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2022

Juliette de LA GENIÈRE

Née le 4 août 1927, à Mulhouse, Juliette de LA GENIÈRE, qui avait été élue membre de l’Académie, le 27 octobre 2000, au fauteuil de Paul OURLIAC, après avoir été nommée correspondant, le 17 décembre 1996, en remplacement de Paul BERNARD, s’est éteinte, à Neuilly-sur-Seine, le 6 juin 2022, à l’âge de 94 ans.

Helléniste et archéologue, Juliette de LA GENIÈRE s’était distinguée dans le domaine de l’archéologie grecque par ses recherches conduites en Grande Grèce (notamment à Paestum) et en Turquie (Claros, Aphrodisias de Carie), ainsi que par ses travaux consacrés à la question des contacts de civilisations, en Italie du Sud, entre Grecs et Barbares. Céramologue de réputation mondiale, elle dirigeait, depuis 2002, l’entreprise internationale du Corpus Vasorum Antiquorum (CVA), que patronne l’Union Académique Internationale, et au sein de laquelle l’Académie coordonne les travaux pour la France, tout en supervisant ceux qui contribuent au progrès de ce projet ambitieux destiné à éditer l’ensemble des vases du monde grec et de sa périphérie. Professeur émérite à l’Université de Lille, fondatrice du centre de recherches archéologiques de la même Université – qu’elle dirigea de 1978 à 1996 –, Juliette de LA GENIÈRE aura été, également, conduite à assumer des charges de professeur associé, à l’École Normale supérieure de Pise et à l’Université de Trente. La notoriété de ses travaux lui valut aussi d’être appelée à siéger au sein de plusieurs institutions scientifiques renommées : l’Istituto nazionale di Studi Etruschi ed Italici, le centre Jean Bérard de Naples, le Deutsches archäologisches Institut, ou bien encore l’Archaeological Institute of America de Boston.

Fort active au sein de l’Académie, et généreuse de son temps, Juliette de LA GENIÈRE organisa, à partir de 2003, dans le cadre de ses fonctions de directrice générale de l’entreprise du CVA, plusieurs colloques internationaux sur la céramique antique, dont les actes on été publiés dans une collection de l’Académie, créée à son initiative : les Cahiers du CVA. Parmi ses principales publications, on retiendra sa thèse de doctorat, publiée en 1968, sous le titre : Recherches sur l’âge du Fer en Italie méridionale. Sala Consilina, ainsi que plusieurs monographies : sur L’aire des sacrifices du sanctuaire d’Apollon à Claros (Cahiers de Claros II, 1991), sur Kastraki, Un sanctuaire en Laconie (Études péloponnésiennes XII, 2006) ou bien, plus près de nous, sur Amendolara. La nécropole de Paladino Ouest (Calabre, 2012).

Généreuse de son temps, Juliette de LA GENIÈRE avait voulu manifester en 2019, avec la même générosité, son attachement à l’Académie, et aux missions qui lui incombent, par un don important décidé lors de la dissolution de l’association pour la Promotion de la Recherche en Archéologie Classique (PRAC) qu’elle présidait – dans le but de contribuer au financement de publications de l’Académie vouées au même objet que celui de son association. Que ces lignes viennent renouveler la reconnaissance que l’Académie lui exprima alors, et qu’elle porte désormais à sa mémoire.

Philippe CONTAMINE

Né le 7 mai 1932 à Metz, Philippe CONTAMINE, qui avait été élu membre de l’Académie le 14 décembre 1990, au fauteuil de Paul LEMERLE, est décédé à Paris le 26 janvier 2021, à l’âge de 89 ans.

Spécialiste de la guerre au Moyen Âge et notamment de la guerre de Cent ans et de Jeanne d’Arc, Philippe CONTAMINE était un historien de la société médiévale française, tout particulièrement attaché à l’étude de la noblesse, de la religion et des pouvoirs. Agrégé d’histoire et docteur ès lettres, sa carrière se déroula à l’Université de Nancy II, où il fut nommé professeur à l’âge de 38 ans seulement, puis à l’Université de Nanterre, enfin à la Sorbonne qui lui conféra l’éméritat. Directeur du centre Jeanne-d’Arc d’Orléans de 1985 à 1989, il fut longtemps le secrétaire de la Société de l’Histoire de France, qu’il présida.Il siégea, entre autres, au Comité des Travaux historiques et scientifiques, au conseil scientifique de l’École des Chartes, au Comité pour l’Histoire économique et financière de la France, au conseil scientifique du centre d’Études d’Histoire de la Défense, qu’il présida, et au conseil d’administration du musée de l’Armée. A l’Académie, il fut longtemps un membre très actif de la commission administrative et l’un des directeurs du Journal des Savants. Il dirigea aussi, de 2001 à 2010, le Centre de Recherches humanistes de la Fondation Thiers. Son œuvre restera comme un monument d’érudition. Sa bibliographie compte une quarantaine d’ouvrages, souvent réédités, et de très nombreux articles, dont plusieurs ont été réunis par l’Académie en 2005 dans un volume de ses Mémoires intitulé : Pages d’histoire militaire médiévale (XIVe-XVe s.). Parmi ses dernières publications, on mentionnera une somme consacrée à Jeanne d’Arc (2012), une biographie de Charles VII (2017), dans laquelle il rend justice au sens politique de ce monarque, contrecarrant ainsi bien des jugements injustes véhiculés à son encontre par l’historiographie traditionnelle, ou bien, tout récemment, un recueil d’études intitulé : Nobles et noblesse en France, 1300-1500 (2021).



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