Accueil du site > Séances et Manifestations > Visites d’expositions

L’école de Shanghai (1840-1920). Peintures et calligraphies du musée de Shanghai

Musée Cernuschi, 8 mars-30 juin 2013.



Lundi 27 mai 2013, un groupe composé de membres et de correspondants de l’Académie a assisté au séminaire mensuel de l’École française d’Extrême-Orient, consacré à la présentation et à la visite de l’exposition L’école de Shanghai (1840-1920) par M. Éric Lefebvre, commissaire de l’exposition et conservateur au musée Cernuschi.
M. Franciscus Verellen, membre de l’Académie et directeur de l’EFEO, a ouvert le séminaire par une introduction générale sur le contexte historique et intellectuel de ce courant pictural crucial pour l’histoire de l’art chinois et pourtant longtemps méconnu. Il a également souligné la réflexion patrimoniale qui a guidé la préparation de cette exposition concernant la réception de ces œuvres particulières dans les collections chinoises à la fois en Chine et en France.

Shanghai est, au tournant du XIXe et du XXe siècle, une ville en pleine mutation, devenue progressivement une métropole, au carrefour d’échanges économiques et culturels non seulement entre le Nord et le Sud de la Chine, mais aussi avec l’étranger. Les peintres et calligraphes, venus des villes alentours comme « cent petites rivières qui se jettent dans la mer », inaugurent un élan de modernité qui s’exprime tout d’abord par le changement du statut social des artistes qui ne dépendent plus d’un mécène, mais se regroupent en associations d’entraide et exposent leurs œuvres dans des boutiques de papier et d’éventails qui jouent alors un rôle comparable à celui des galeries d’art aujourd’hui. M. Lefebvre s’est ainsi attaché à montrer la diversité des œuvres des grands maîtres de cette école, tout en les réunissant sous trois lignes directrices : la question du réalisme et des influences extérieures, à la fois occidentales et japonaises, la montée en puissance de la couleur, et l’influence de la calligraphie et de l’épigraphie sur la peinture. Si la tradition reste présente dans le choix des thèmes ou de l’iconographie, la modernité se manifeste notamment dans les associations nouvelles, l’accroissement des formats, le dynamisme du trait et la force de la couleur de plus en plus utilisée « sans os » ou mogu, c’est-à-dire sans trait de contour. Citons seulement les créations, alliant les techniques de la calligraphie, de la sigillographie et de la peinture, de l’artiste Zhao Zhiqian (1829-1884) qui puise son inspiration dans les graphies antiques pour créer des formes résolument novatrices.

L’exposition sur le site du musée Cernuschi :
http://www.cernuschi.paris.fr/fr/ex…

L’organisation de cette visite dans le cadre du séminaire de l’EFEO rappelle les liens étroits qui unissent l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et l’École française d’Extrême-Orient, dont l’actuel directeur est M. Verellen, dans la lignée des directeurs et académiciens qui se sont succédé à la tête de cette institution depuis sa création en 1900. Le premier directeur en fut l’indianiste Louis Finot (1864-AIBL 1933-1935), infatigable organisateur des premières missions de l’EFEO où s’est également illustré le savant sinologue Paul Pelliot (1878-AIBL 1921-1945).

À paraître : Paul Pelliot : de l’histoire à la légende, Jean-Pierre Drège et Michel Zink éd., Actes du colloque des 2 et 3 octobre 2008, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.



imprimer


Site réalisé avec SPIP 2.1.10 + AHUNTSIC