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Lauréats 2018

Prix 2018 : Mme Lyce Jankowski

Le Prix Flora Blanchon couronne une thèse se distinguant dans les domaines d’études portant sur l’Extrême-Orient en vue d’en aider la publication.

Mme Lyce Jankowski, historienne de l’art et sinologue, a soutenu en novembre 2012 sa thèse de doctorat à la Sorbonne sur : « Les cercles de collectionneurs et de numismates dans la région de Pékin durant la première moitié du XIXe siècle : échange des monnaies anciennes, partage des idées et renouveau des études numismatiques ».

L’intérêt des collectionneurs pour les monnaies naît en Chine au VIe siècle de notre ère, soit près d’un millénaire avant le premier traité sur la numismatique en Occident. Il se maintient malgré le déclin et l’alternance des différentes dynasties impériales. Au milieu du XVIIIe siècle, l’empereur Qianlong possède la collection la plus complète comprenant toutes les monnaies émises en Asie orientale depuis le VIIe siècle av. notre ère, soit sur près de 2 500 ans. Mais les monnaies sont aussi soigneusement collectionnées et décrites par des lettrés, « amis des monnaies ». S’ouvre alors un âge d’or de la numismatique chinoise qui durera jusqu’au milieu du XIXe siècle. Nombreux sont les collectionneurs qui s’engagent dans la publication de catalogues, de monographies ou d’études érudites. Ces publications qui s’inspirent des méthodes appliquées en littérature par le courant d’érudition appelé l’« École des vérifications et des preuves » (kaozhengxue 考證學), entraînent une révolution méthodologique dans les études numismatiques.

Ce travail de thèse invite à une plongée dans le monde des collections et des collectionneurs en Chine en prenant comme fil conducteur un groupe de lettrés passionnés d’épigraphie et de numismatique gravitant autour de Pékin durant la première moitié du XIXe siècle. De l’achat chez les antiquaires aux réunions érudites, il dévoile les marchandages et les polémiques que les monnaies anciennes suscitent, mais aussi les dons et les signes d’amitié. Il donne à voir un réseau social complexe composé de collectionneurs, de lettrés numismates, d’antiquaires, d’estampeurs mais aussi de faussaires.

Bourse 2018 : M. Colin Brisson

M. Colin Brisson, sinologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études sur : « L’autel du dieu du sol, lieu de culte et centre politique de l’âge du Bronze chinois. Le cas de la principauté de Zhèng (ca 800 - 375 av. n. è.) ».

Les recherches de M. Colin Brisson portent sur le culte au Dieu du sol dans l’antiquité chinoise. Dans une série d’articles publiés au début du XXe siècle, Édouard Chavannes montra que bien que la postérité l’ait ravalé au rang de divinité locale, le Dieu du sol jouait un rôle de tout premier plan dans la vie religieuse et politique des communautés de l’âge du Bronze chinois. A travers sa thèse Colin Brisson entend rouvrir le dossier du Dieu du sol s’appuyant sur les matériaux archéologiques et épigraphiques découverts au cours du siècle dernier. Il s’intéresse en particulier à un site sacrificiel découvert à Xinzheng (province du Henan) et que certains spécialistes chinois ont identifié comme étant le temple du Dieu du sol de la principauté de Zheng.

Bourse 2018 : Mme Alice Crowther

Mme Alice Crowther, sinologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études sur :« L’administration des terrains de chasse impériaux de la dynastie des Qing (1636-1911) ».

Ses recherches examinent le fonctionnement quotidien de l’administration des terrains de chasse impériaux de la dynastie des Qing (1636-1911), et la place de ces forêts impériales dans les dispositifs que les Qing utilisaient pour rendre leur autorité présente au niveau local dans des régions loin de leurs centres de pouvoir. Cette thèse se base sur des recherches archivistiques, menées en Chine et en Mongolie, ainsi que sur des enquêtes de terrain dans les villages fondés sur les sites des anciennes réserves de chasse. Elle comprend également l’établissement d’une série chronologique des cartes montrant l’évolution des bornes des terrains de chasse et celle de leurs divisions internes.

Bourse 2018 : Mme Pauline Duval

Mme Pauline Duval, archéologue et sinologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études intitulée :« Étude technique de la céramique du Nord-Est de la Chine, du Néolithique à l’âge du Fer (environ VIIIe millénaire-IIe s. de n. è.) ».

La région Nord-Est de la Chine, l’ancienne Mandchourie, présente un processus de néolithisation complexe dont la compréhension repose sur des découvertes archéologiques récentes. Les premiers témoignages de production céramique apparaissent dès le Xe millénaire av. notre ère. sur le site de Houtaomuga (Jilin), révélant de larges récipients à dégraissant végétal. Cependant, et contrairement aux idées communément admises, cette innovation technique ne va pas de pair avec une sédentarisation des populations, ni avec l’émergence de l’élevage et de l’agriculture.

Cette thèse porte sur les groupes culturels établis dans cette région par le biais des corpus céramiques nouvellement découverts. La recherche se concentrera plus particulièrement sur les processus de fabrication, afin de définir leurs aires d’expansion et leurs réseaux d’échange sur le temps long. Sur le terrain, l’accès aux réserves de l’Université du Jilin et de l’Institut d’archéologie du Jilin permettra d’analyser différents ensembles céramiques, et ce travail sera complété par la participation à des chantiers archéologiques.

Bourse 2018 : M. Jean-Baptiste Georges-Picot

M. Jean-Baptiste Georges-Picot, sinologue, prépare une thèse de doctorat à l’École pratique des Hautes Études intitulée :« Marchands et prêtres ? Les chapelles bouddhiques domestiques des maisons de riches commerçants du Mi-nyag, aux confins des mondes tibétains et chinois (XVe-XVIe s..) ».

Jean-Baptiste Georges-Picot, tibetologue, se consacre à l’étude des peintures murales de plusieurs chapelles bouddhiques tibétaines situées dans la province du Sichuan. Remontant aux XVe-XVIe siècle, elles ont la particularité d’être pour la plupart situées dans des maisons privées ayant vraisemblablement appartenu à de riches marchands engagés dans le commerce avec la Chine. Leurs peintures murales, bien conservées, comptent parmi les rares exemples anciens connus au Sichuan. Elles témoignent d’une tradition picturale aujourd’hui mal connue et constituent des sources précieuses pour comprendre l’histoire de cette région, au carrefour du Tibet et de la Chine. Riche corpus de peintures bouddhiques en milieu domestiques, elles sont des documents très riches pour étudier les formes de la dévotion domestique dans le Tibet du XVe siècle.



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