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Du cabinet des Adelphes à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : contributions à l’histoire de cette institution

par Marc FUMAROLI, membre de l’Académie




J’ai toujours été surpris du peu d’intérêt que portent à leur histoire les institutions françaises où les historiens sont pourtant nombreux. Le contraste est vif avec les Universités et les Académies anglaises ou américaines qui disposent souvent de plusieurs histoires successives .ou remises souvent à jour.

L’Institut de France, et en particulier notre Académie, font exception. Notre Académie ne se contente pas du livre d’un de ses membres, Alfred Maury, L’Histoire de l’ancienne Académie des inscriptions, publiée en 1865. Elle a trouvé en 1946, en la personne de René Dussaud, l’historien de ses deux derniers siècles. Depuis, la regrettée Josèphe Jacquiot, nièce du célèbre égyptologue le chanoine Drioton, a profondément renouvelé la connaissance de la genèse de la monumentale L’Histoire métallique de Louis XIV puis de Louis XV, dont le creuset a été notre Académie des inscriptions et médailles. M. Jean-Pierre Babelon, notre confrère, vient de nous exposer le dernier état de la question.

Je n’aurais garde d’oublier les superbes synthèses des quatre siècles d’histoire de son Académie publiées par le regretté Jean Leclant, notre avant-dernier secrétaire perpétuel, passionné par le sujet. Pour en revenir au premier en date de nos historiens, Alfred Maury, il tenait un Journal intime, aujourd’hui encore inédit, où il n’épargne pas ses confrères, alors que les nombreuses notices imprimées qu’il leur consacra ne connaissent que leurs mérites scientifiques. Incorrigible original, et précurseur sur la longue distance à la fois du surréalisme et des neurosciences, il tenait aussi un journal de ses rêves d’où il tira en 1861 un livre fondateur, aujourd’hui encore apprécié, intitulé Le Sommeil et les Rêves. Je risque de vous plonger dans cet état en vous exposant ma petite découverte sur la généalogie de notre Académie au XVIIe siècle. Je ferai de mon mieux pour être bref, net et clair.

Ses historiens ont fixé la fondation de notre Académie par Colbert, en 1663, ce qui lui assure le second rang dans la hiérarchie chronologique de l’Institut, après l’Académie française fondée en 1635 par Richelieu. En l’an 1663, Colbert a en effet extrait de l’Académie française une commission de gens de lettres qui reçoit le nom de « Petite Académie ». Son secrétaire, non académicien jusqu’en 1671, était Charles Perrault, le principal collaborateur du ministre. La commission tint ses séances chez Colbert, qui l’avait chargée de concevoir les devises et inscriptions dignes de figurer sur les monuments, monnaies, médailles et jetons dédiés au Grand Roi. Son objet était tout moderne, et même tout pratique : fixer dans une forme éternelle elle les actes historiques du roi régnant. Très vite, éclata entre les quatre membres de la commission, une Querelle de la langue la plus convenable à ces inscriptions, les uns, notamment le secrétaire perpétuel de l’Académie française François Charpentier, tenaient pour le français, langue du roi, les autres, les ecclésiastiques, pour le latin, langue de la gloire ; « La Petite Académie » fut donc le théâtre des premières passes d’armes de la Querelle des Anciens et des Modernes.

À la mort de Colbert, en 1683, Perrault fut disgracié par Louvois. « La Petite Académie » se transporta de l’hôtel Colbert au Louvre, les poètes Quinault, Racine et Boileau, membres de la Française, la rejoignirent, avec une mission élargie aux inscriptions de la Galerie des glaces de Versailles, et de L’Histoire métallique du roi, dont le dessein se précisait alors. Le nom de « Petite Académie » parut dans ses conditions, inapproprié à de si haut desseins. À la mort de Louvois, en 1691, Jérôme Phélypeaux, ministre de la Marine et de la Maison du roi, fils du Chancelier Pontchartrain et père du comte de Maurepas, son successeur dès 1715, tint compte de ce paradoxe. Il rebaptisa « la Petite Académie » « Académie des Inscriptions et Médailles ». Il en confie le pilotage à son neveu, le savant abbé Jean-Paul Bignon, issu de deux illustres lignées de Grande Robe, les Bignon par son père, les Phélypeaux par sa mère, Suzanne, sœur du Chancelier. La « Petite Académie » fondée par Colbert, passée entre les mains de Louvois en 1683, était entrée pour longtemps, en 1691, à la mort de Louvois, dans la juridiction administrative de la famille Phélypeaux. Elle y resta jusqu’à la disgrâce en 1749 du comte de Maurepas.

En 1701, l’oncle Jérôme, et son neveu, le savant abbé Jean Paul, avaient d’un commun accord, changé complètement son statut. « La Petite Académie » gardait le nom d’Académie qu’elle avait reçu de Louvois, mais elle est érigée, cette fois, en Académie royale, sur le même pied que les autres. Elle comportait désormais quarante fauteuils ; ses compétences et son horizon étaient considérablement élargis. En 1716, un nouveau règlement, conçu par l’abbé Bignon, son secrétaire perpétuel et Directeur de la Bibliothèque royale, confirma ces dispositions, ne changeant que le nom de l’Académie royale, devenue dès lors des Inscriptions et belles-lettres.

La vocation nouvelle de l’Académie, souhaitée par Jean-Paul Bignon, et approuvée par le ministre de la Maison du roi, son tout jeune cousin Maurepas, ne prend tout son sens que dans le contexte de la Querelle des Anciens et des Modernes. Les Modernes, conduits par Fontenelle et Houdart de la Mothe, avaient noyauté l’Académie française. L’Académie des sciences, avec Fontenelle pour secrétaire perpétuel, leur était naturellement acquise. En compensation, et par un arbitrage implicite, le pouvoir royal, représenté par les deux Phélypeaux, Bignon et Maurepas, pourvoyait les Anciens d’un forum prestigieux. Les Mémoires annuels de l’Académie, lus dans toute l’Europe vont largement contribuer à donner, tout au long du siècle des Lumières, aux études des langues et des antiquités, bref aux humanités, la légitimité, la gravité et la politesse que lui déniaient les modernes géomètres. En réalité, un Forum érudit des sciences humaines existait à Paris depuis au moins 1616, ce qui pourvoit notre Académie d’un droit d’aînesse de fait, sinon de droit, antérieur de près de vingt ans à celui dont se réclame l’Académie française. Je me garderai bien de pousser l’argument trop loin, au risque de déclencher une guerre civile, fatale à la survie de l’Institut.

Mais le fait est là, et il n’est même pas le privilège de la seule A.I.B.L. Ce que nous appelons « création » des Académies par le pouvoir royal au XVIIe siècle a été, en réalité, et dans chaque cas, la consécration et l’officialisation d’une compagnie privée déjà existante, dont la conversation régulière entre pairs était devenue, dans Paris, le principal pôle d’attraction et de coopération dans l’un des domaines majeurs de l’encyclopédie savante et élégante. L’Académie française a été anticipée, entre 1629 et 1635, par une compagnie de lettrés qui se réunissait régulièrement en privé autour de Valentin Conrart, secrétaire du Roi, et chez lui ; Le premier historien de l’Académie, Paul Pellisson a écrit, sur cette proto-académie, de très belles pages nostalgiques.

Par une indiscrétion de l’abbé de Boisrobert, son espion, Richelieu eut vent de l’existence de cette compagnie. Il lui fallut six ans pour l’ériger en Académie royale. La plupart des habitués de Conrart occupèrent les premiers des quarante fauteuils, suivis par toute l’équipe des collaborateurs littéraires du cardinal. Le même temps de latence vaut pour l’Académie royale des sciences, créée par Colbert en 1666, mais pas du tout ex nihilo. La compagnie de mathématiciens et physiciens qui se réunissait régulièrement après la Fronde, autour de Henri-Louis Habert de Montmor, et chez lui, en fut la préfiguration privée. Il est très probable que l’Académie de peinture et sculpture, créée officiellement en 1648, et réformée par Colbert en 1664, fut précédée, pendant le séjour de Nicolas Poussin à Paris en 1640-1642, et autour de lui, par un groupe informel d’artistes conseillant le Surintendant Sublet de Noyers et ses collaborateurs, les frères Fréart de Chambray et de Chantelou.

Il en fut de même pour l’Académie royale des Inscriptions, mais sur une plus longue durée. La compagnie privée de grands lettrés qui est devenue officiellement Académie royale en 1701 a été admirablement décrite, sous le nom de « Cabinet Dupuy », ou « Cabinet des Adelphes », par mon maître René Pintard, dans un chef-d’œuvre proustien : Le libertinage érudit à Paris dans la première moitié du XVIIe siècle. Le livre de Pintard ne va pas au-delà de 1656, date de la mort de Jacques Dupuy, cinq après celle de son frère Pierre. La Bibliothèque de Thou, puis la Bibliothèque du roi, dont les deux frères avaient été nommés Gardes en 1635, hébergèrent successivement cette compagnie d’élite, protégée par Richelieu, et déjà quasi officielle. À la disparition des Adelphes, l’âme de la compagnie, la direction de la Bibliothèque du roi est dévolue à l’abbé Colbert ; qui en fait sa résidence personnelle, puis son pied-à-terre parisien, quand il est nommé évêque de Luçon.

Que devient alors le « Cabinet » Dupuy privé de son domicile royal, entre 1656 et 1701, date à laquelle où il se métamorphosa en Académie royale, absorbant la « Petite Académie » ? Pour le savoir, il faut interroger un ami et collaborateur de l’abbé Jean Paul Bignon, notre refondateur, le savant abbé Claude Nicaise (1623-1701). Ce personnage, dont cinq gros volumes de correspondance avec la République européenne des Lettres (notamment Leibniz) sont conservés, encore inexploités, à la B.N.F., mériterait d’être mieux connu. C’est l’un des continuateurs de Nicolas Peiresc, grand ami des Dupuy, sous Louis XIV.

En 1690, il a dédié au Chancelier de Pontchartrain un essai érudit et brillant sur les Sirènes où il introduit, mêlant le doux à l’utile, une brève histoire de la survivance du« Cabinet Dupuy » sans les Dupuy. C’était à l’évidence une invite indirecte, mais efficace, à l’endossement par l’État royal de cette compagnie. Je me bornerai à citer une brève anthologie de ce précieux témoignage :

« Les Assemblées du Cabinet, écrit Nicaise, commencèrent proprement en 1616, à prendre ce nom chez le président Jacques-Auguste de Thou, un an avant la mort de ce célèbre Historien. Après cette mort, en 1617, les Assemblées continuèrent dans sa maison sous les deux Messieurs Dupuy (qui réunissaient tous les jours, à partir de cinq heures, la fine fleur érudite et philosophique de Paris ou de passage à Paris, partageant la correspondance entretenue par les deux Dupuy avec les grands lettrés de toute l’Europe). Encore en 1690, fait savoir Nicaise au Chancelier Pontchartrain, le « Cabinet », quoique déplacé localement, n’en réunit pas moins « des gens savants en toute sorte d’érudition, dans les langues, dans les arts, dans la philosophie, dans les mathématiques, dans la belle Antiquité, dans la Jurisprudence tant civile que canonique, dans la Géographie ancienne et moderne, dans la Chronologie, dans l’Histoire sacrée et profane, dans les Généalogies des familles de l’Europe et dans les intérêts des Princes, et surtout des rois de France et de leurs prérogatives, enfin dans toutes sortes de belles lettres. »

Ce programme d’historiens et d’antiquaires, est exactement celui que le Chancelier de Pontchartrain et son neveu Bignon vont transporter, neuf ans plus tard à l’Académie royale des Inscriptions, tout en lui laissant le soin de l’Histoire métallique du règne, devenue moins centrale avec la disparition de la « Petite Académie ».

Mais qu’était devenu, dans l’intervalle, et à quelles adresses parisiennes, ce Cabinet Dupuy qui allait devoir à la gens Phélypeaux, en 1691 et 1701, le statut plénier et le vaste dessein d’une Académie royale ? L’abbé Claude Nicaise en ponctue l’itinéraire :

« M. de Thou (Jacques-Auguste, frère cadet de la victime de Richelieu), le dernier mort (en 1677), remit les Assemblées chez luy, rue Saint-André-des-Arts, et il les continua assez longtemps, jusqu’à ce qu’ayant été loger dans une extrémité de la ville, où elles ne pouvoient plus se tenir commodément, elles se firent dans la rue Serpente, chez M. Salmon, Garde des rôles des offices de France, si distingué par son mérite, et par les manières honnêtes et obligeantes dont il usoit envers tout le monde. Depuis sa mort, qui arriva en 1680, M.de Vivault son gendre, Conseiller du roi en ses conseils, et Maître des Requêtes ordinaire de son hôtel, les continue agréablement dans la rue Hautefeuille, qu’il est à souhaiter qu’il vive une longue suite d’années pour en prolonger le plaisir. »

Remarquables sont les mots de « plaisir », de « manières honnêtes et obligeantes », dont se sert Nicaise pour caractériser l’éthos de cette communauté savante, composée de rentiers qui s’offrent le luxe de poursuivre bénévolement des recherches sévères afin d’échapper à la mélancolie et à l’ennui, les maladies du loisir. Nous connaissons bien aujourd’hui la géographie urbaine des « bonnes » ou « très bonnes » compagnies mondaines qui constellent le Paris du Grand siècle et celui de Louis XV. Nicaise nous montre que le même Paris n’est pas moins fécond en compagnies savantes, satellites, mais non rivales, de celle qui héritait directement de l’illustre « Cabinet » fondé par la gens de Thou, l’ancêtre véritable de notre l’Académie.

« Telle est celle, écrit-il, qui se tient au Cloître Nostre Dame, chez M. Ménage, où plusieurs personnes du Cabinet ont coutume de se trouver […]. Ce sçavant homme a la mémoire si remplie et si fraîche de tout ce qu’il a jamais lu dans les meilleurs auteurs, qu’il est comme une bibliothèque vivante, qui fournirait dans un besoin toute seule aux entretiens de cette Assemblée […]. Telle est aussi celle qui se tient tous les Mardis Place Royale, chez M.L’abbé de Dangeau, où plusieurs personnes du Cabinet se rendent […]. Celle qui se tient sur les Fossés de M. le Prince, chez le sage et savant Ulysse, M. d’Herbelot, est aussi du nombre. Le public attend avec impatience les fruits de ses doctes veilles et de ses voyages, dans ce rare et excellent ouvrage, qui est présentement sous presse, je veux dire cette Bibliothèque Orientale si désirée de chacun. »

Nicaise énumère et décrit encore, rue Saint-Jacques, rue Saint-Dominique, et en plusieurs autres lieux, des compagnies savantes, bien distinctes et néanmoins amies du Cabinet. L’abbé Bignon lui-même était l’hôte d’une de ces compagnies, et c’est dans l’ensemble de ce réseau qu’il puisa pour peupler les Quarante de la jeune A.I.B.L., dont il fut élu secrétaire perpétuel, dès 1701. En exposant comment, en 1689-1690, est née dans ce milieu d’excellence le projet d’un traité sur les Sirènes, l’abbé Nicaise nous fait toucher du doigt la densité, la qualité, et la politesse proprement académiques qui unissait cet archipel de compagnies tant savantes que mondaines :

« MM. les abbés de Dangeau et de Choisy, étant venus au Cabinet, selon leur coutume, au sortir de l’Académie française, rapportèrent qu’à l’occasion d’un passage de Virgile, il s’y était agitée une difficulté sur les Sirènes, savoir si elles étaient oiseaux ou poissons. Le savant M. Huet, évêque d’Avranches, ayant dit qu’elles étaient oiseaux, fut un peu contredit, et l’on ne fut point de son avis ».

Aussitôt les savants de plusieurs compagnies sont appelés à contribuer à la querelle. L’abbé de Dangeau, consulte le Cabinet, et le lendemain, l’abbé Nicaise y apporte des répertoires de gravures d’après bas-reliefs et médailles antiques où les mélodieuses Sirènes sont pour moitié des oiseaux, tandis qu’un M. Guyard produit un recueil des passages de poètes, mythologistes et autres Auteurs qui ont parlé des Sirènes M. le comte de Pontac, savant hébraïsant, offre les ressources de la Bible. C’est ainsi que Nicaise en est venu à concevoir une synthèse de ce colloque improvisé, dans un traité agréable et érudit à destination du Chancelier de Pontchartrain. Il captait ainsi sa bienveillance envers le fameux « Cabinet » qui attendait encore une reconnaissance officielle. Cette bienveillance lui était d’autant plus assurée que le docte Nicaise et ses amis étaient indemnes de pédantisme, et savaient être érudits sans être pesants dans l’étude de ce que l’abbé appelle « la belle Antiquité ». Le puissant patron de Nicaise, l’abbé Jean-Paul Bignon devenu en 1701 le premier secrétaire perpétuel de l’Académie, entendait bien lui aussi joindre aux filles de Mémoire les Grâces et les Sirènes. Il s’était fait construire une villa à la Pline, sur une île de la Seine en amont de Paris, l’Île-Belle, où il passait ses loisirs en galante compagnie. Il publia en 1714 un roman orientaliste, Les Aventures d’Abdalla, fils d’Hanif, qu’il dédaigna de terminer, mais qui connut sous pseudonyme un vif succès.

Cela ne l’empêcha pas, à la tête de l’Académie et de la Bibliothèque royale, de s’imposer comme le prince français de la République des Lettres, en relation épistolaire avec l’Europe lettrée, digne successeur, après un demi-siècle, de Pierre Dupuy, que de son temps, on avait appelé « le pape gallican » de Paris. De son côté, l’abbé Nicaise, dans la péroraison des Sirènes, avait fait l’éloge du délicieux otium cum dignitate dont il jouissait lui-même dans la conversation de ses pairs :

« J’aime le Cabinet, confiait-il à Pontchartrain, parce qu’on n’y donne point dans ces vaines curiosités de Philosophie, on y aime l’Histoire, les beaux-arts, les belles lettres, la belle morale, […] mais surtout, parce que depuis son établissement jusqu’à présent, on y a toujours veut régner une grande concorde et une grande union. »

Cet éthos conservateur du loisir lettré académique, teinté d’épicurisme et de scepticisme, convenait parfaitement à la monarchie et à sa haute administration. L’esprit de la République des Lettres, tel que l’entendait le clergé janséniste ou un érudit critique tel que le calviniste Bayle était beaucoup plus agonistique et beaucoup moins académique. Dans le détour de l’article Catius, Bayle va jusqu’à écrire :

« Cette république est un état extrêmement libre. On n’y reconnaît que l’empire de la vérité et de la raison, et, sous leurs auspices, on fait la guerre innocemment à qui que ce soit. Les amis s’y doivent tenir en garde contre leurs amis, les pères contre leurs enfants, les beaux-pères contre leurs gendres : c’est comme au siècle de fer :
« … non hospes ab hospite tutus Non sacer a genero.
[L’hospitalité n’offre plus un refuge sacré. Le beau-père redoute son gendre].
Chacun y est tout ensemble souverain et justiciable de chacun. »
Ovide, Métamorphoses, livre I, v. 144.

À chacun de nous de faire son choix ou sa synthèse.



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