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Séance du 10 mai 2019

– Note d’information de Mme Michela Costanzi, maître de conférences à l’Université de Picardie Jules Verne, sous le patronage de M. Alain PASQUIER : « Nouvelles découvertes archéologiques à Halaesa (Sicile) ».

Résumé : Selon la version la plus suivie transmise par Diodore de Sicile, la cité d’Halaesa aurait été fondée à la fin du Ve s. av. J.-C. par Archonidès d’Herbita sur la côte nord de la Sicile. De centre religieux de premier plan dans la région au IVe siècle, elle devient, au IIIe siècle av. J.-C., dans la Sicile romaine, une cité de grande importance : elle a apporté son aide à Rome dans les guerres puniques, et c’est depuis son port que le blé sicilien était expédié pour la capitale. C’est à cette époque qu’Halaesa se dota d’un ensemble de constructions monumentales impressionnantes qui conduisirent à Cicéron à la qualifier de « pulcherrima » parmi toutes les cités de la Sicile.
Cette ville, dont les sources littéraires de l’époque impériale signalent l’existence, devint le siège d’un évêché à partir du IVe siècle ap. J.-C. : des noms d’évêques y sont mentionnés jusqu’au VIIIe siècle, même si on ne sait rien de la forme prise par la cité à cette époque. Puis au IXe siècle, après des raids, la conquête arabe de la côte semble vider le site de ses derniers habitants.
Sur ce site, peu fouillé jusqu’à aujourd’hui, une mission archéologique française travaille depuis 2016 dans trois secteurs spécifiques, afin de comprendre l’importance et l’évolution de trois quartiers-clé de la cité : la zone voisine de l’agora/forum, la zone de l’acropole méridionale, enfin celle qui s’étend sous un mur imposant à contreforts connu depuis les années 1950. Les découvertes effectuées ont révélé non seulement une organisation intense de l’urbanisme, mais aussi la volonté d’un agencement particulièrement scénographique du versant nord-est de la colline, dont la vue s’offrait aux yeux de quiconque parcourait la côte ou arrivait par la mer.
Cette note d’information se propose non seulement de présenter les résultats des travaux menés par l’équipe française, mais aussi d’ouvrir les perspectives prometteuses de la recherche dans ce site qui, bien que sicule à l’origine, se dota de tous les monuments d’une cité grecque et romaine et traversa les siècles en s’adaptant à l’arrivée de nouveaux habitants.

– Communication de M. Jean-Marie Moeglin, correspondant de l’Académie : « Le viol de la comtesse de Salisbury. A propos d’un récit du chroniqueur Jean Le Bel ».

Résumé : L’Histoire du noble roi Édouard de Jean Le Bel, chanoine de Liège, rapporte comment Édouard III, roi d’Angleterre, a brutalement violé la comtesse de Salisbury, l’épouse d’un de ses plus proches barons. Ce récit est surprenant dans la mesure où Jean Le Bel entend rapporter les hauts faits du roi Édouard dans la guerre qu’il mène contre le roi de France Philippe VI qui lui aurait volé la couronne de France. La communication montre comment l’explication jusqu’à présent donnée à la présence de ce récit dans la chronique de Jean Le Bel, l’influence de la « propagande » française, ne peut être admise. Elle propose de la comprendre à la lumière d’une reconstitution de la stratégie narrative poursuivie par l’auteur. Elle montre ensuite comment l’amour d’Édouard III pour la comtesse de Salisbury est devenu un motif célèbre dans la littérature et de l’historiographie en étant considéré comme la raison décisive de la fondation de l’ordre de la Jarretière.

Mots-clés  : Jean Le Bel, Froissart, Édouard III, Arthurus redivivus, Jarretière

Abstract : The Histoire du noble roi Édouard of Jean Le Bel, Canon of Liège, tells how Edward III, King of England, brutally raped the Countess of Salisbury, the wife of one of his closest barons. This story is surprising because Jean intends to report and praise the glorious deeds of King Edward in the war he led against the King of France Philipp VI who had allegedly robbed his Crown of France. The communication shows that the classic explanation given to the presence of this story in the Chronicle of Jean Le Bel, the influence of the French ’propaganda’, cannot be accepted. She intends to understand this in the light of the narrative strategy pursued by the author. Then she shows how Édouard III’s love for the Countess of Salisbury became a famous motif in literature and historiography as the cause of the Foundation of the order of the Garter.

Keywords  : Jean Le Bel, Froissart, Edward III, Arthurus redivivus, Garter.



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