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Lévi, Sylvain

(Paris 1863 – Paris 1935)

Portrait : Sylvain Lévi au XIXe Congrès des orientalistes, Rome, 1935 : discours au Capitole - © Institut de civilisation indienne


En 1882, Renan lui-même orienta le jeune Sylvain Lévi vers l’étude du sanskrit, en le confiant à Abel Bergaigne. Dès 1885, l’élève fut chargé de cours à la 4e section de l’École pratique des Hautes Études aux côtés de son maître, avant de lui succéder en 1888, pour cet enseignement et pour un autre à la Faculté des lettres en 1889 ; il exerçait aussi une charge de cours à la section religieuse de l’École pratique des Hautes Études. Il eut pour premiers élèves Alfred Foucher, Antoine Meillet, Louis Finot. En 1894, il laissa toutes ces charges pour professer au Collège de France, et dirigea la Maison franco-japonaise de Tokyo de 1926 à 1928.

Si ses premiers travaux furent consacrés aux belles-lettres sanskrites, notamment dans sa belle thèse sur le Théâtre indien en 1890, il se dirigea bientôt dans les directions les plus nouvelles et diverses. Il devait au cours de sa longue carrière scientifique explorer l’ensemble de l’Asie, et dans chaque domaine laisser sa marque et une œuvre utile. Il assoit ainsi l’histoire de l’Inde sur des bases chronologiques beaucoup plus sûres, réalise une magistrale histoire du Népal, retrace les voies de l’expansion du bouddhisme et redéfinit la constitution des canons de diverses écoles de celui-ci, dévoile la structure du sacrifice védique, et enfin apporte une contribution majeure au déchiffrement et à la compréhension du tokharien.

Lettre de S. Lévi du 30 juin 1890 : travaux scientifiques à la Société Asiatique - © Société Asiatique
Lettre de S. Lévi du 30 juin 1890 : travaux scientifiques à la Société Asiatique - © Société Asiatique

Son rayonnement a été immense, tant en France qu’à l’étranger. Ses missions en Orient (en 1897, puis en 1921-1923) sont restées célèbres. Autant par son charisme chaleureux que par son savoir, il s’attachait ses élèves et collaborateurs par un lien d’admiration et d’amitié. À côté de son œuvre spécialisée, il n’a pas dédaigné de s’adresser à un large public dans des écrits dont le style élégant et lucide rend accessible le fruit d’une vaste érudition : L’Inde civilisatrice (Paris, 1938), Mémorial Sylvain Lévi (Paris, 1937).

Membre de la Société Asiatique en 1884, membre de son Conseil quatre ans plus tard, Sylvain Lévi a confié au Journal asiatique nombre de ses recherches les plus précieuses et a contribué à sa collection des Cahiers (n° II : Fragments de textes koutchéen). Il a également consacré à la Société une bonne part des dix dernières années de sa vie : en tant que Vice-président de 1925 à 1928, et Président de cette date à sa mort.


Voir :

L. Renou, « Sylvain Lévi et son œuvre scientifique », Journal asiatique CCXXVIII, 1936, p. 1-59.


© 2011 - Textes et conception des pages Société Asiatique : Pierre-Sylvain Filliozat et Annick Fenet – tous droits réservés.



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