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Lauréats 2019

Bourse 2019 : M. Sébastien Clouet

M. Sébastien Clouet, archéologue, prépare une thèse de doctorat à la Sorbonne sur : « Les mines d’Angkor. Provenance et circulation des métaux non ferreux dans le Cambodge angkorien (IXe-XVe siècle) ».
Intégré au programme de recherche LANGAU (EFEO, dir. Brice Vincent), consacré à l’étude de la métallurgie du cuivre et de ses alliages au sein du royaume d’Angkor (IXe-XVe s.), ce travail de doctorat cherche à identifier la provenance des métaux non-ferreux employés par les fondeurs angkoriens (cuivre, étain, plomb, or, argent). L’étude d’une riche documentation géologique, depuis la période du Protectorat jusqu’à aujourd’hui, atteste de la présence de nombreux gisements minéraux répartis à travers le Cambodge et dans le Sud du Laos. Malgré des difficultés liées à un sujet d’étude économiquement sensible, il s’agira d’inventorier et de cartographier l’ensemble de ces sites, de caractériser leur minéralisation et de documenter les techniques d’exploitation associées. Outre la recherche de vestiges archéologiques liés aux opérations d’extraction et de réduction, l’analyse géochimique des minerais nous permettra également d’entreprendre une étude de filiation des métaux. Il sera ainsi possible de remonter la chaîne opératoire du travail du cuivre et de ses alliages, des mines aux produits finis, en passant par les centres de production.


Bourse 2019 : Mme Marion Poux

Mme Marion Poux, archéologue et tibétologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études intitulée : « Archéologie du Mustang prédynastique (Népal) : de la protohistoire au début du XVe siècle. »
Les recherches de Mme Marion Poux portent sur l’étude des vestiges archéologiques du Mustang, un district de haute altitude situé dans l’arc occidental de l’Himalaya et qui s’organise autour de la vallée de la Kali Gandaki. C’est depuis les années 1990, qu’afin de pallier la rareté des sources textuelles précédent le XIIe siècle de notre ère, et pour mieux comprendre l’histoire culturelle et religieuse du Mustang que différents types d’études (architecturales, anthropologiques ou encore archéologiques) émergent. Celles-ci ont grandement contribué aux prémices de notre compréhension de la région, mais il reste encore de grandes zones d’ombre, notamment en ce qui concerne la chronologie absolue du Mustang ainsi que sa place au sein d’un important réseaux d’influences transasiatiques. Cette thèse de doctorat se propose, à travers une exploration archéologique de grande envergure, de combler les lacunes disciplinaires concernant l’implantation du Bouddhisme dans l’Ouest himalayen. Grâce à une analyse spatiale et une étude exhaustive des vestiges, le travail de Mme Marion Poux vise également à mettre en lumière les cultures pré-bouddhistes locales ainsi que le rôle de la vallée de la Kali Gandaki dans les interactions prenant place dans une région à la croisée de l’Inde, de l’Asie Centrale et du plateau tibétain.


Bourse 2019 : M. Adrien Dupuis

M. Adrien Dupuis, sinologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études sur : « Les femmes et le pouvoir, des Khitan aux Mongols (907-1368) ».
Le travail de M. Adrien Dupuis porte sur l’étude des femmes entretenant un rapport direct avec le pouvoir impérial de l’Empire khitan (Liao ; 907-1125), des dynasties Jin (1115/1117-1234), Xi Xia (1038-1226) et de l’Empire mongol-Yuan (1206-1368). Leurs gouvernants étant des peuples de la steppe, la position sociale et le rôle politique qu’ils accordaient au « sexe faible » différaient de ceux admis dans la Chine des Song (960-1279) et par les Han en général. Ces dynasties étrangères se sont cependant intégrées dans l’espace chinois en adoptant et surtout en adaptant leurs institutions pour consolider leur autorité, une situation qui pose le problème de l’influence de ces échanges culturels sur la position des femmes dans la famille, la société, ainsi que dans la vie politique. C’est durant cette période de transformations plurielles et complexes qu’un certain nombre d’impératrices sont parvenues à occuper le sommet de l’État et à laisser une emprunte durable dans l’histoire. Pour expliquer ce phénomène, une attention particulière doit être portée aux sources et à leur provenance. Les inscriptions et documents non chinois fournissent des détails parfois introuvables dans le riche corpus que l’Empire du Milieu peut offrir. L’histoire des femmes dans cette région est encore à faire. Les récentes découvertes archéologiques, comme celle de la tombe de la princesse du pays de Chen, le confirment et le rappellent : les mères, les épouses et les filles des acteurs masculins de l’histoire avaient un rôle politique mésestimé et éclipsé par l’historiographie ancienne. Un travail de comparaison entre ces quatre États permet de mieux constater les différences culturelles entre les différents peuples, mais également de percevoir plus précisément la position donnée par ces sociétés aux femmes qui les composent. Une étude consacrée exclusivement à cette question permettra à l’avenir de mieux comprendre l’histoire politique et sociale de ces dynasties frontalières.

Bourse 2019 : Mme Wang Chien-Hui

Mme Wang Chien-Hui, spécialiste de littérature, prépare une thèse de doctorat à l’Université Sorbonne-Nouvelle (Paris III) intitulée : « Quand ils écrivent sur l’île : sur la poétique insulaire dans la littérature de Taïwan ».

Née d’une réflexion sur l’identité, au travers de la question de définir « qu’est-ce que la littérature de Taïwan ? », l’objet de ma thèse débute par une série de questions, à savoir d’une part la remise en cause de la relation exclusive entre nation, ethnie, culture, langue et littérature, et d’autre part une réflexion sur la « frontière de la géographie littéraire », et sur les « tropismes identitaires ». En ayant pour but de revenir à la littérature et aux textes propres, je diviserai mes analyses en quatre parties : la langue, le temps, l’espace et l’expérience esthétique ; et en gardant du recul pour maintenir une perspective « du dehors », j’ai choisi les œuvres de Lo Yi-chin, Syaman Rapongan, Li Yong-ping et Chou Fen-ling comme corpus, en ce qu’ils représentent respectivement l’« écrivain d’origine continentale », l’« écrivain aborigène », l’« écrivain sino-malaysien » et l’« écrivaine ». Ils sont à mes yeux les « autres dans l’autre » — c’est-à-dire, si Taïwan et sa littérature constituent un « autre » par rapport à la littérature sinophone ou à la littérature mondiale, leurs oeuvres définissent le cadre de cette image caractéristique du « visage de l’autre », « corps nomade », « diaspora interne », « déracinement sans patrie », et « littérature sans langue maternelle ». Ils appartiennent au même mouvement de déplacement dans leurs œuvres comme réaction face à leurs angoisses identitaires.
Au lieu de me focaliser sur l’identité propre, je me focalise sur l’agentivité portée par l’île de Taïwan. Autrement dit, l’« insularité » de Taïwan. De quoi s’agit-il si Taïwan n’est pas un pays, mais un pur espace ? Qu’apporte Taïwan à l’écriture en tant qu’île ?



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