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Séance du 1er juin 2018

Vue aérienne du sanctuaire d'Artémis Amarysia

Séance thématique

Célébration de la découverte du sanctuaire d’Artémis Amarysia à Amarynthos (Eubée) par l’École suisse d’Archéologie en Grèce (ESAG) sous les auspices de l’ambassade de Suisse en France

L’existence du sanctuaire d’Artémis Amarysia, le plus important lieu de culte de toute l’Eubée, était connue depuis l’Antiquité par les sources littéraires et les inscriptions sur pierre, mais son emplacement exact demeurait inconnu. Suivant les recherches conduites depuis plusieurs décennies par M. Denis KNOEPFLER, associé étranger de l’Académie, les archéologues de l’ESAG ont dégagé depuis dix ans d’importants vestiges près du village d’Amarynthos, dans le territoire de l’ancienne cité d’Érétrie (voir vue aérienne ci-dessus). Les fouilleurs y ont mis au jour plusieurs bâtiments, dont un imposant portique du IVe siècle av. J.-C. La découverte en août-septembre 2017 de tuiles estampillées et d’inscriptions votives au nom d’Artémis atteste sans aucun doute possible que les vestiges découverts appartiennent bien au sanctuaire si longtemps recherché. Pour célébrer la trouvaille, les autorités grecques ont émis en automne 2017 une série de timbres poste à l’effigie d’Artémis. En lui consacrant sa séance du 1er juin, l’Académie a voulu, pour sa part, s’associer à la diffusion d’une découverte exceptionnelle venue corroborer une hypothèse exposée en ses murs mêmes, lors de sa séance du 3 juin 1988, par M. Denis KNOEPFLER (« Sur les traces de l’Artémision d’Amarynthos près d’Érétrie », in Comptes rendus des séances de l’Académie > http://www.persee.fr/doc/crai_0065-…).

Ont bien voulu honorer cette séance de leur présence : S. Exc. M. Bernardino Regazzoni, ambassadeur de Suisse en France, et son épouse, Mme Maria Vlazaki, secrétaire général du ministère grec de la Culture, M. Ioannis-Miltiadis Nicolaidis, premier conseiller de l’ambassade de Grèce en France, représentant de l’ambassadeur, M. Michel Spinellis, délégué permanent de la Grèce à l’UNESCO, et Mme Catherine Scharf, conseiller culturel de l’ambassade de Suisse.

De haut en bas et g. à dr. : M. D. KNOEPFLER, le Président J.-L. FERRARY, MM. K. Reber, T. Krapf, M. Spinellis, J.-N. ROBERT, I. M. Nicolaidis, Mme C. Scharf, M. P. DUCREY, Mme M. Vlazaki, le Secrétaire perpétuel M. ZINK, Mme B. Regazzoni, S. Exc. M. B. Regazzoni, Mmes M. Zink et P. Ducrey. Cliché H. Danesi.

Programme :

– Introduction, par M. Pierre DUCREY, associé étranger de l’Académie.

– Communication de MM. Karl Reber, professeur à l’Université de Lausanne, directeur de l’ESAG, et Tobias Krapf, secrétaire scientifique de l’ESAG, sous le patronage de MM. Pierre DUCREY et Denis KNOEPFLER, associés étrangers de l’AIBL : « A la recherche du sanctuaire d’Artémis Amarysia : dix ans de fouilles à Amarynthos (2007-2017) ».

– Communication de M. Denis KNOEPFLER, associé étranger de l’AIBL : « Amarynthos trente ans après : l’épigraphie a tranché, mais Strabon n’aura pas à plaider coupable ».

Résumé : Une communication présentée par l’auteur devant l’Académie le 3 juin 1988 avait pu mettre en évidence l’importance, pour la cité grecque d’Érétrie et plus généralement pour l’île d’Eubée, du sanctuaire d’Artémis Amarysia à Amarynthos, en montrant aussi pourquoi cet Artémision devait être cherché à un emplacement sensiblement plus éloigné de la ville que ne le suggérait un passage souvent commenté de la Géographie de Strabon : une correction de ce texte avait été dès alors proposée, qui mettait le témoignage du géographe et historien ancien en plein accord avec les données de l’épigraphie et de l’archéologie. La progressive mise au jour, par l’École suisse de Grèce, d’un sanctuaire antique au lieu-dit Paléoekklisiès, à 11 km à l’est d’Érétrie, puis son identification définitive en 2017 avec l’Artémision d’Amarynthos ont confirmé le bien-fondé de l’hypothèse. Dans l’exposé à venir, l’auteur – élu entre-temps correspondant, puis associé étranger de l’Académie – tire les leçons de cette longue enquête dans les textes et sur le terrain. Chemin faisant, il montre l’apport décisif des inscriptions pour cerner la personnalité religieuse et le rôle politique de la déesse adorée à Amarynthos pendant plus d’un millénaire. L’intérêt des documents découverts en 2017 dans les fouilles suisses n’est pas seulement d’ordre topographique : ils éclairent aussi l’histoire de la cité, en particulier lors de ce tournant que fut la libération d’Érétrie de la domination athénienne en 411 avant J.-C., suivie presque immédiatement par la conclusion de plusieurs traités, dont l’un – nouveau – a pour effet d’intégrer dans l’ Érétriade la petite ville voisine de Styra, selon des modalités qui font de ce texte le plus ancien exemple épigraphique connu à ce jour d’une sympoliteia, ou union politique complète entre deux cités grecques.

Mots clés : Mots-clefs : Amarynthos et Érétrie en Eubée (Grèce), culte d’Artémis, Géographie de Strabon, épigraphie grecque, traité de sympoliteia.



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