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Journal des Savants Juillet-Décembre 2015



331 p., 21 ill.
Juillet-Décembre 2015


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Sommaire et résumés

 

Le récit canonique de Bouvines (Guillaume le Breton, Gesta Philippi, 181-203) à l’épreuve des autres sources », par Dominique Barthélemy, correspondant de l’Académie.

Les Gesta de Guillaume le Breton sont devenus depuis 1818 un récit canonique de Bouvines, auquel l’école méthodique s’est fiée de manière très privilégiée. C’est de fait le récit le plus dense et le plus vivant de cette bataille, œuvre d’un chapelain qui se trouvait sur place, en prière et à l’écoute des premiers récits. Si on le confronte aux autres narrations proches de la bataille dans l’espace et dans le temps, ce récit s’en tire plutôt à son avantage. Le doute ne s’installe que ponctuellement et ce qui apparaît surtout est le fait, inéluctable, qu’il comporte des lacunes et quelques partialités. D’autres sources éclairent mieux d’autres aspects de la bataille que ceux sur lesquels il insiste. Mais surtout, elles aident à bien le lire, et à corriger ainsi deux tendances d’historiens modernes : celle qui consiste à envisager le combat du roi comme une guerre très christianisée, voire sainte, et à voir comme des mercenaires impies les piétons brabançons qu’on tue à la fin. Il est intéressant aussi de relever que Guillaume le Breton, sensible à l’honneur féodal tout en évitant de louer la futilité chevaleresque, évite aussi de voir dans Bouvines une victoire toute miraculeuse comme le voudrait une vulgate ecclésiastique pro-capétienne.

« L’obituaire du grand hôtel-Dieu de Meaux », par Jean-Loup Lemaitre

À l’occasion du classement des archives du collège des Oratoriens de Juilly, en 2014, avant leur dépôt aux Archives nationales, a été retrouvé dans ce fonds d’archives modernes un obituaire, réalisé au cours du xive siècle, un manuscrit sur parchemin de 29 feuillets, malheureusement incomplet. L’analyse de cet obituaire a montré qu’il ne s’agissait pas, comme on a pu le penser à l’origine, de celui de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Juilly mais de celui du grand hôtel-Dieu de Meaux, qui avait été fondé en 1118 par une comtesse de Meaux. L’identification a été rendue possible grâce aux extraits qu’en avait publiés dom Toussaint Duplessis en 1731 dans son Histoire de l’Église de Meaux. Le texte conservé, 16 février-21 août (quarante-deux notices) est publié ici avec une courte annotation s’appuyant sur le grand cartulaire de l’hôtel-Dieu, lui aussi inédit.

« Les ecclésiastiques à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres sous l’Ancien Régime », par François Fossier

Un tiers des 248 académiciens qui composèrent la compagnie de sa fondation (1663) jusqu’à la Révolution appartenait à l’Église, du cardinalat à la commende abbatiale, sans aucun membre du clergé séculier. Quatre d’entre eux obéissaient néanmoins à la règle monastique, d’ailleurs souple, de la congrégation de Saint-Maur et l’on peut regretter qu’ils n’aient pas été plus nombreux.Leur formation s’était faite chez les oratoriens ou/et les jésuites, comme ce fut aussi le cas de tous leurs confrères laïcs. Leur foi et les mœurs ne répondaient en rien au schéma sommaire de l’abbé de cour corrompu, mais leur savoir en matière ecclésiastique n’était pas supérieur à celui de ces derniers. De fait, il est impossible de leur attribuer le privilège d’une discipline dans la recherche des antiquités gréco-latines, orientales ou du Moyen Âge. Certaines figures furent éminentes (Renaudot, Vertot, Fraguier, Sevin, Gédoyn, Sallier, Foncemagne, Lebeuf, Guenée, Garnier, Barthélemy…), d’autres plus modestes. Le principe de la sociabilité académique, qui s’instaura à cette époque et jusqu’à nos jours, excluait toute forme de prosélytisme et permit à ce corpuscule de gens d’Église de traiter de pair à compagnon et sur tous les sujets, voire les plus audacieux, avec la totalité de leurs confrères, sans qu’on puisse jamais relever ségrégation, peurs ou réticences. Dans une période de trouble des consciences, académiciens laïcs ou d’Église maintinrent le droit fil de la recherche érudite sans concessions.

« Les antiques Borghèse de la villa Médicis », par Marie-Lou Fabréga-Dubert

Chargé de l’enlèvement et de l’expédition des antiques du prince Borghèse acquises par Napoléon en 1807, le commissaire Pâris laisse à la villa Médicis une quarantaine de sculptures en très mauvais état de conservation. L’article fait le point sur le sort de ces objets mêlés à la villa à ceux de Ferdinand de Médicis qui ne sont pas partis à Florence. Les archives de l’acquisition de la collection, celles des directeurs de l’Académie de France à Rome ainsi que le catalogue de la collection Médicis font apparaître des objets privés d’histoire. Expédiés en France par Vernet et Ingres ou aujourd’hui encore en place à la villa Médicis, ils sont étudiés et leurs caractéristiques rapprochées des données des archives. Ainsi des hypothèses, parfois irréfutables, sont-elles proposées pour les identifier et reconnaître leur appartenance oubliée à la collection Borghèse. 

 

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