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Bilan 2010


par M. Jean LECLANT, Secrétaire perpétuel de l’Académie

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Madame et Monsieur le secrétaires perpétuel,
Excellences,
Mes chers Confrères,
Mesdames et Messieurs,

Sans qu’il en ait été ainsi depuis les origines, une heureuse tradition veut que tous les ans, selon un calendrier scrupuleusement fixé par l’Institut de France, l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres tienne une séance de rentrée solennelle sous la vénérable Coupole du quai de Conti, le dernier vendredi de novembre. Cet événement, qui s’inscrit dans une suite de cérémonies de même nature organisées par chacune des Compagnies-sœurs du quai de Conti, fournit notamment à notre Académie l’occasion de proposer, en présence d’un public choisi, les éclairages historiques qu’elle juge opportun d’apporter sur telle question que l’actualité met en exergue ; elle lui permet aussi de se joindre aux hommages rendus dans le cadre des commémorations nationales annuellement fixées par le Haut-Comité du ministère de la Culture, en fonction des visées qui, par vocation, sont les siennes – c’est-à-dire essentiellement un regard critique sur les problèmes d’érudition concernant l’Antiquité et le Moyen Âge jusqu’à l’époque dite « classique » (notre XVIIe siècle). Ces discours d’ordre thématique, prononcés par les confrères les plus compétents en la matière, sont précédés selon l’usage, par un exposé, généralement présenté par Président de l’Académie, qui relate en particulier les faits majeurs de l’exercice écoulé, manifestant entre autres sa reconnaissance aux confrères disparus et saluant l’arrivée des nouveaux membres et correspondants ; puis le Vice-président énumère les prix décernés par l’Académie et proclame les nouveaux archivistes-paléographes.

Les traditions, sont certes respectables, mais elle ne doivent pas demeurer figées. Aussi, notre Bureau, a-t-il décidé cette année, sur proposition de notre Président, M. Pierre-Sylvain Filliozat, de consacrer la présente séance à une présentation d’ensemble des grandes « Écoles » françaises de recherche à l’étranger relevant du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et placées dans la mouvance de notre Académie. Celles-ci sont, on le sait, au nombre de cinq. Fondée en 1846, dans le sillage des combats de libération de la Grèce, et devenue lentement un institut de formation à la recherche sous l’influence directe de l’Académie, l’École française d’Athènes est la doyenne de ce grand réseau scientifique ; puis, créée sous l’impulsion déterminante de son sous-directeur Albert Dumont et de notre Compagnie, l’École française de Rome naquit entre 1873 et 1875, pour contrebalancer l’hégémonie de la science allemande. Ce premier sillon tracé devait ouvrir un champ d’initiatives qui aboutirent dans un second temps à la fondation, tout d’abord, de l’Institut français d’Archéologie orientale du Caire (IFAO), mis en place en 1898 par Gaston Maspero, membre de l’AIBL et son futur secrétaire perpétuel, puis de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), qui a vu le jour en 1901 grâce à l’initiative éclairée du gouverneur général de l’Indochine Paul Doumer et aux encouragements de l’Académie, enfin de la Casa de Velázquez à Madrid (1928), une institution fort originale groupant deux sections, l’une artistique, l’autre historique, placées sous l’égide conjointe de l’Académie des Beaux-Arts et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

On le voit la création de ces organismes prestigieux de recherche procède à tout le moins de l’impulsion donnée durant un grand XIXe siècle par l’Académie à la politique scientifique de notre pays dans les domaines de son ressort. Des textes assurément (ordonnances, arrêtés, décrets) – ou bien dans le cas spécifique de l’IFAO une communauté de destin inaltérable – relient depuis toujours notre Compagnie à ces établissements aux intérêts convergents, mais aussi un long cortège de savants qui, membres dans leur jeunesse de ces écoles, les dirigeant parfois ensuite, ont poursuivi, par-delà leur carrière universitaire, leurs travaux quai de Conti. Si la quasi-totalité des directeurs des écoles françaises d’Athènes et de Rome ont été ou sont membres de l’Institut, la moitié de ceux de l’EFEO et de l’IFAO siègent ou ont siégé en ces lieux ; au surcroît, si mon calcul est juste, ce sont actuellement trente-neuf académiciens et correspondants français de l’AIBL qui ont été membres scientifiques de ces écoles. Ainsi sont maintenus vivants ab origine, dans la continuité et malgré les évolutions rendues souvent nécessaires, les liens d’une passion partagée qui n’a jamais cessé depuis lors de nous animer. C’est la raison pour laquelle, comme l’illustrera notamment notre Président, nulle mieux que notre Académie, et plus largement l’Institut de France, ne connaît ces institutions d’excellence et par conséquent ne peut les soutenir et, par conséquent, garantir leur autonomie et leur très haut niveau scientifique, qui est leur raison d’être et de perdurer.

Alors que le futur de ces établissements est appelé à être infléchi par un projet de décret unique les réformant – dont certaines dispositions ont suscité au demeurant l’inquiétude –, il a semblé utile à l’Académie de dresser une sorte de bilan des actions menées en ces écoles sous son patronage actif et de mettre en lumière l’originalité de leur organisation au sein d’un monde de la recherche en bute à bien des difficultés, de poursuivre aussi la réflexion sur leurs perspectives d’avenir. Dans un contexte de morosité générale et alors que le rayonnement de notre culture semble s’estomper quelque peu, nous avons également souhaité indiquer que la défense et l’illustration de la francophonie passe par priorité par le soutien des domaines d’actions où notre pays tient encore son rang, et au premier chef celui des institutions qui en sont le vecteur privilégié, au nombre desquelles nos glorieuses Écoles françaises à l’étranger, auxiliaires irrécusables vouées à l’admiration de nos collègues étrangers, tiennent une place de tout premier plan.

Une fois posées ces considérations générales qui seront développées au fil des cinq exposés successivement présentés par notre Président Pierre-Sylvain FILLIOZAT, puis MM. André VAUCHEZ, qui fut directeur de l’École français de Rome de 1995 à 2003, Olivier PICARD, directeur de l’École française d’Athènes de 1981 à 1992, Nicolas GRIMAL, directeur de l’IFAO de 1989 à 1999, et Bernard POTTIER, linguiste et hispaniste qui, avec notre confrère Pierre TOUBERT siège depuis tant d’années au sein des conseils de la Casa de Velázquez, il m’appartient de vous présenter, brièvement, le bilan annuel de la vie et des activités de notre Compagnie pour 2010 – en réalité durant la période qui s’est écoulée depuis la rentrée solennelle précédente, soit de la fin de novembre 2009 à la fin de novembre 2010.

Depuis notre dernière séance de rentrée solennelle, trois de nos confrères nous ont quittés à notre très grand regret. Le 22 décembre 2009 disparaissait le Professeur André GOURON, qui avait été élu le 7 mai 1999. Historien du droit romain et coutumier français, ses travaux sur les juristes méridionaux du XIIe siècle connurent un grand retentissement. Professeur émérite de l’Université de Montpellier I, où il avait accompli l’essentiel de sa carrière, il avait animé, de 1976 à 1991, l’Institut d’Histoire des anciens Pays de Droit écrit du CNRS. Le 25 septembre 2010 nous quittait l’éminent médiéviste Bernard GUENÉE, membre de l’AIBL depuis le 6 mars 1981. Normalien et agrégé d’histoire, il avait enseigné à la Faculté des lettres et sciences humaines de Strasbourg puis à la Sorbonne, de 1965 à 1995. Directeur d’études à la IVe section de l’École pratique des hautes études, il fut professeur invité par les Universités anglo-saxonnes les plus prestigieuses : Yale (1972-1973), Oxford (1974) et Princeton (1976) – où il apporta beaucoup pour le rayonnement des études médiévales françaises. Grand spécialiste de l’Occident médiéval et de la culture historique dans la société médiévale, il s’était tout particulièrement attaché à l’étude des pouvoirs, de leurs mécanismes et de leurs croyances associées à la fin du Moyen Âge. Le 19 octobre 2010 disparaissait à son tour le médiéviste Robert-Henri BAUTIER, qui avait été élu membre de l’AIBL le 13 décembre 1974. Diplômé archiviste-paléographe et ancien membre de l’École française de Rome, il avait été notamment pendant quelque trente années professeur de diplomatique et d’archivistique à l’École des Chartes, de 1961 à1992. À l’Institut de France, il avait été chargé du contrôle du musée du château de Langeais de 1986 à 1991, puis conservateur du musée Jacquemart-André en l’Abbaye royale de Chaalis (1992-2000).

Nous avons aussi à déplorer le décès de trois correspondants. Le 2 décembre 2009, est décédé à Tokyo le Professeur Ikuo Hirayama, élu correspondant étranger de l’AIBL le 19 février 1999. Spécialiste de la transmission du bouddhisme en Asie dans ses expressions textuelles et artistiques, c’était un grand ami de la France et un bienfaiteur de l’Académie où il avait fondé en 1999 un prix annuel destiné à encourager les études sur l’Extrême-Orient. Le 20 février 2010 est disparu M. Georges Charachidzé, élu correspondant le 19 mars1999. Professeur émérite à l’INALCO, où il enseigna le géorgien durant près de trente ans, il était le meilleur connaisseur des langues et civilisations du Caucase. Enfin, tout récemment, le 9 octobre 2010, est décédé M. Jean Glénisson, correspondant depuis le 20 novembre 1987. Médiéviste renommé pour ses travaux sur les sociétés française et italienne du XIVe siècle, il fut pendant plus de vingt ans directeur de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT).

Cruellement frappée par la perte de ces savants français et étrangers, dont plusieurs furent des figures emblématiques du quai de Conti, l’Académie, résolument fidèle à son devoir d’immortalité, a pourvu au remplacement de plusieurs fauteuils demeurés vacants, en élisant un nouvel académicien et quatre associés étrangers. Le 5 février 2010, elle ouvrait ses portes au Professeur Charles de LAMBERTERIE. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de grammaire et docteur ès lettres, il est à la fois directeur d’études de grammaire comparée des langues indo-européennes à l’École pratique des Hautes Études, IVe section, et professeur d’histoire de la langue grecque à la Sorbonne. Linguiste dans la lignée d’Antoine MEILLET, Émile BENVENISTE et Michel LEJEUNE, il est le connaisseur éminent du mycénien et un arménologue de grand renom. Le 6 avril 2010, ont été élus associés étrangers le romaniste suisse Max PFISTER, Professeur émérite de l’Université de Sarrebruck, ainsi que le Professeur Lellia CRACCO RUGGINI, de l’Université de Turin, spécialiste de l’économie et de la société italiennes de l’Antiquité tardive. Plus près de nous, le 4 juin 2010, l’Académie a également élu associés étrangers le Professeur Manfred BIETAK, de l’Université de Vienne, l’un des maîtres de l’archéologie égyptienne qui fut quelque trois décennies l’inlassable directeur de l’Institut autrichien d’archéologie du Caire, ainsi que le Professeur Francisco RICO, de l’Université autonome de Barcelone, philologue et un historien des littératures italienne et espagnole depuis les derniers siècles du Moyen Âge jusqu’à l’âge classique, le plus grand spécialiste vivant de Cervantès.

De l’ampleur et de la diversité des activités menées par notre Académie rend compte mensuellement une élégante Lettre d’information dont la diffusion en plein essor sur l’internet témoigne de l’intérêt croissant porté à notre Compagnie par un public cultivé qui s’élargit. Beaucoup d’entre vous en étant les destinataires, je me cantonnerai à un rapide survol des évènements majeurs qui ont jalonné une année particulièrement dense durant laquelle trente-trois séances se sont déroulées, avec la présentation d’une cinquantaine exposés ; lors de cette même période, pas moins de 56 commissions ont été réunies : plusieurs consacrées aux Écoles françaises à l’étranger ou à la réforme de nos statuts, une trentaine en vue de délibérer sur le choix des lauréats de nos prix, dont notre Vice-président M. Michel ZINK va dans un instant vous donner la lecture rituelle.

Huit colloques internationaux ont illustré la position cardinale de notre Compagnie dans la vie scientifique et culturelle de notre pays. Le 11 décembre 2009, s’est déroulée, sous la direction de notre Président, une journée d’étude réunissant l’Académie et la Société asiatique sur le thème « Sourires d’Europe et d’Asie » ; les 12 et 13 février 2010, a été organisé, dans le cadre de la saison de la Turquie en France, un colloque portant sur « L’orientalisme, les orientalistes et l’Empire ottoman de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XXe siècle » ; le 17 février, un hommage a été rendu par d’éminents linguistes et spécialises des études iraniennes à notre Confrère M. Gilbert LAZARD, à l’occasion de son 90e anniversaire ; le 19 mars, notre Académie a piloté en collaboration avec la SEMPAM (Société d’Étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval), dont le Président est notre correspondant François Déroche, une journée d’études nord-africaine, la Ve de cette formule, portant sur le patrimoine archéologique des « Enceintes urbaines, sites fortifiés et forteresses » du Maghreb ; le 21 juin, a tenu ses assises dans notre grande salle des séances la 2e journée internationale d’études anglo-normandes réunie par notre confrère André CRÉPIN sur les « Stratégies et réalités linguistiques » propres aux cultures anglo-françaises médiévales ; le 11 juin 2010, s’est déroulée, sous le patronage de notre confrère Nicolas GRIMAL, de notre correspondant M. Pierre Guilaine et de moi-même, la seconde des journées d’études « Archéo-Nil 1990-2010 », qui avait débuté la veille au Collège France et au cours de laquelle fut dressé le bilan de « Vingt ans de recherches prédynastiques » en Égypte, en présence du nouveau directeur de l’IFAO, Mme Béatrix Midant-Reynes ; le 8 octobre, s’est tenue la seconde journée du colloque « René Chartier (1572-1654) éditeur d’Hippocrate et de Galien : ses sources et son influence », à l’organisation de laquelle a participé M. Jacques JOUANNA, membre de l’Académie, et qui avait été lancée la veille à la Faculté de Médecine de Paris V ; enfin, les 8 et 9 octobre, 2010 le XXe colloque de la Villa Kérylos, coprésidé par MM. Pierre TOUBERT, André LARONDE et moi-même, est venu apporter la contribution savante de notre Académie au programme des célébrations du 150e anniversaire de l’union du comté de Nice à la France, par l’examen d’un thème historiographique : « Histoire et archéologie méditerranéennes sous Napoléon III » ; cette initiative a été saluée dans la presse.

En marge de cet ensemble de manifestations scientifiques organisées ou co-organisées par l’Académie et appelées à aboutir à de rapides publications, plusieurs cérémonies, réunions ou rencontres culturelles ont constitué autant de temps fort de notre calendrier académique. Du 12 au 14 février 2010, l’Académie a participé aux IVe rendez-vous des sciences humaines, organisées par la fondation de la Maison des Sciences de l’Homme ; à cette occasion une table ronde sur le thème de la vocation du philologue a été animée par les directeurs aux Belles-Lettres des trois séries de la CUF : MM. Jacques JOUANNA, Jean-Louis FERRARY, membres de l’AIBL, et Pierre Laurens, correspondant de l’Académie ; Le 12 mars 2010, en présence du ministre de la Culture, M. Frédéric Mitterrand, et d’un très grand nombre de personnalités, s’est déroulée une cérémonie exceptionnelle dans la vie de notre Compagnie, celle de l’Installation de Sa Majesté NORODOM Sihamoni, Roi du Cambodge, élu associé étranger de l’Académie le 6 juin 2008. Le 26 mars 2010, une délégation officielle soudanaise conduite par M. Mohamed Youssif Abdella, ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports du Soudan, a été reçue à l’AIBL à l’occasion de l’inauguration de l’exposition du musée du Louvre « Méroé, un empire sur le Nil ». Le 19 septembre, durant la journée du patrimoine portant cette année sur le thème : « Les grands hommes : quand femmes et hommes construisent l’histoire », l’AIBL a notamment présenté divers documents évoquant l’œuvre immense du génial déchiffreur des hiéroglyphes, Jean-François CHAMPOLLION (1790-1832), élu quai de Conti en 1830 ; ce sont quelque 7200 visiteurs qui se sont pressés dans la salle d’exposition. Le 28 septembre 2010, le Président de la République italienne, S. Exc. M. Giorgio Napolitano, venu en France pour participer à diverses commémorations autour du150e anniversaire de l’unité italienne, a été reçu au palais de l’Institut de France, par le Chancelier Gabriel de BROGLIE, les secrétaires perpétuels des cinq Académies et plusieurs académiciens dont nos confrères Marc FUMAROLI et André VAUCHEZ. Enfin, les 28 et 29 octobre 2010, l’Académie a accueilli la réunion annuelle du Bureau de l’Union Académique Internationale, en présence de son président, M. Janusz Kozlozwski, de nos représentants à cette instance, nos confrères Bernard POTTIER et Jacques JOUANNA, ainsi que de plusieurs membres de l’AIBL en charge de certains de ses projets éditoriaux : Mme Juliette DE LA GENIERE, M. Jean-Pierre MAHÉ, M. Jean-Noël ROBERT, ainsi que notre correspondant François Dolbeau.

Appelée statutairement à assurer un rôle d’incitation à la recherche au moyen des prix qu’elle décerne, l’Académie se distingue également par son inlassable activité d’édition qui en fait l’un des grands centres de publication scientifique français. Depuis l’an dernier ce ne sont pas moins de 26 ouvrages qui sont sortis des presses : 7 livraisons des CRAI, soit quelque 3000 p. !, correspondant à une vaste période s’échelonnant de juillet 2007 à mars 2009, 2 fascicules du Journal des Savants (2009-2 et 2010-1) et 1 volume des Monuments Piot ; à ces périodiques se sont ajoutés 4 Mémoires (Le poète grec au travail, Le royaume de Himyar à l’époque monothéiste, Le grand livre de pierre, les textes de construction de Karnak et La mission Foucher en Afghanistan, 1922-1925), 1 fascicule du Corpus Vasorum Antiquorum et 1 tome du Recueil des historiens de la France, dans la série des Obituaires. Quatre nouveaux volumes sont également venus compléter la Carte archéologique de la Gaule (Le Morbihan, Reims, la Drôme, Alpes Maritimes) et un autres a fait l’objet d’une réédition (Le Finistère), soit là encore un total de 3000 p. éditées. Enfin, divers colloques ont été publiés par les soins de l’Académie : – Une journée d’hommage au regretté François CHAMOUX ; – Dom Jean Mabillon, figure majeure de l’Europe des Lettres ; – Les Monuments et les cultes funéraires d’Afrique du Nord ; – Les sanctuaires et leur rayonnement dans le monde méditerranéen de l’Antiquité à l’époque moderne ; – et Les textes de Nag Hammadi : histoire des religions et approches contemporaines.

Pour achever la présentation de ce bilan fort honorable, je souhaiterai mentionner que la mise en ligne sur le portail public et gratuit « Persée » de l’intégralité de nos Comptes rendus pour les années 1857-2005 est désormais effective – ce qui représente un total époustouflant de 100.000 p. –, qu’un premier lot de fascicules du Journal des Savants est également accessible (années 1960-2006, 12.000 p.), qu’enfin d’ici janvier 2011 nos Monuments Piot seront eux-aussi consultables selon les mêmes modalités (années 1898-2006, 25.000 p.). Dépositaire d’une très ancienne tradition d’érudition, l’Académie n’en est pas moins passionnément tournée vers les technologies de pointe qui annoncent de nouveaux progrès pour la connaissance.

Avant de céder la parole à notre Vice-président, je souhaite former des vœux ardents pour que notre esprit académique, mêlant harmonieusement savoir, curiosité inlassable et foi dans l’avenir, puisse continuer encore longtemps à rajeunir, malgré son grand âge, les esprits et les cœur de tous ceux qui portent leur regard vers le passé dans l’espoir d’en retirer cette part d’éternité que confère l’érudition et ses messages d’universalité.



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