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Séance du 22 mars 2019

– Note d’information de M. Christian ROBIN, membre de l’Académie : « Nouveaux arguments pour l’identification et la localisation des ports de Sambrachate (Pline) et Boulikas (Procope) ».

– Communication de M. Nathan Badoud, professeur à l’Université de Fribourg, sous le patronage de MM. Olivier PICARD et Denis KNOEPFLER : « Le déchiffrement des timbres amphoriques grecs ».

Résumé : De la façade atlantique du Maroc jusqu’à la mer d’Azov, du Pas-de-Calais jusqu’à l’Inde et à l’Afghanistan, quelque 300.000 timbres amphoriques grecs ont été mis au jour. Il s’agit de petites marques imprimées avant cuisson dans l’argile de vases qui, dans l’Antiquité, servaient à transporter toutes sortes de denrées et de marchandises, principalement par voie maritime. Si la chronologie de ces documents a considérablement progressé depuis la fin du XIXe siècle, la question de leur finalité reste ouverte : pourquoi certaines cités ont-elles timbré leurs amphores, les unes brièvement, les autres pendant plusieurs siècles ? La plupart des solutions avancées jusqu’à présent sont empruntées aux réalités contemporaines ou fondées sur des analogies entre les timbres amphoriques et d’autres sources archéologiques. Seul Yvon Garlan s’est fondé sur les timbres amphoriques eux-mêmes, et spécialement sur ceux de Thasos, pour en établir la signification ; c’est pourtant de l’élimination successive des hypothèses formulées par ses devanciers qu’il devait conclure, lui-même par hypothèse, à la nature fiscale de la documentation. Or la moitié environ des timbres amphoriques grecs ont été produits à Rhodes. L’analyse de cette série permet d’établir qu’elle a été conçue pour distinguer certaines catégories de fabricants en fonction de leur genre (masculin ou féminin) et de leur statut (citoyen ou non citoyen). Il est alors possible de montrer que la finalité du timbrage rhodien, et plus largement grec, était fiscale, et seulement fiscale, mais aussi d’établir qu’il s’agissait de percevoir une taxe sur la fabrication des amphores, selon des modalités qui peuvent être, elles aussi, reconstituées avec une certaine précision. Des résultats ainsi obtenus découle toute une série de conséquences pour le déchiffrement des timbres amphoriques grecs.

Abstract : Some 300,000 Greek amphora stamps have been discovered in locations ranging from the Atlantic coast of Morocco to the Sea of Azov, from the Straits of Calais to India and Afghanistan. These stamps are small marks impressed before firing on the clay of amphoras, used in Antiquity for the transport of many types of produce and merchandise, mainly by sea. Although the chronology of these stamps has been greatly refined since the end of the 19th century, the question of their purpose remains unresolved : why did certain cities stamp their amphoras, some over a short period of time, others over several centuries ? Most explanations proposed to this point are based on contemporary historical conditions or on analogies between amphora stamps and other archaeological material. Yvon Garlan was the first scholar to rely on study of the stamps themselves, particularly those of Thasos, to establish their significance ; yet his conclusion that the stamps had a tax-related function remains hypothetical and is esentially based upon the rejection of alternative suggestions. Analysis of amphora stamps produced on Rhodes, where approximately half of all known stamps originate, will prove that they distinguished between certain categories of amphora-manufacturers by gender (male or female) and status (citizen or non-citizen). It will thus be possible both to demonstrate that the purpose of the Rhodian stamps, and of Greek stamps in general, was solely tax-related and to establish their reflection of a tax levied on the production of amphoras by means of procedures that can be reconstructed fairly precisely. These results have a number of consequences for the decipherment of Greek amphora stamps.



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