Accueil du site > Travaux > Antiquité

LE CORPUS VASORUM ANTIQUORUM A L’ACADÉMIE

par Henri METZGER, membre de l’Académie.

L’idée première du Corpus revient à Edmond Pottier, conservateur en chef des antiquités gréco-romaines et orientales au musée du Louvre et membre de l’Académie, à l’issue de la Première Guerre mondiale. Le projet qui avait été adopté par l’Académie (1), fut défendu par Théophile Homolle, délégué de la France à l’Union académique internationale, et entériné par les représentants de la Belgique, du Danemark, de la Grande Bretagne, de la Hollande et de l’Italie. Par la suite d’autres pays s’y associèrent. Ce furent d’abord l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis d’Amérique, la Grèce, la Pologne et la Yougoslavie, puis, après la Seconde Guerre mondiale, l’Autriche, le Canada, Chypre, la Hongrie, le Japon, la Norvège, la Nouvelle Zélande, la Roumanie, la Suède, la Suisse et la Tchécoslovaquie, et tout récemment la Russie. D’autres pays, l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay, annoncent leur participation prochaine. Le nombre des fascicules parus, qui était de 103 en 1956, s’élève aujourd’hui à plus de 300.

L’intention première d’Edmond Pottier était de publier sommairement la totalité des vases antiques. Très vite il est apparu que l’idée de rassembler en un recueil unique la masse des vases du bassin méditerranéen et des terres avoisinantes procédait de vues irréalistes. Que pouvaient avoir de commun les vases d’argile appartenant aux civilisations de l’Élam, de l’Égypte, de la Grèce et de l’Italie et quel intérêt les spécialistes de ces diverses contrées avaient-ils à voir réunis ces vases en une publication commune ?

Un accord tacite s’est donc réalisé pour limiter le CVA aux vases de la Grèce propre, de la Grèce de l’Est et de la Grèce de l’Ouest et à ceux de la périphérie du monde grec, le terme étant pris dans son sens le plus large, puisqu’il comprenait les vases étrusques ou ibériques et les vases thraces, ou phrygiens.
Plus délicate s’est révélée l’application de certains principes formulés par les fondateurs de 1921. Ils avaient recommandé de donner de chaque vase une description sommaire et de réduire à l’indispensable les références bibliographiques. Certains auteurs ont respecté ces recommandations, d’autres ont été tentés par une publication détaillée, replaçant le vase dans un ensemble. En matière d’illustration la formule de Beazley : « Better few views of many vases than many of views » s’est en général imposée. Le détourage qui avait affecté certaines planches des premiers fascicules a été progressivement abandonné de même que la tendance à imprimer les planches recto verso. Les connaisseurs se féliciteront d’apprendre que la reproduction en couleur tend à se substituer à l’image en noir et blanc.

Quelles sont les perspectives qui s’offrent au Corpus Vasorum Antiquorum français quatre-vingt ans après sa fondation ?
L’objectif demeure de publier les vases grecs et para-grecs des pays riverains de la Méditerranée. Bien que réservé au début aux collections parisiennes du Louvre et à un moindre degré à celles du Cabinet des Médailles, le CVA s’est progressivement étendu aux musées de Province ceux de Compiègne, Laon, Limoges, Vannes, Rennes, Tours, Bourges, Nantes et Ensérune. Des projets sont en cours portant sur les collections de l’Est de la France (Verdun, Nancy, Strasbourg, Colmar, Gray), sur celles du Nord (Boulogne, Saint-Omer, Lille), sur celles de l’Ouest (Laval, Château-Gontier, Angers, Beaufort en Vallée), sur celles du Midi (Montauban, Toulouse, Nîmes, Marseille, Nice). Un Inventaire complet de ces diverses collections est déposé à l’Académie.

Un comité directeur international réuni à Paris en 1999 a défini les conditions d’une informatisation future du CVA. Il va de soi que l’Académie s’associe à ce projet dont la réalisation pratique sera confiée à nos collègues d’Oxford qui ont déjà acquis l’expérience d’un travail de ce genre avec le traitement des Archives Beazley.



(1) On se reportera à la brochure sur L’organisation du Corpus Vasorum Antiquorum, Paris, Champion, 1921 et à la préface donnée par Edmond Pottier au fascicule 1 du Louvre, paru en 1922.



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC