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Demiéville, Paul

(Lausanne 1894 - Paris 1979)

Portrait : Paul Demiéville chez lui, à sa table de travail - © Coll. privée


Cet orientaliste d’origine suisse suivit les enseignements de deux grands maîtres à Paris : Édouard Chavannes pour le chinois, Sylvain Lévi pour le sanskrit, et se forma également au japonais. Diplômé de l’École des Langues orientales en 1918, il est nommé membre de l’École française d’Extrême-Orient en 1920, puis professeur de philosophie occidentale, de bouddhisme et de sanscrit dans la toute nouvelle université d’Amoy (1924-26), avant de séjourner de 1926 à 1930 à la Maison franco-japonaise de Tokyo, nouvellement créée et dirigée par son ancien maître indianiste.

Ses séjours en Orient forgent sa vocation de sinologue, et de spécialiste du bouddhisme et de ses diverses traditions sectaires. Au Japon, il devient le rédacteur en chef du Hôbôgirin, [1er)] dictionnaire encyclopédique du bouddhisme d’après les sources chinoises et japonaises. Sa parfaite maîtrise de ces deux langues lui donne accès aux précieux travaux des sinologues nippons sur cette religion.

Lavis sur carton de Huang Junbi (1898-1991) - Legs Demiéville © Société Asiatique
Lavis sur carton de Huang Junbi (1898-1991) - Legs Demiéville © Société Asiatique

De retour à Paris, il enseigne d’abord le chinois à l’École des Langues orientales (1931-1945), puis à l’École pratique des Hautes Études où il inaugure en tant que directeur d’études un cours de philologie bouddhique. Il conservera ce poste lorsqu’il sera élu professeur au Collège de France en 1946 à la chaire de Langue et littérature chinoises, en remplacement de son ami Henri Maspero ; cinq ans plus tard, il entre à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Seul rescapé d’une génération très éprouvée, Paul Demiéville va dominer durant trente ans les études chinoises en France de sa vaste érudition et de son aimable personnalité. Sa production scientifique, immense et très diverse, suit deux axes principaux : le bouddhisme sino-japonais, et la littérature chinoise en langue vulgaire (dont les racines sont également souvent bouddhiques).

Toute sa vie, il a participé régulièrement aux travaux de la Société Asiatique dont il était membre depuis 1919, puis membre du Conseil. Conformément à ses vœux, après sa mort la Société a reçu l’intégralité de sa riche bibliothèque scientifique et de ses papiers (voir Bibliothèque - Ressources documentaires).


Voir :

M. Soymié, « Paul Demiéville (1894-1979) », Journal asiatique CCLXVIII, 1980, p. 1-10.


© 2011 - Textes et conception des pages Société Asiatique : Pierre-Sylvain Filliozat et Annick Fenet – tous droits réservés.



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