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Lauréats 2015

Prix 2015 : M. Didier Davin
M. Didier Davin, sanscritiste et sinologue, a soutenu en novembre 2014 sa thèse de doctorat sur l’expression de soi dans la poésie bouddhique japonaise du XVe siècle : « Ikkyū Sōjun (1394-1481) et le Kyōun-shū ».

Ce travail se veut une présentation des principales caractéristiques de la pensée du moine Zen Ikkyū Sōjun (1394-1481) à travers l’étude de son recueil de stances et de poèmes, le Kyōun-shū. Ikkyū est aujourd’hui connu à la fois pour les histoires de fiction qui, presque deux siècles après sa mort, connurent un grand succès au Japon, et pour le contenu surprenant de ses compositions en vers. Dans ces dernières, le moine semble revendiquer ouvertement de transgresser les défenses bouddhiques, par la consommation d’alcool ou la fréquentation des femmes. Cependant, en resituant les vers dans les perspectives de leurs différents contextes – historique, doctrinal ou polémique – il est possible de dégager derrière les apparentes contradictions, un dessein cohérent. Parce qu’Ikkyū se situe à un moment de grands changements dans l’évolution de l’école Zen, la compréhension de ses conceptions constitue une étape importante dans l’étude du Zen médiéval, qui reste, étonnamment au regard de la vogue qu’il connut, largement méconnu.

Bourse 2015 : Mme Cécile Capot

Mme Cécile Capot, doctorante à l’École pratique des Hautes Études, effectue une thèse sur l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) : histoire, archives et patrimoine. 

L’EFEO est une institution scientifique créée en Indochine à la fin du xixe siècle et dont le siège se trouvait à Hanoi jusque dans les années 1950. Ses recherches portent sur l’histoire de sa bibliothèque et de ses collections, notamment archivistiques. Il s’agit d’une histoire marquée par la mobilité, depuis la constitution des collections sur le terrain par les chercheurs et le personnel de l’EFEO à la division des collections rassemblées à la bibliothèque de l’EFEO à Hanoi au moment de la décolonisation. La problématique principale porte sur l’appréhension de ces documents : comment sommes-nous passés de matériaux scientifiques – créés ou collectés sur le terrain et utilisés par les chercheurs pour leurs besoins et ceux de l’École – à un patrimoine commun. La question de savoir de quelle histoire ces collections sont le reflet se pose également. Sont-elles le reflet, voire le produit, des enjeux politiques contemporains en Indochine ? Par ailleurs, ces recherches visent aussi à se pencher sur les défis qui attendent ces collections et sur la transmission de ce patrimoine de nos jours. 

Bourse 2015 : Mme Armelle Chandellier

Mme Armelle Chandellier est titulaire d’un contrat doctoral de l’INALCO. Ses recherches portent sur les prémices de l’art contemporain chinois : les artistes et le pouvoir en République Populaire de Chine (1976-1989), ce qui la conduit à étudier le fonctionnement et l’évolution du régime chinois à travers un domaine particulier des relations entre le pouvoir et la société au cours de la période 1976-1989. Le choix des artistes peut paraître un peu incongru à cet égard, et pourtant, de bonnes raisons permettent de justifier pleinement ce sujet et parmi celles-ci : la place cruciale des artistes dans un régime autoritaire.
Cette relation entre art et idéologie qui se caractérise par une mouvance artistique de masse basée sur un genre hybride dicté par l’État a clairement pris une forme consistante lors de la période Yan’an (1937-1947) lorsqu’elle était « the red capital ». Les « Interventions aux causeries sur la littérature et l’art » prononcées par Mao Zedong 毛泽东 (1893-1976) et datées du 26 mai 1942 constituent dès lors le socle sur lequel les relations entre art et pouvoir vont se construire durant toute la période maoïste (1949-1976). Toutefois, la mort de Mao Zedong en septembre 1976, et l’affirmation du courant pragmatique de Deng Xiaoping 邓小平 (1904-1997) durant le 3ème plenum du XIème comité Central du Parti en décembre 1978 impliquent une complexification considérable des relations entre art et pouvoir favorisant ainsi la naissance d’une nouvelle créativité artistique. 
Aide 2015 : Mme Manuela Moscatiello

Mme Manuela Moscatiello est titulaire d’un doctorat de l’Université de Paris-Sorbonne. Aujourd’hui ses recherches portent sur la maîtrise technique et la richesse décorative des textiles fukusa au Japon.
Les fukusa – carrés de tissu généralement en soie brodée de dimensions variables – ont été parmi les objets d’art japonais les plus diffusés et appréciés en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cependant, l’étude de ces textiles a été jusqu’à présent négligée par les spécialistes du japonisme. C’est pourquoi Manuela Moscatiello a envisagé un séjour au Japon afin d’étudier principalement les fukusa faisant partie de la collection du musée national de Kyôto (Kyôto Kokuritsu Hakubutsukan) et celle de la maison Miyai. Elle se propose d’analyser d’un côté les techniques raffinées de broderie et de tapisserie souvent adoptées pour les décors, ainsi que d’autres procédés, tels que la teinture (yûzen-zome), et d’étudier de l’autre l’iconographie des motifs décoratifs, ayant souvent une valeur symbolique précise. Son projet de recherche vise à approfondir un sujet très peu étudié jusqu’à présent, qui mettra en lumière non seulement la haute valeur artistique des fukusa, mais pourra également affiner la connaissance des habitudes et des coutumes de la société japonaise de l’époque d’Edo.


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