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L’art du contour. Le dessin de l’Égypte ancienne

Musée du Louvre, 19 avril-22 juillet 2013



Mme Guillemette Andreu-Lanoë, directeur du département des Antiquités égyptiennes du Louvre, a accueilli, le mardi 28 mai, un groupe constitué de membres et de correspondants de l’AIBL pour une visite privée de L’art du contour. Le dessin de l’Égypte ancienne. Cette exposition est la première jamais consacrée à un thème pourtant crucial pour l’art de l’Égypte antique, en raison non seulement du rôle que joue le dessin dans l’élaboration des différentes techniques artistiques comme la peinture ou la sculpture, mais aussi des liens étroits que le dessin entretient avec l’écriture. Témoigne de ce dernier aspect la signification du verbe sesh qui recouvre à la fois l’acte d’écrire et celui de dessiner, et d’où est né le terme de sesh kedout désignant celui qui maîtrise ce savoir-faire et que les égyptologues traduisent par « scribe des contours » ou « scribe des formes ».

Le parcours de l’exposition dévoile la richesse d’un art dont les artistes, qui ne se reconnaissaient pas comme tels, mais se considéraient plutôt comme des artisans ou des techniciens, sont restés anonymes. On y découvre notamment de nombreux ostraca, ces éclats de calcaire ou tessons de poterie qui fournissent au dessin et à l’écriture à la fois un support bon marché et un terrain de création inépuisable. Ces fragments connaissent de multiples emplois : celui-ci, biface, a servi à l’exercice d’un jeune apprenti qui copie de mémoire ce que le maître a tracé de l’autre côté, celui-là, aux contours polis, sert d’archive et porte une liste de mobilier funéraire ; sa base a été taillée de manière à former un talon plat permettant de l’entreposer parmi d’autres de manière parfaitement ordonnée. La présence de M. Nicolas Grimal, égyptologue et membre de l’Académie, a permis de prolonger à maintes reprises l’observation des pièces exposées par l’analyse de détails iconographiques et leur signification pour la connaissance de la civilisation égyptienne.

L’exposition se termine par l’exploration de certains aspects moins connus de l’imaginaire et de l’univers égyptiens avec la présentation de portraits de face, de scènes satiriques et même d’un papyrus pornographique déroulé au XIXe siècle à Turin, bien loin des représentations habituelles de l’Égypte pharaonique.

L’exposition sur le site du Musée :
http://www.louvre.fr/expositions/l-…

Catalogue de l’exposition : L’art du contour. Le dessin dans l’Égypte ancienne, sous la dir. de Guillemette Andreu-Lanoë, coédition Somogy-musée du Louvre éditions, 2013.

Se dessine également tout au long de l’exposition la présence de l’un des plus célèbres académiciens d’autrefois, l’égyptologue Jean-François CHAMPOLLION (1790-AIBL 1830-1832). Si l’on ne présente plus celui auquel on doit le déchiffrement des hiéroglyphes, on le connaît moins comme le premier conservateur du musée égyptien du Louvre nommé en 1826 et dont vient d’être rééditée la Notice descriptive des monuments égyptiens du musée Charles X*. Mme Andreu-Lanoë a évoqué l’émotion de se retrouver aujourd’hui face à des objets déjà admirés et étudiés par ce grand savant dont l’héritage est particulièrement important pour le département d’égyptologie du Louvre, tel cet ostracon figurant le profil de Ramsès VI choisi comme emblème de l’exposition. Champollion est également à l’origine de la découverte d’une autre pièce provenant cette fois du musée de Turin où il séjourne en 1824 pour en étudier les collections égyptiennes : les fragments d’un papyrus représentant une catacombe royale – « une des [pièces les] plus curieuses que l’on puisse voir » écrit-il alors à son frère – identifiée depuis comme étant le tombeau de Ramsès IV.

* Jean-François Champollion, Notice descriptive des monuments égyptiens du musée Charles X, édition établie par Sylvie Guichard, Paris, Khéops-Louvre éditions, 2013.
http://www.louvre.fr/en/le-musee-eg…



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