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Lauréats 2016

Prix 2016 : M. Alexis Lycas

 


 Le Prix Flora Blanchon couronne une thèse se distinguant dans les domaines d’études portant sur l’Extême-Orient en vue d’en aider la publication.

M. Alexis Lycas, historien et sinologue, a soutenu en décembre 2015 sa thèse de doctorat à la section des sciences historiques et philologiques de l’École pratique des Hautes Études, sur l’histoire de la géographie chinoise durant le haut Moyen Âge chinois : « Représenter l’espace dans les textes du haut Moyen Âge chinois : géographie politique, humaine et culturelle de la région du Jingzhou ».

L’étude porte sur l’histoire de la géographie en Chine ancienne et médiévale. L’espace privilégié est la région du cours moyen du fleuve Bleu (provinces actuelles du Hunan et du Hubei). L’analyse d’un ensemble de textes composés entre les dynasties des Han de l’Est (25-220) et des Tang (618-907) permet d’évaluer les modalités de la représentation de l’espace y ayant cours. Elles relèvent dans un premier temps d’une géographie politique étudiée à travers les traités géographiques des Histoires dynastiques. La géographie humaine envisagée ensuite se fonde sur l’étude des notices ethnographiques consacrées aux populations non chinoises de la région, les Man. En dernier lieu, une géographie culturelle est abordée à travers des lieux de mémoire, tels qu’ils sont présentés dans le Shuijing zhu (Commentaire du Livre des rivières) de Li Daoyuan († 527). La combinaison de ces trois approches apporte des éléments de compréhension à la formation d’un savoir géographique, à l’émergence du régionalisme et aux questions relatives à l’intégration des marches de l’écoumène chinois, ainsi qu’aux rapports entre histoire et mémoire.

 

Bourse 2016 : Mme Xie Xin-zhe

 


 Mme Xin-zhe Xie, doctorante à l’École des Hautes Études en Sciences sociales, prépare une thèse sur « L’idéal de la preuve : l’examen post mortem entre théorie et pratique en Chine à la fin de l’époque impériale ».

Cette thèse s’interroge sur les interactions entre deux modes de production de preuves, sur lesquels reposait la pratique d’autopsie dans la Chine de la fin de son ère impériale : l’un concernait les preuves juridiques et l’autre, les preuves épistémologiques. Les premières, relevées sur le corps mort de la victime de la violence, et constituant un discours cohérent eu égard aux témoignages et aux preuves circonstancielles, contribuaient à confondre l’auteur du crime ou à soutenir une certaine reconstitution des faits. Les secondes, érigées comme telles d’abord et en grande partie en raison de la répétition des même phénomènes, puis rationalisées par un discours savant et systématisé, permettent d’établir un lien de causalité constant entre les symptômes post mortem et leurs origines. En épluchant divers manuels d’autopsie, aussi bien que des sources émanant du terrain des examens post mortem (cas judiciaires et archives administratives) de la dynastie des Qing (1644-1912), cette thèse analyse comment les enjeux et les préoccupations relevant de l’administration judiciaire en venaient à conditionner le façonnement de tout un système de savoir sur l’interprétation des signes corporels post mortem. Ce faisant, elle met en lumière la place prépondérante d’une pensée procédurale dans le savoir traditionnel chinois sur les techniques d’autopsie.

 

Aide 2016 : M. Olivier Bordeaux

 

 M. Olivier Bordeaux est numismate. Son projet de recherche porte sur « Les monnaies hellénistiques et kouchanes de Bactres (Afghanistan) et la circulation monétaire sur la Route de la soie »

L’apparition d’un royaume hellénistique indépendant en Bactriane et Sogdiane au milieu du IIIe siècle avant J.-C., aux dépens du royaume séleucide, bouleverse l’échiquier politique et monétaire de l’Asie centrale. La publication de monnaies trouvées lors de fouilles archéologiques, et notamment celles de Bactres (moderne Balkh) est actuellement cruciale, alors que le travail de terrain en Afghanistan s’avère souvent complexe. La récente dynamique de publication de monnaies d’Asie centrale appelle ainsi à combler le vide laissé à la suite des fouilles conduites de 2004 à 2009 par la Délégation Archéologique Française en Afghanistan (DAFA). La situation géographique de Bactres et de son oasis lui permet de se trouver sur plusieurs routes commerciales : ce projet de recherches a ainsi pour objectif non seulement de publier un matériel encore inédit, mais surtout de participer à la constitution d’une carte numismatique des Routes de la Soie en Asie centrale.

 

Aide 2016 : Mme Coline Lefrancq

 


 Mme Coline Lefrancq est archéologue et céramologue Son projet de recherche vise à une « Tentative de délimitation des aires culturelles à partir des données de l’ancien Bengale du VIe au XIVe siècle de notre ère »

 Le but de ce projet est de définir les aires culturelles du nord de l’Inde du 6ème au XIVe siècle de notre ère. Cette recherche s’attachera à étudier les limites du nord du Bengale considéré comme une entité à part entière d’un point de vue de la culture matérielle du VIe au XIVe siècle. J’examinerai les données archéologiques –en particulier la poterie- et historiques concernant les régions voisines du nord du Bengale, tel que l’Inde du nord-est, le sud du Bangladesh, l’Orissa, l’Andhra Pradesh et le Bihar de manière à identifier et à comprendre le type d’interactions et d’échanges que le nord du Bengale a maintenu avec les aires environnantes définies elles-mêmes par des entités culturelles différentes. Grâce à cette bourse de voyage, je serai en mesure d’accéder à des données primaires disponibles uniquement sur le terrain. Les informations obtenues permettront de mettre en exergue la place du nord du Bengale à l’échelle locale et ‘internationale’. 

 

 



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