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Programme « L’art rupestre des chasseurs-collecteurs du Later Stone Age d’Afrique australe : apparition, filiations et ruptures dans les Matobo, Zimbabwe » (Matobart)

Situé dans l’Ouest du Zimbabwe, classé à l’UNESCO au titre de ses richesses naturelles et archéologiques, le massif des Matobo est l’une des plus importantes concentrations d’art rupestre au monde, avec plus de 3000 sites répertoriés qui, pour les plus riches, renferment plusieurs milliers de motifs. Ces peintures se caractérisent par un très large éventail de couleurs (du violet au jaune, et du noir au blanc), souvent associées en polychromies. L’exceptionnelle maîtrise technique ainsi que le raffinement des lignes ont fait la renommée de cette iconographie où se côtoient figures humaines, engagées dans des actions diverses (files de chasseurs, scènes de campement), et un large bestiaire où prédominent les grands herbivores (antilopes, girafes, éléphants). Ces peintures constituent l’expression la plus éblouissante de l’univers symbolique des populations de chasseurs-collecteurs qui ont peuplé le massif de la fin du Pléistocène (-11 000) au début de notre ère. Elles demeurent pourtant méconnues et peu documentées.

Iconographie, dynamiques culturelles et changements environnementaux

Le programme MATOBART étudie les ruptures et filiations dans la longue durée de cette iconographie. L’ambition est de caractériser sa variabilité chronologique et d’interroger ses liens avec d’une part le reste de la culture matérielle de ces populations (équipement technique, parure), et d’autre part l’environnement. Les changements environnementaux ont-ils influé sur l’imagerie ? Les modifications dans l’organisation économique (diète, territoire) ont-elles impacté la production d’art rupestre ? Dans quelle mesure l’art rupestre a-t-il participé aux réponses sociales apportées face aux changements environnementaux ?

L’objectif est ainsi de construire une séquence chrono-stylistique de référence pour les Matobo et de l’intégrer dans la séquence culturelle et climatique de la grande région Zimbabwe-Limpopo, en corrélation avec un autre programme archéologique de la Commission des Fouilles (Bushman rock shelter). Le projet s’attache notamment au moment et aux conditions d’émergence de l’art rupestre dans la région, considéré comme l’un des plus anciens du continent africain. Pour ce faire, il repose sur la reprise interdisciplinaire des peintures rupestres et des séquences archéologiques de deux gisements de référence : Pomongwe cave et Bambata cave. Ce dialogue entre parois et sols combine missions de terrain (relevés-inventaires des parois, sondages archéologiques) et réexamen des collections issues des précédentes fouilles (fragments de paroi peinte, pigments, industries lithiques et osseuses, faune) et conservées au Zimbabwe Museum of Human Sciences à Harare, en association avec un nouveau programme de datations.

Coopération et formation au coeur

Résolument international, MATOBART est fondé sur une coopération entre la France et le Zimbabwe dont la très grande majorité des collaborateurs sont issus, avec les grandes institutions nationales de la recherche archéologique et du patrimoine comme partenaires (Université, CNRS, Ministère de la Culture ; University of Zimbabwe, National Museums and Monuments of Zimbabwe). Soutenu par la commission des fouilles du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, l’Ambassade de France au Zimbabwe, l’Institut Français en Afrique du Sud, le CNRS, l’UMR TRACES et l’Université Toulouse Jean Jaurès, et lauréat depuis l’automne 2017 de l’Institut Universitaire de France, il vise à impulser une collaboration scientifique et académique autour de l’art rupestre et de l’archéologie préhistorique, dont la formation universitaire est une dimension essentielle. Les missions de terrain fonctionnent comme des chantiers-écoles pour la fouille et le relevé d’art rupestre. Les reprises de mobilier nourrissent des sujets de recherche de Master et de Doctorat, au Zimbabwe, en Afrique du Sud et en France.

L’aspect patrimonial n’est enfin pas oublié : bilan sanitaire accompagné de préconisations de protection des sites, reconditionnement du mobilier archéologique, numérisation des fonds bibliographiques. Contribuer à la valorisation de ce patrimoine est l’objectif final, avec diverses actions réalisées, en cours et projetées, à destination des publics nationaux et internationaux (conférences, publications, films bilingues en ligne, site internet quadrilingue).

Camille Bourdier, maître de conférences en art préhistorique à l’Université Toulouse Jean Jaurès, membre junior de l’Institut Universitaire de France camille.bourdier@univ-tlse2.fr


Les acteurs de la recherche

  • Université Toulouse Jean Jaurès
  • UMR 5608 TRACES
  • UMR 7269 LAMPEA
  • University of Zimbabwe
  • National Museums and Monuments of Zimbabwe
  • Laboratoire de Recherche des Monuments historiques, IRAMAT-CRP2A,
  • University of Bergen
  • University of Tuebingen
  • University of the Witwatersrand
  • University of Pretoria

Quelques ressources

Vidéos

Bibliographie



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