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Foucher, Alfred

(Lorient 1865 - Paris 1952)

C’est par sa formation classique, à partir des rares témoignages de la Grèce sur l’Inde, qu’Alfred Foucher s’est tourné vers l’étude du sanskrit et de l’archéologie indienne, auprès de Sylvain Lévi. Après avoir accompli une première mission de prospection archéologique en Inde en 1895-1897, il assume ensuite la direction de l’École française d’Extrême-Orient, un an par intérim en 1901, puis de 1905 à 1907, date à laquelle il rentre à Paris pour intégrer la Faculté des lettres de Paris comme chargé de cours en langues et littératures de l’Inde, et reprendre son poste de maître de conférences à l’École pratique des Hautes Études où il est nommé directeur d’études en 1914. Durant la Première guerre mondiale, il enseigne à Columbia University en 1914-1915, puis est invité par l’Archaeological Survey of India en 1918. Depuis le sous-continent, il accomplit ensuite une mission en Perse en 1921, puis une autre de 1922 à 1925 en Afghanistan où il fonde la Délégation archéologique française (DAFA), avant de diriger la Maison franco-japonaise à Tokyo en 1926. Nommé professeur adjoint à la Sorbonne en 1919, il reprend son enseignement à son retour et l’assure jusqu’à sa retraite en 1936 (en tant que professeur titulaire à partir de 1929).

Alfred Foucher à Ajanta ( ?), 1920 - Archives A. Foucher © Société Asiatique
Alfred Foucher à Ajanta ( ?), 1920 - Archives A. Foucher © Société Asiatique


Son œuvre scientifique repose sur la maîtrise de l’érudition sanskrite, sous ses formes indiennes en particulier, et la connaissance intime des monuments. On lui doit les bases de notre connaissance sur l’art gréco-bouddhique du Gandhâra (titre de l’ouvrage publié entre 1905 et 1951) et sur l’iconographie bouddhique, un chef d’œuvre d’exploration archéologique : La vieille route de l’Inde de Bactres à Taxila (1942-1947), une Vie du Buddha où par une méthode sûre il établit la démarcation la plus vraisemblable entre mythe et histoire, ou encore la traduction et un précieux commentaire d’un traité sanskrit de logique, le Tarkasangraha (1949). Il est élu à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1928, au fauteuil de son maître Émile Senart.

Membre de la Société Asiatique depuis 1892, il intégre son Conseil dès 1901. Durant plus d’un demi-siècle, il l’a tenue régulièrement informée de tous ses travaux et de l’actualité des recherches indologiques. Il lui a en outre légué la totalité de ses papiers scientifiques et documents iconographiques.

Lettres-brouillon de Foucher, notamment à D. R. Sahni et à A. Getty, [printemps 1931] - Archives A. Foucher © Société Asiatique
Lettres-brouillon de Foucher, notamment à D. R. Sahni et à A. Getty, [printemps 1931] - Archives A. Foucher © Société Asiatique

Voir :

  • J. Filliozat, « Alfred Foucher », Journal asiatique CCXL, 1952, p. 389-394


Voir aussi :

  • P. Bernard, « Alfred Foucher et Daniel Schlumberger, archéologues en Afghanistan », émission de Canal Académie, 2007
    Écouter en ligne
  • P.-S. Filliozat, « L’Inde d’Alfred Foucher », émission de Canal Académie, 2007
    Écouter en ligne.

© 2011 - Textes et conception des pages Société Asiatique : Pierre-Sylvain Filliozat et Annick Fenet – tous droits réservés.



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