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17 janvier 2020 : rencontre avec l’Académicienne Monique TRÉDÉ

Le vendredi 17 janvier 2020, pus de 90 élèves de Première et de Terminale du lycée Jean Vilar (Meaux) et du lycée Hoche (Versailles), accompagnés de leurs professeurs respectifs, Mmes Crevier Goulet et Jacquemin de la Touvière, ont été accueillis par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans le cadre du programme d’actions pédagogiques « Rencontres avec un Académicien ». La matinée a commencé par une visite du palais, au cours de laquelle MM. Matthieu Guyot et William Méric, professeurs détachés auprès de l’AIBL, ainsi que Mme Chloé Loiseau, chargée de mission à l’Académie, leur ont présenté l’architecture et l’histoire du palais de l’Institut de France – primitivement Collège des Quatre Nations –, ainsi que l’histoire et les missions scientifiques de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. L’ensemble des élèves ont ensuite eu le privilège de visiter la Bibliothèque de l’Institut, où M. Yoann Brault, ingénieur d’études, leur a notamment présenté des éditions anciennes d’auteurs qu’allait ensuite évoquer Mme Monique TRÉDÉ, ainsi qu’un exemple de papyrus antique. Les élèves ont ensuite rejoint la grande Salle des Séances où se réunissent chaque semaine les académiciens, et où Mme Monique TRÉDÉ, membre de l’Académie, leur a présenté un exposé intitulé : « L’Antiquité classique a-t-elle pensé l’égalité des sexes ? ». Après avoir évoqué un poème de Sémonide d’Almorgos et d’autres témoignages de la « misogynie ordinaire » qui s’exprimait dans la Grèce antique comme dans tant de civilisations jusqu’à notre époque, Mme Monique TRÉDÉ a montré comment ces préjugés, parfois superficiels, pouvaient aussi se prolonger dans les discours plus théoriques et réfléchis, et en particulier dans la conception aristotélicienne de la génération. Dans un deuxième temps, Mme Monique TRÉD a cependant posé en regard de ces discours la pratique des cités grecques, qui dans les faits laissait aux femmes une autorité et une autonomie plus appréciables, notamment dans le cadre de l’oikos. Certains auteurs, enfin, et au premier chef Platon, ont pensé sur le mode utopique une organisation de la cité qui reconnaîtrait une pleine égalité aux hommes et aux femmes et une répartition des charges civiques et militaires qui ne dépendrait que des qualités des individus, abstraction faite de leur sexe. C’est ainsi que dans la République, puis dans les Lois, Platon ouvre aux femmes aussi bien qu’aux hommes la possibilité de devenir citoyens à part entière, voire dirigeants (« gardiens ») de la cité, donnant un sens fort, dans la langue grecque, aux féminins de ces deux termes : « gardienne » (phulakís) et « citoyenne » (polîtis). Sur le plan philosophique, l’Antiquité classique a donc bien pensé l’égalité des sexes et d’une façon plus radicale qu’on ne pourrait l’attendre. À l’issue de la conférence et des échanges qui l’ont suivie, Mme Monique TRÉD, les élèves et leurs professeurs se sont réunis pour une photo souvenir sur les marches de la Coupole.



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