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Séance du 18 mai 2018

Séance dans le cadre du colloque « Meiji. Une refondation culturelle » organisé par l’Académie avec le concours du Centre de Recherche sur les Civilisations de l’Asie Orientale (CRCAO) et de la chaire « Philologie de la civilisation japonaise » du Collège de France.

– Communication de M. Pierre François Souyri, professeur honoraire à l’Université de Genève, sous le patronage de M. Jean-Noël ROBERT : « L’approche occidentaliste de l’histoire (bunmeishiron) dans le Japon à l’époque Meiji : l’échec d’un courant de pensée ».

Résumé : Au cours des années 1870, des hommes de culture connus comme des « vulgarisateurs des Lumières occidentales » proposent de rompre avec la vision traditionnelle de l’histoire au Japon, notamment les courants dits néo-confucianistes, l’école des Preuves, et le courant dit des « études nationales ». Ces vulgarisateurs sont pour l’essentiel des journalistes qui, soucieux de rompre avec les approches traditionnelles s’appuient sur des lectures d’historiens européens récemment traduits (Burke, Guizot…). Leur nouvelle vision de l’histoire, connue au Japon sous le terme de bunmeishi-ron (histoire de la civilisation), va pourtant n’avoir qu’une influence marginale sur les institutions et les chercheurs qui fabriquent l’histoire de leur pays à la fin du XIXe siècle. La modernisation de l’histoire et de ses concepts ne passera pas au Japon par ce courant, rejeté du côté de l’histoire non académique. Les historiens de ce courant seront tenus pour des amateurs qui écrivent pour le grand public (et l’influencent) mais pas pour des représentants de l’Université qui, eux, fonderont l’histoire moderne et sont issus de courants plus traditionnels. Une fois de plus, ici, la modernité ne passe pas par l’Occident.

– M. Christophe Marquet, directeur de l’École française d’Extrême-Orient (EFEO), sous le patronage de M. Jean-Noël ROBERT : « Les peintres de Meiji aux prises avec la « modernité » ».

Résumé : L’époque de Meiji fut marquée par un profond bouleversement du monde artistique japonais, issu notamment de la confrontation avec les multiples aspects de la « modernité » occidentale. Exaltation de la modernité technique chez un Takahashi Yuichi, témoin de la création d’un nouvel urbanisme et partisan de l’engagement de l’État dans les arts. Introduction de nouveaux genres picturaux, comme le nu ou la peinture d’histoire. Les premiers peintres qui séjournèrent en France à la fin des années 1870, tel Yamamoto Hôsui, furent confrontés à la question de l’assimilation de l’académisme et de la formation d’une identité artistique originale dans le contexte du japonisme. D’autres, comme Kawanabe Kyôsai, tournèrent en dérision les symboles de la nouvelle « civilisation » et sa morale, payant parfois chèrement leur liberté de ton. Selon des modalités diverses, ces artistes furent aux prises avec différents aspects de la « modernité » et tentèrent d’apporter des réponses originales à la question de la création picturale dans la nouvelle société de Meiji.

– Mme Claire-Akiko Brisset, correspondant de l’Académie : « Photographie (shashin) et vérité : le tournant de Meiji. »

Résumé :

L’époque de Meiji est généralement associée à l’arrivée massive d’un outillage technique inédit au Japon. Comme dans tous les cas de transfert de ce type – et notamment de ce qu’on a récemment désigné sous le nom d’« appareil projectifs » ou « dispositifs techniques de la modernité qui constituent les conditions des arts » –, ces outils progressivement adoptés au cours de la seconde moitié du XIXe siècle entraînent de profondes modifications à tous égards, et notamment sur les plans culturel et symbolique autant que conceptuel. Nous nous interrogerons lors de cette communication sur le choix du terme sino-japonais shashin pour désigner la « photographie », et du rapport à la réalité / vérité induit par un tel recours.



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