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Lauréat 2019


De gauche à droite : Mme Jin Siyan, MM. J.-N. Robert, Président de l’AIBL, P.-S. Filliozat, Chen Yueguang, M. Zink, Secrétaire perpétuel de l’AIBL, L. Vandermeersch, F. Verellen, N. Grimal, Vice-président de l’AIBL.

Le 7 juin 2019, la commission du Prix d’études chinoises en l’honneur de Léon Vandermeersch, créé par l’Académie et la fondation Mingyuan, s’est réunie au palais Mazarin, et a décerné son premier prix annuel, d’un montant de 10 000 €, à Mme Fan Jinshi. Ce prix lui sera remis en grande salle des séances du palais de l’Institut de France le vendredi 18 octobre prochain.

Madame Fan Jinshi est surnommée en Chine « la Fille de Dunhuang », lieu du plus célèbre des sites archéologiques du pays. Rappelons que ce site, géographiquement à l’orée de la Route de la soie, a été exploré pour la première fois par Prjevalski en 1879, puis par Aurel Stein en 1907 et par Pelliot en 1908. Il est riche de 492 grottes artificiellement creusées dans la falaise de Mogao pour servir de sanctuaires bouddhiques, du IVe au XIIe siècle. Ces sanctuaires sont abondement décorés de statues de Bouddha et de fresques paradisiaques. L’un d’eux, au n°17 de l’inventaire archéologique, transformé en dépôt de bibliothèque, renfermait quelque 50 000 documents – peintures et manuscrits divers (principalement en chinois mais aussi en sogdien, ouigour et autres langues d’Asie centrale) – dont la majeure partie fut acquise à la sauvette par Aurel Stein pour le British Museum et Pelliot pour la Bibliothèque nationale de France, puis par des mussions des bibliothèques savantes de Saint-Pétersbourg et de Kyôto. 

C’est à la conservation de ce site et aux travaux de recherche annexes que Mme Fan a consacré toute sa vie. Née à Pékin, en 1938, elle a étudié l’art et l’archéologie à l’Université de Pékin, dont elle est sortie diplômée en 1963, pour être immédiatement recrutée à l’Institut de recherche de Dunhuang, à la sous-direction puis à la direction duquel elle accèdera en 1977 puis en 1990, ainsi que cumulativement à une direction d’étude puis à un professorat à l’Université de Lanzhou. Son œuvre est essentiellement constituée de travaux de conservation particulièrement difficiles dans un environnement désertique au climat éprouvant, et à travers de graves vicissitudes politiques qui ont culminé lors de la Révolution culturelle, au vandalisme de laquelle Dunhuang n’a échappé que grâce aux objurgations de Zhou Enlai. Mme Fan a écrit l’histoire de référence sur Dunhuang et dirige un programme considérable de recension exhaustive photographique, topographique et descriptive de toutes les grottes, dont la publication a commencé en 2011 par deux grands volumes de 760 pages in-f° consacrés aux grottes 266 à 275.
Ajoutons que Mme Fan a hérité de l’attachement à la France de son prédécesseur Chang Shuhong (1905-1994), avant elle tombé amoureux des grottes de Magao, avant elle ayant tout sacrifié à leur conservation. Chang, appelé à la Direction nationale des études sur Dunhuang à la création de cette charge en 1942, a pour s’y consacrer coupé court à une brillante carrière artistique commencée en France aux Beaux-arts de Lyon en 1928 puis de Paris en 1952, à l’avant-garde des peintres chinois convertis à la peinture à l’huile, distingué dans plusieurs expositions en France. Mme Fang, qui s’honore de vénérer cette grande figure, en a exemplairement pris la suite.



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