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Séance du 15 mars 2019

– Communication de M. Dominique Barthélemy, correspondant français de l’Académie : « Du nouveau sur les paix et trêves de Dieu, dans l’Occitanie du XIIe siècle ».

Résumé : L’Occitanie a été reconnue par les historiens modernes comme le berceau et l’un des hauts-lieux de la paix diocésaine et de la trêve de Dieu. Toutefois, elle le doit surtout à ses dossiers d’entre 989 et 1054. Au-delà de cette date, ils ont cru n’y voir que des survivances ou relances très ponctuelles ou un dévoiement, puisqu’aux années 1170, pour défendre les paysans contre les abus des guerres féodales, la « paix et trêve de Dieu » leur demande de s’acquitter d’une taxe : le commun de paix, ou pezade. Cependant, depuis un article pionnier de Thomas N. Bisson (1978) portant à la fois sur l’Occitanie et la Catalogne, le dossier du XIIe et du XIIIe siècle est apparu plus dense et plus varié. Il s’est encore accru, très récemment, de deux statuts de paix assez proches dans le temps, dans l’espace et par la teneur : ceux du Bordelais et de la Gascogne (1149) et ceux du Toulousain (1163). Ainsi s’éclaire une étape importante de l’histoire de la « paix et trêve de Dieu » méridionale, postérieure de peu au concile de Latran II de 1139, marquée par la levée de communes (armées de paix) et par la perception d’un cens de confrérie qui prélude à la pezade, sans qu’il s’agisse de pures exactions. Ainsi les confréries de « pacifères » encapuchonnés du Velay, d’Auvergne et du Berry (1182-1184), qui ont défrayé la chronique du royaume capétien se rapprochent-elles beaucoup, quoique non à tous égards, des paix diocésaines. D’autant plus que l’on propose ici une nouvelle datation et une nouvelle attribution du célèbre appel d’un archevêque d’Auch à la guerre sainte contre les routiers en le plaçant dans le sillage, non plus du concile de Latran II, mais de celui de Latran III (1179).

Abstract : Modern scholars have identified since long Occitania as the birthplace and highplace of the Peace and Truce of God. But that was based mainly on the evidence for the years 989-1054. Later, they thought there was no more that survivals or local and short revivals, not without some bad changes : in the years 1170, peasants had to pay a new tax in order to have safety for their fields and cattle. Then appeared in 1978 a pioneer article, by Thomas N Bisson, concerning both Southern France and Catalonia (c. 1140- 1233) ; it was based on more dense and various evidence. Hence a reassessment of Southern Peace, which may be continued thanks to recent discoveries of two unknown Peace- statutes : one for Bordelais and Gascony (1149) and the other for the diocese of Toulouse (1163). It becomes possible to characterize a range of peace institutions which were established for some years, in the aftermath of the Second Lateran Council (1139), with peace armies and payment of a confraternitas to military orders. All this leads us to recognize some close relations between these Peace institutions and the fraternities of Capuchins in Velay, Auvergne and Berry (1182-4). It is here argued that it is at the same time, i.e. in the aftermath of the Third Lateran Council (1179), and not just after the Second (1139) as it is usually believed, that an archbishop of Auch both reestablished a Peace and Truce of God and called people to Holy War against mercenaries.



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