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Séance du 16 décembre 2016



Note d’information de Mme Maria Grazia Masetti-Rouault, sous le patronage de M. Christian ROBIN : « Recherches à Qasr Shemamok-Kilizu : premiers résultats »

Résumé : Le site de Qasr Shemamok, aujourd’hui dans la région du Kurdistan irakien, a été identifié comme la ville de Kakzu/Kilizu dès le début des recherches archéologiques en Mésopotamie. Situées au cœur du « Pays d’Assur », ses ruines, couvrant environ 70 hectares, offraient la possibilité d’étudier une capitale régionale de l’empire néo-assyrien.
Malgré l’importance reconnue au site, les fouilles des archéologues du 19e siècle ont été rapidement arrêtées par les caractéristiques de l’acropole, qui rendaient l’accès aux antiquités assyriennes difficile. En 2010, grâce au soutien des autorités kurdes, une mission française, dirigée par O. Rouault, a pu reprendre l’étude du site, de sa culture et de son environnement. La mission y développe actuellement un programme de fouilles, de prospections et d’études historiques et épigraphiques, avec l’aide d’une équipe internationale.
L’objectif principal de ces recherches est l’exploration, avec des méthodes modernes et une problématique renouvelée, d’une cité participant au système impérial assyrien. Pendant les premières campagnes, ont été mis au jour une partie de l’enceinte de la citadelle bâtie par le roi Sennachérib (7e s. av.n.è.), avec un escalier monumental, ainsi que des vestiges du palais fondé par Adad-nirari Ier (13e siècle av. n.è), illustrant l’antiquité de la présence assyrienne de la région. Toutefois, ces recherches sont aussi orientées dans la perspective de reconstituer l’histoire de la cité et de la région avant et après cet empire. Nous espérons mieux comprendre les modalités et les conditions dans lesquelles un site urbain nord-mésopotamien, de culture mitannienne, dont les niveaux d’occupation viennent d’être identifiés, a été intégré dans le système assyrien. Les niveaux post-assyriens de Qasr Shemamok fournissent aussi une documentation nouvelle pour évaluer comment la société locale a restructuré son organisation et sa culture, s’adaptant à la domination d’autres pouvoirs, du néo-babylonien au perse achéménide et hellénistique, remplacés par l’occupation parthe, puis sassanide.

Mots clés : archéologie Proche-Orient empire Assyrie cunéiforme





Communication de Mme Lina Bolzoni, correspondant étranger de l’Académie : « Plaisirs et périls de la lecture à la Renaissance ».

Résumé : Nous sommes en train de vivre l’expérience d’une révolution technologique d’une immense portée qui, selon certains, remet en question le monde traditionnel du livre et de la lecture et qui risque de mettre fin à l’expérience personnelle, intime qui est à la base du plaisir de la lecture. C’est de là que naît l’idée de récupérer les grands mythes que la Renaissance a construits autour de la lecture et qui trouvent leur expression la plus célèbre dans la lettre de Machiavel à Vettori : « vêtu de manière convenable, j’entre dans les cours antiques des hommes de l’Antiquité, […] où je n’ai pas honte de parler avec eux, et de leur demander la raison de leurs actions ; et eux, en vertu de leur humanité me répondent ». Entre le Moyen Âge et la Renaissance – en commençant par Pétrarque mais en tenant compte aussi de l’héritage classique – nous parcourons de nouveau les différentes expressions de la lecture entendue comme rencontre personnelle, comme dialogue avec les auteurs. Ainsi la lecture devient aussi instrument de connaissance et de construction du moi, qui se reflète dans l’auteur où, comme le dit Érasme, il reconnaît une affinité secrète. C’est ainsi que lecture et écriture, imitation et création arrivent à interagir. Le livre devient un corps, une personne ; les portraits des auteurs permettent de réaliser une sorte d’évocation nécromantique qui est capable de défier la mort, d’établir des liens d’amitié au-delà des barrières du temps. Jusqu’au moment où Le Tasse dénoncera les risques de l’imagination.

Mots clés : Renaissance, lecture, plaisir, construction du moi, risque



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