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Bilan 2011

Par M. André VAUCHEZ, Président de l’Académie






Monsieur le Chancelier, Madame et Monsieur les secrétaires perpétuels, Monsieur le Président de l’Institut, Excellences, Mes chers confrères, Mesdames et Messieurs,
Selon une tradition vénérable, la séance de rentrée solennelle de notre Compagnie sous la Coupole fournit l’occasion de présenter un rapide bilan de la vie et des activités durant l’année écoulée. Cette tâche échoit le plus généralement au Président de l’Académie qui peut ainsi présenter les actions conduites par le Secrétaire perpétuel et son Bureau lors de sa mandature. L’année académique qui s’achève bientôt aura été intense à cet égard ; elle restera également dans nos mémoires comme une annus horibilis, une trop longue série de disparitions, à commencer par celle de notre Secrétaire perpétuel Jean Leclant, ayant endeuillé notre Compagnie. Notre Président Michel ZINK, lui ayant succédé à cette lourde charge et après que mes confrères m’ont demandé d’assumer la continuité de ses fonctions d’ici 2012, il me revient donc de prononcer ce discours d’ouverture.

Depuis le 26 novembre 2011, quatorze membres et correspondants de l’Académie nous ont quitté.

Jean LECLANT élu membre de l’Académie en 1974, avant d’en devenir son Secrétaire perpétuel en 1983, s’est éteint, à Paris, le 16 septembre 2011, dans sa quatre-vingt-douzième année. Le nombre des hommages qui lui ont été rendus à divers titres depuis lors, l’afflux de messages de sympathie adressés à notre Compagnie par les plus hauts responsables de l’Etat, des représentant de tant de nations, une foule de savants français et étrangers, attestent, en un concert unanime, de la stature considérable de celui qui présida aux destinées de notre Compagnie quelque trois décennies durant. Normalien né à Paris (promotion 1940), agrégé de géographie et docteur ès lettres, Jean LECLANT accomplit une carrière toute rectiligne : ancien membre de l’Institut français d’Archéologie orientale du Caire, il professa à l’Université de Strasbourg, puis à la Sorbonne, enfin au Collège de France ; il fut également directeur d’études à la IVe section de l’EPHE. Fondateur, à l’invitation du Négus Hailé Sellasié, du Service archéologique en Éthiopie en 1952, il dirigea longtemps les missions archéologiques françaises au Soudan et de Saqqarah. Archéologue par excellence, il veilla, en tant que Secrétaire général de la commission des recherches archéologiques du ministère des Affaires étrangères, à l’organisation de plus de cent chantiers de fouilles répartis à travers le monde, de 1973 à 1988. Il présida, de 1988 à 2008, le Haut-Comité des Célébrations nationales du ministère de la Culture et fut Vice-Président de la Commission française pour l’UNESCO. Son œuvre a été consacrée à l’étude des cultures de la vallée du Nil, plus spécialement à l’égyptologie et aux études nubiennes mais aussi isiaques. Parmi ses dernières publications, auxquelles il était fort attaché, car elles concrétisaient l’aboutissement de longues années de coopération, signalons plusieurs ouvrages collectifs : son Répertoire d’Épigraphie méroïtique, Les textes de la Pyramide de Pépy Ier, ou bien encore le recueil bio-bibliographique en 3 vol. de l’Institut de France, lancé lors de son Bicentenaire en 1995. Le rayonnement international de Jean LECLANT lui avait valu de prestigieuses distinctions mais aussi d’être agrégé au sein de tant d’Académies et de sociétés savantes étrangères que je ne me risquerai pas à en énoncer la liste. Il fut, à partir de 1992, le conservateur de la Villa Kérylos à Beaulieu-sur-Mer, qui bénéficia, sous sa houlette, d’importants travaux et d’une expansion de ses activités culturelles, avec notamment l’organisation de colloques annuels. Sa dépouille repose au cimetière du Montparnasse, auprès de la tombe de l’égyptologue Gaston MASPERO, l’un de ses prédécesseurs au Collège de France, le Secrétaire perpétuel de l’Académie de 1914 à 1916, auquel il avait consacré plusieurs études, empreintes d’admiration.

Née en 1913 à Chartres, Jacqueline de ROMILLY, qui avait été élue en 1975, membre de l’Académie, puis à l’Académie française en 1988, est décédée à Paris le 18 décembre 2010. Normalienne, agrégé d’histoire et docteur ès lettres, elle était une figure de proue de l’érudition dans les divers domaines de l’Antiquité grecque. Professeur à l’Université de Lille, puis à la Sorbonne, elle professa au Collège de France de 1973 à 1987. Spécialiste de Thucydide, elle en avait édité les œuvres, avec traduction et commentaire. Ses recherches sur le théâtre grec donnèrent également la matière de plusieurs maître livres. Attachée à l’étude de la pensée morale et politique dans la Grèce antique, elle avait aussi publié un livre incomparable sur La loi dans la pensée grecque, des origines à Aristote. Écrivain de talent, Jacqueline de ROMILLY était toujours disponible pour les nobles causes, notamment pour la promotion de l’humanisme et la défense des langues classiques.

Né à Marseille en 1930, Claude NICOLET, qui avait été élu membre de l’AIBL en 1986, est décédé à Paris le 24 décembre 2010. Normalien, agrégé d’histoire, ancien membre de l’École française de Rome et docteur ès lettres, c’était un grand historien de la Rome antique et un intellectuel réputé. Il professa, de 1969 à 1992, à l’Université de Paris I. Directeur de l’ERA du CNRS « Fonctionnement des systèmes politiques et sociaux du monde romain et hellénistique », fondateur, en 1981, du centre Gustave Glotz de la Sorbonne, il fut, de 1992 à 1995, directeur l’École française de Rome. Spécialiste mondialement reconnu de l’histoire des institutions et des idées de la République romaine, il était aussi, pour l’Antiquité, un éminent expert des questions d’ordre économique et démographique. S’intéressant vivement à l’action politique, Claude NICOLET avait été détaché au cabinet de Pierre Mendès France en 1956 ; il avait été aussi chargé de mission sur l’éducation civique au sein du Cabinet de Jean-Pierre Chevènement.

Né à Grenoble en 1940, André LARONDE, qui avait été élu membre de l’Académie le en 2002, après avoir été nommé correspondant en 1999, est décédé à Paris le 1er février 2011. Agrégé d’histoire et docteur d’État, il professa à l’Université de Grenoble, puis à la Sorbonne. Directeur de son Centre de Recherches sur la Libye antique, il dirigea de 1992 à 2001 l’équipe du CNRS « Vallée du Nil, oasis, Libye, Méditerranée ». Historien, épigraphiste et archéologue, il présida, pendant quelque trente ans, aux destinées de la Mission archéologique française en Libye. A l’actif de sa production scientifique, citons son Cyrène et la Libye hellénistique, rapidement devenu un classique. Il siégeait au sein du conseil d’administration de la fondation Thiers et avait présidé la conférence nationale des Académies de Province, placée sous l’égide de l’Institut de France.

Né à Caen en 1920, Louis BAZIN, élu membre de l’Académie en 1993, est décédé à Paris le 2 mars 2011. Normalien à l’âge de 18 ans, agrégé de grammaire et docteur d’État, c’était un orientaliste de réputation mondiale, un grand turcologue et le maître du comparatisme turco-mongol. Directeur d’études à la IVe section l’EPHE et directeur de l’Institut d’Études turques de l’Université de Paris, il professa la langue turque aux Langues’O et à l’Université de Paris III. Vice-Président de l’Union internationale des Études orientales et asiatiques, il avait établi dans sa thèse de doctorat, parue à nouveaux frais en 1991, Les systèmes chronologiques dans le monde turc ancien.

Emmanuel POULLE, élu membre de l’AIBL en 1996, est décédé à Avranches le 1er août 2011. Né à Paris en 1928, archiviste paléographe, diplômé de l’EPHE et docteur ès lettres, il avait accompli l’essentiel de sa carrière à l’École des Chartes, y exerçant notamment les charges de professeur, puis de directeur entre 1988 et 1993. Il fut aussi secrétaire perpétuel de l’Académie internationale d’Histoire des Sciences. Réputé pour ses travaux sur la paléographie, en particulier des écritures cursives en France du XVe au XVIIe siècle, ses recherches sur l’astronomie médiévale lui valurent tout autant un grand renom international. C’est Emmanuel POULLE qui élabora naguère la devise ornant les deux cadrans solaires restaurés dans la grande cour de l’Institut : Horas tuas quia breves immortalibus operibus vove (« puisque tes heures sont courtes, c’est à des œuvres immortelles qu’il te faut les consacrer »). Une maxime à méditer, que nous dédions à sa mémoire.

Né en Autriche en 1924, Siegfried LIENHARD qui avait été élu associé étranger de notre Académie en 1998, après avoir été nommé correspondant en 1996, est mort à Stockholm le 6 mars 2011. Docteur ès lettres de l’Université de Vienne, c’était un sanskritiste spécialiste de la littérature et de la culture népalaises. Il enseigna à Göttingen et Bénarès, avant de professer l’indologie aux Universités de Kiel et de Stockholm, de 1962 à 1990. Docteur honoris causa de plusieurs Universités, dont celle de Paris III et la prestigieuse Sanskrit University de Tirupati, il laisse une œuvre écrite en diverses langues, dont le français.

Élu associé étranger de l’Académie en 1993, après avoir été nommé correspondant en 1991, le sinologue et mongolisant Herbert FRANKE est décédé le 10 juin 2011 à Munich. Né à Cologne en 1914, docteur en droit et en chinois, il avait accompli une carrière toute droite à l’Université de Munich, dont il fut le doyen de 1970 à 1974. Sa mémoire restera attachée à l’étude des empires sinisés formés sur les confins septentrionaux de la Chine du Xe au XIVe siècle. Auteur de diverses traductions, Herbert FRANKE consacra également plusieurs volumes importants aux contes et nouvelles chinois.

Né en 1916 à Kolozvar (Hongrie, actuellement Cluj en Roumanie), naturalisé français en 1945, Denis Sinor, qui avait été nommé correspondant de l’AIBL en 1996, est décédé le 12 janvier 2011 à Bloomington (États-Unis). Professeur à Cambridge, puis à l’Université d’Indiana à Bloomington, il y fonda, en 1967, l’Asian Studies Research Institute. Ses travaux portaient notamment sur les langues du groupe mongol, mandchou et turc, mais aussi sur les parentés entre les langues ouralo-altaïques et finno-ougriennes.

Les études hongroises ont été doublement frappées cette année dans notre Compagnie avec le décès de Jean-Charles Perrot, survenu à Paris le 5 mai dernier. Né à Malesherbes en 1925, normalien, agrégé de grammaire et docteur ès lettres, Jean-Charles Perrot avait été nommé correspondant de l’AIBL en 1997. C’était un linguiste renommé non seulement pour ses travaux sur les langues finno-ougriennes et ouraliennes, mais aussi dans les domaines de la linguistique générale et latine. Professeur à la Sorbonne, puis à la Sorbonne Nouvelle, il dirigea, entre autres, le Centre interuniversitaire d’études hongroises. Il faut aussi directeur d’études à la IVe section de l’EPHE.

Oleg Grabar, nommé correspondant étranger de l’AIBL en 1999, est décédé à Princeton (États-unis) le 8 janvier 2011. Né à Strasbourg en 1929, c’était le spécialiste mondial de l’art et l’architecture musulmanes qu’il professa tour à tour aux Universités du Michigan et Harvard, puis à l’Institute for Advanced Study de Princeton. Archéologue de terrain et expert de réputation internationale, il avait été chargé en 2001 par l’UNESCO de l’inspection des fouilles du Mont du Temple à Jérusalem.

L’archéologue Alessandro de Maigret, nommé correspondant étranger de l’AIBL en 2009, est décédé près de Pérouse, le 14 février 2011. Né en 1943, professeur à l’Université de Naples « L’Orientale », il avait fondé et dirigeait les missions archéologiques italiennes du Yémen et en Arabie saoudite. Sa contribution scientifique majeure restera la révélation de l’importance de l’âge du Bronze au Yémen.

Né à Amiens en 1926, l’archéologue Roger Agache, qui avait été élu correspondant de l’Académie en 1991, est décédé dans sa ville natale, le 17 septembre 2011. Autodidacte et ancien instituteur, pionnier de la photographie aérienne et de son utilisation en archéologie, il fut directeur des Antiquités préhistoriques de Picardie de 1963 à 1987 ; il enseigna aussi à l’Université de Caen.

Le sanskritiste Manfred Mayrhofer, nommé correspondant étranger de l’AIBL en 1976, est décédé à Linz (Autriche), le 31 octobre 2011. Né en 1926, professeur à l’Université de Vienne, après l’avoir été aux Universités de Graz et de Würzburg, il était un éminent spécialiste du domaine indo-européen.

Nommé correspondant étranger de l’AIBL en 2000, l’égyptologue Thomas James est décédé en 2009 – ce dont l’Académie n’a été informée que cet été. Archéologue et épigraphiste, directeur du département des Antiquités égyptiennes du British Museum de 1971 à 1988, il mena de nombreuses campagnes de fouilles à Saqqarah, dans la nécropole thébaine et au Gebel es-Silsila.


Après cette trop longue litanie rendue en hommage à des savants français et étrangers, qui laisseront le souvenir de tant d’heures brillantes, il convient de se tourner vers l’avenir et de saluer l’élection de deux nouveaux membres et de huit correspondants étrangers. Mais auparavant, nous souhaitons renouveler nos félicitations à notre nouveau Secrétaire perpétuel le Professeur Michel ZINK, élu le 28 octobre dernier. Professeur au Collège de France et Vice-Président de l’Assemblée des Professeurs de cet établissement, notre Secrétaire perpétuel est un médiéviste, spécialiste de la littérature profane et religieuse de la France aux XIIe-XIVe s. Comme critique littéraire, il s’est en particulier intéressé au problème de la subjectivité de la littérature médiévale ou encore à son regard sur le passé. Co-directeur de la revue Romania et de la Revue critique de Philologie romane, il est le directeur de la collection « Lettres gothiques » du Livre de Poche.

M. François DÉROCHE, qui était correspondant de l’Académie depuis 2001, a été élu le 28 janvier 2011. Normalien, agrégé de lettres classiques et docteur ès lettres, ancien pensionnaire de l’IFEA d’Istanbul, c’est un arabisant qui enseigne à la IVe section de l’École pratique des Hautes Études. Président de la Société d’Étude du Maghreb préhistorique, antique et médiéval et du Congrès international d’Art turc, il est l’auteur d’un Manuel de codicologie des manuscrits en écriture arabe, qui a fait date dans les études islamiques.

L’archéologue Jean GUILAINE, qui était correspondant de l’Académie depuis 2006, a été élu le 17 juin dernier. Tout à la fois docteur ès lettres, directeur d’études à l’EHESS, ancien directeur de recherche au CNRS et professeur honoraire au Collège de France, Jean GUILAINE est un protohistorien de réputation internationale. Spécialiste des débuts de l’agriculture et des cultures méditerranéennes avant l’Histoire, il a dirigé de nombreuses fouilles sur le pourtour méditerranéen. On lui doit d’incomparables ouvrages de synthèse comme La mer partagée la Méditerranée avant l’écriture (7000-2000 av. J.-C.) ou bien encore La France d’avant la France.


Le vendredi 27 mai 2011 ont été élus à l’Académie huit nouveaux correspondants étrangers :

  1. M. Zaza Aleksidzé, de nationalité géorgienne, spécialiste des cultures écrites du Caucase, président du conseil scientifique du Centre national des Manuscrits de Tbilissi ;
  2. M. Joseph Bergin, de nationalité irlandaise, spécialiste d’histoire religieuse de la France aux XVe-XVIIe siècle, professeur à l’Université de Manchester ;
  3. Mme Corinne Bonnet, de nationalité belge, historienne des religions, spécialiste de l’historiographie du Proche-Orient ancien, Professeur à l’Université de Toulouse ;
  4. M. Christopher Jones, de nationalités à la fois canadienne et britannique, helléniste de grand renom, spécialiste de l’Orient romain, professeur émérite à l’Université Harvard ;
  5. M. Frankwalt Möhren, de nationalité allemande, linguiste, spécialiste de la lexicologie de l’ancien français, professeur à l’Université de Heidelberg ;
  6. M. Lê Phan Huy, de nationalité vietnamienne, le grand historien du Vietnam, Président de l’Association des Historiens du Vietnam ;
  7. M. Shoichi Sato, de nationalité japonaise, historien du haut Moyen Âge occidental, membre de l’Académie du Japon, professeur à l’Université de Nagoya ;
  8. enfin, Philip Van der Eijk, de nationalité néerlandaise, historien de la philosophie et de la médecine grecques, actuellement professeur à l’Université Humboldt zu Berlin.

Depuis notre dernière rentrée solennelle, l’Académie s’est réunie 31 fois pour ses séances hebdomadaires publiques. Plusieurs de ces séances ont matérialisé le point d’orgue d’un certain nombre de manifestations organisées sous la houlette de l’Académie, souvent en partenariat avec des institutions prestigieuses. Parmi ces événements, il convient de mentionner :

  • La commémoration du 80e anniversaire du déchiffrement de l’alphabet cunéiforme de Ras Shamra-Ougarit, organisée, les 2 et 3 décembre 2010, sous la direction de notre confrère Christian ROBIN ; occasion a été ainsi fournie d’établir le status quaestionis des recherches contemporaines sur les cultures de la Méditerranée orientale à la fin de l’âge du Bronze ;
  • Le colloque « Recherches sur le monde ottoman, XVe-XIXe siècle », organisé, les 10 et 11 décembre 2010, en collaboration avec la Société asiatique, dirigée par notre Vice-Président M. Jean-Pierre MAHÉ, et l’INALCO ; ont été valorisés, lors de ses assises, divers aspects du cheminement intellectuel ayant abouti à la valorisation du monde ottoman comme objet d’étude scientifique en France ;
  • Le centenaire de la Revue d’Histoire de l’Église de France pour la création de laquelle l’Institut de France et tout particulièrement l’Académie jouèrent un rôle majeur ; organisée à mon initiative, le 14 janvier dernier, avec la Société d’Histoire religieuse de France, que préside le professeur Bernard Barbiche, cette journée a permis, en présence de S. Éminence le Cardinal Paul Poupard, Président émérite du Conseil pontifical de la Culture et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, de s’interroger sur l’utilité et le sens de l’histoire religieuse dans le monde d’aujourd’hui ;
  • Le colloque « Origines du Coran, Coran des origines », qui s’est déroulé les 2 et 3 mars 2011 en vue de célébrer la publication de la Geschichte des Qorâns de Theodor Nöldeke, correspondant étranger de l’Académie ; co-organisé par nos confrères François DÉROCHE, Christian ROBIN ainsi que M. Michael Marx, directeur du groupe de recherche Corpus Coranicum de l’Académie de Berlin, ce colloque a permis de jeter une lumière vive sur les nouvelles façons d’interpréter la structure du texte coranique et d’examiner les vestiges manuscrits de sa transmission ;
  • Le vendredi 24 juin, une journée d’étude venue commémorer, à l’initiative d’Olivier PICARD, membre de l’Académie, et de notre correspondant Dominique Mulliez, alors directeur de l’École française d’Athènes, un siècle de fouilles à Thasos, l’un de nos chantiers phare en Méditerranée ;
  • Le XXIIe Colloque de la Villa Kérylos, présidé, les 7et 8 octobre 2011, par mes confrères Jacques JOUANNA et Pierre TOUBERT, sur le thème : « L’eau en Méditerranée de l’Antiquité au Moyen Âge » ; en présence du Chancelier de l’Institut, M. Gabriel de BROGLIE et de son Président, M. Jean BAECHLER, qui y a présenté une communication, ont été mis en valeur, les enjeux à la fois technique, économique et politique, mais aussi médicaux ou religieux, liés à la maîtrise de l’eau dans les sociétés anciennes ;
  • Enfin, le colloque « Hommage à Jacqueline de Romilly — L’empreinte de son œuvre », organisé les 27-28 octobre 2011, par notre Confrère Jacques JOUANNA, Mme Monique Trédé et Mme Véronique Boudon-Millot – et dont l’une des sessions a été présidée par Mme Hélène CARRERE d’ENCAUSSE, secrétaire perpétuel de l’Académie française.

D’autres faits marquants sont à porter au crédit de l’année écoulée :

  • Du 2 au 4 février 2011, notre Compagnie a accueilli la réunion annuelle du Bureau de l’Union académique internationale, en présence de son Président, M. Janusz Kozlowski, et de MM. Jacques JOUANNA, membre du Bureau de l’UAI, et Bernard POTTIER, délégué de l’Académie auprès de cette instance ;
  • Du 4 au 6 février, nous avons participé aux Ve salon du livre des sciences humaines, organisé par la fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, à l’Espace des Blancs-Manteaux. M. Michel ZINK y a notamment fait un exposé sur « Ce qui passe et ce qui demeure : livres anciens, lectures vivantes » ;
  • Le dimanche 18 septembre, dans le cadre de la XXVIIe Journée du Patrimoine consacrée au thème du Voyage, l’Académie a présenté une exposition sur l’œuvre de trois de ses membres, qui furent de grands pionniers : l’historien et romancier Prosper MÉRIMÉE, l’orientaliste Henri CORDIER et l’helléniste Louis ROBERT ;
  • Le 30 septembre 2011, l’Académie a reçu M. Phan Huy Lê, historien du Vietnam et correspondant de l’AIBL ; accompagné d’une délégation officielle, il est venu à l’Institut présenter une communication, en présence de S. Exc. Duong Chi Dung, ambassadeur du Vietnam à Paris ;
  • Le vendredi 14 octobre, à l’occasion d’un voyage privé à Paris, S. M. NORODOM Sihamoni, Roi du Cambodge, a participé à une séance de l’Académie, dont il est associé étranger. Cette manifestation d’amitié et de science franco-cambodgienne s’est déroulée en présence d’une assistance réunissant de nombreuses personnalités. Accompagnaient notamment le Roi : S. Exc. M. Kong Som Ol, Vice-Premier Ministre et ministre du Palais Royal et S. Exc. Mme Khek Sysoda, ambassadeur du Cambodge en République populaire de Chine. Ont également honoré de leur présence l’Académie : M. Azedine BESCHAOUCH, ministre de la Culture tunisien, associé étranger de l’AIBL ainsi que plusieurs ambassadeurs ;
  • Enfin, lors de la séance solennelle de rentrée des cinq Académies, qui s’est tenue le 25 octobre dernier sur le thème de « Le virtuel », notre Académie a été représentée par notre Secrétaire perpétuel Michel ZINK, qui a prononcé un discours intitulé : « Le virtuel, futur du passé ».

Il serait fastidieux de vous entretenir du travail des 50 commissions qui ont été réunies cette année par l’Académie. Certaines jouent un rôle d’expert auprès des autorités publiques, notamment par les avis qu’elles fournissent sur certains grands établissements de recherche à l’étranger. En 2011, se sera achevé, dans le cadre de cette mission, un long processus ayant abouti au remodelage des cinq Écoles relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (EFA, EFR, IFAO, Casa de Velázquez et IFAO), avec la promulgation en février d’un décret unique et l’approbation de nouveaux règlements intérieurs cet été. A ces commissions qui participent à l’effort de défense de nos disciplines, s’ajoutent des commissions administratives, celle qui veille sur la bonne marche de nos publications et, depuis 2009, une commission des statuts, dont le rapporteur est M. Marc PHILONENKO. Enfin, 37 de nos commissions, ont décidé de l’attribution de nos prix, dont la liste sera proclamée dans quelques instants par notre Vice-Président. Parmi ceux-ci, signalons le grand prix d’archéologie de la Fondation Cino et Simone Del Duca de l’Institut de France, d’un montant de 200 000 €, qui a été remis cette année sous la Coupole, le 8 juin 2011, par M. Michel ZINK au Centre de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) à Siem Reap, représenté par M. Pascal Royère, directeur des études à l’EFEO, responsable du chantier de restauration monumentale du Baphuon. Signalons aussi, que, sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de la Fondation Alexander von Humboldt, le 15 mars 2011, M. Jean-Pierre MAHÉ, Vice-Président de l’AIBL, a remis, pour la première année au nom de l’Académie, l’un des cinq prix Gay-Lussac-Humboldt 2010 à M. Konrad Vössing, professeur d’histoire ancienne à l’Université de Bonn.

Encourager et faire avancer la recherche, autant de missions fondamentales qui nécessitent pour être parachevées que l’on consacre moyens et énergie à la diffusion des acquis scientifiques qui en résultent. Depuis l’an dernier, 27 nouveaux titres ont été édités par l’Académie.

Pour les périodiques, signalons que sont parus en 2011 cinq volumes des CRAI totalisant quelque 2000 pages, ainsi que deux fascicules du Journal des Savants et un volume des Monuments Piot. Deux monographies ont été également publiées dans la collection des Mémoires de l’Académie : « Sadr, une forteresse de Saladin au Sinaï. Histoire et archéologie », sous la direction de Jean-Michel Mouton, et « Esculape et Hygie en Afrique. Recherches sur les cultes guérisseurs », par Mme Nacéra Benseddik. Quatre nouveaux volumes sont venus compléter la Carte archéologique de la Gaule (le Lot, l’Isère Nord, l’Aveyron et le Nord) ; six autres ont fait l’objet d’une réédition. Au titre du Nouvel Espérandieu Recueil général des sculptures sur pierre de la Gaule, est paru un tome consacré à Toul et à la cité des Leuques, par M. Gérard Moitrieux, tandis que le Recueil des Inscriptions syriaques s’est enrichi de 2 vol. sur l’Irak, par M. Amir Harrack totalisant quelque 1000 pages. Dans le cadre du Recueil des historiens de la France a été édité L’obituaire de l’hôpital des Quinze-Vingt de Paris, par M. Jean-Loup Lemaitre. Enfin plusieurs colloques ont été publiés par les soins de l’Académie :

  • Relations, échanges, transferts en Occident au cours des derniers siècles du Moyen Âge. Hommage à Werner PARAVICINI ;
  • Dans la série des Cahiers de la Villa Kérylos, « Histoire et archéologie méditerranéennes sous Napoléon III » ;
  • L’orientalisme, les orientalistes et l’Empire ottoman de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XXe siècle.

Afin de rendre plus facilement et accessibles ses publications, l’Académie a lancée depuis 2008 leur mise en ligne sur le portail gratuit Persée. Le volume des consultations et des téléchargements des Comptes rendus des séances de l’Académie (CRAI), qui se situent dans le peloton de tête des 120 revues de Persée (avec environ 40 000 visites et plus de 7000 téléchargements par mois) invitent l’Académie à poursuivre dans la voie de l’Internet où se réévalue la place majeure de la recherche française au sein du concert international.
Outre les mises à jours régulières de notre site Internet, participe de cette politique de diffusion élargie l’ouverture, en juin dernier, d’un compte de l’Académie sur le réseau social de « microblogging » Twitter. Ainsi notre Compagnie, loin de s’abîmer dans la contemplation d’une tradition close sur elle-même, se trouve-t-elle placée à la pointe de la modernité ; et s’il est vrai que le temps présent a besoin d’être constamment éclairé par la vigie d’une meilleure connaissance du passé, il semble évident que cette dernière ait beaucoup à retirer d’un usage adapté à ses fins des novations technologiques actuelles. Notre Compagnie qui fut, au cours de son histoire, tout autant et peut être plus un laboratoire qu’un conservatoire ne faillit ainsi pas à sa mission fondamentale.



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