, compte au nombre de ces organismes d’État.





Sa première manifestation date, précisément, du 3 février 1663, il y a trois siècles et demi. A l’époque, le surintendant des bâtiments du Roi, Colbert, désireux de recevoir des avis « sur toutes choses qui regardent les bâtiments et où il peut entrer de l’esprit et de l’érudition », désigna un groupe informel de quatre érudits appartenant à l’Académie française — auxquels fut adjoint peu après comme secrétaire le grand Charles Perrault. Cette « petite Académie » — l’équivalent d’une commission de spécialistes actuelle — ne reçut aucun règlement particulier. Son principal objet était de commémoration : elle devait se consacrer à pérenniser la gloire du souverain en multipliant épigraphes et scènes allégoriques dans les grandes constructions ornées de peintures et de sculptures ; la mythologie fournissait les thèmes des opéras et des carrousels ; on s’attachait aussi à l’histoire des villes conquises.

Ayant recueilli en 1683 la charge de surintendant des bâtiments, Louvois transféra au Louvre celle que l’on commençait à nommer l’« Académie des Médailles » et augmenta le nombre de ses membres, y intégrant entre autres les historiographes du Roi Racine et Despréaux, l’illustre Boileau. Sous l’impulsion du comte de Pontchartrain, secrétaire d’État à la Maison du Roi, la jeune Compagnie sera finalement hissée au rang d’institution à part entière, par une ordonnance du 16 juillet 1701 reconnaissant sa personnalité juridique ; son règlement, dû à la plume de l’abbé Bignon, lui offrit alors de solides fondations qui lui permirent de se muer sans heurts en véritable « temple de Clio » européen. L’existence de la Compagnie devait être ultérieurement confirmée, de concert avec celle de l’Académie des Sciences, par une lettre patente signée de la main de Louis XIV à Marly en février 1713, puis enregistrée au Parlement de Paris le 3 mai 1713, il y a trois cents ans.



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